la campagne au quotidien, lundi 03 février

Il ne sera pas maire d'Houilles

Parmi les 36 000 communes de France, certains noms peuvent prêter à rire. Difficile de s'appeler Montcuq, Mollard, ou encore Houilles sans être victime de plaisanteries. Pour Bruno Comby, candidat à la mairie d'Houilles (Yvelines), la solution est simple.

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C'est une commune sans histoires de la banlieue ouest de Paris. Houilles et ses 32 000 habitants ne s'attendaient pas à se retrouver scrutés à l'occasion des élections municipales. D'ordinaire, c'est plutôt le cas des grosses agglomérations. Or, un candidat à la mairie est parvenu à captiver la France avec une simple proposition.

Bruno Comby est conseiller municipal d'opposition à Houilles depuis 2008. Cet ingénieur polytechnicien, qui s'était fait connaître en publiant un livre consacré à l'art de la sieste préfacé par Jacques Chirac, se présente en candidat indépendant (divers droite). Et s'il a un "programme tout à fait complet sur les différents axes", un point ressort. En effet, même candidat à la mairie, Bruno Comby ne veut pas devenir maire d'Houilles !

"Gare d'Houilles, magouille, fripouille..."

Considérant que le nom de sa ville prête trop aux moqueries, l'homme de 53 ans propose purement et simplement de le changer. S'il est élu, Houilles disparaitrait pour devenir Oville. Et le candidat de justifier ce choix par une leçon d'histoire : en 1943, les habitants de la commune ont déjà troqué leur nom "d'Houillons" pour le plus neutre "Ovillois". De plus, poursuit-il, "Houilles vient du latin 'ovis', qui signifie mouton" et rappelle le passé agricole de la commune.

Pour le candidat, cette mesure est assez courante en France, et elle aurait un effet "positif". Notamment en terme d'économie, car assure-t-il, le nom d'Houilles est un frein à son développement. En devenant "Oville", la cité des Yvelines mettrait fin aux facéties et serait plus attractive pour les entreprises.

Un coût de 3 000 euros

Ce combat d'ordre lexical n'est pas nouveau pour Bruno Comby. En 2012, il proposait déjà le même projet, alors refusé en raison du coût de la substitution. Non seulement il faudrait changer les panneaux d'entrée et de sortie de la ville, les papiers officiels de la commune, mais aussi demander à la SNCF de mettre à jour sa signalisation. Et au passage de supprimer la contrepèterie contenue dans le nom de la gare : "Houilles-Carrières-sur-Seine".

L'ingénieur candidat estime à environ 3 000 euros le coût de sa mesure-phare, le prix des panneaux. Il a tout prévu. Reste un point essentiel : convaincre les Ovillois de l'élire en mars prochain, pour faire du "maire d'Houilles" un souvenir plaisant.

Clément Martel / Sipa Media

 

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