Xi Jinping défend l'autorité du Parti et promet "une nouvelle ère" pour la Chine

Chargement en cours
 La structure du parti communiste chinois

La structure du parti communiste chinois

1/4
© AFP
A lire aussi

AFP, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 12h16

Xi Jinping a appelé mercredi les communistes chinois à combattre toute menace à l'autorité du parti au pouvoir, à l'ouverture d'un congrès qui doit offrir à l'homme fort de Pékin un nouveau sacre. 

Promettant "une nouvelle ère" du socialisme à la chinoise, dont il a brossé le tableau jusqu'en 2050, le président chinois n'a laissé aucun espoir de libéralisation du régime.

"Chacun d'entre nous doit en faire davantage pour défendre l' autorité
du parti
et le système socialiste chinois et s'opposer résolument à toute parole et action de nature à les saper", a martelé Xi Jinping, devant les quelque 2.300 délégués réunis pour le XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC).

Presque tous en costume sombre et cravate rouge, les délégués du "plus grand parti du monde" (89 millions de membres) ont écouté pendant plus de trois heures et 20 minutes le discours de M. Xi dans le cadre ultra-sécurisé du Palais du peuple à Pékin. Ils ont applaudi comme un seul homme lorsqu'il a fait son entrée, souriant, aux côtés de ses deux prédécesseurs, les anciens présidents Jiang Zemin et Hu Jintao.

En direction du reste du monde, M. Xi, qui recevra le mois prochain le président américain Donald Trump, a assuré que son pays allait "s'ouvrir encore davantage" et promis un traitement "équitable" aux entreprises étrangères. Il s'est dit décidé à poursuivre la modernisation militaire afin de "faire de l'armée populaire une armée de premier ordre" à l'horizon 2050. 

- En voie de poutinisation? -

Il a aussi lancé une mise en garde au frère ennemi taïwanais, tenté par une séparation définitive avec la Chine, l'avertissant que Pékin "a les moyens de vaincre les tentatives séparatistes en faveur de l'indépendance taïwanaise".

D'ici mardi, le congrès nommera à huis clos un nouveau comité central qui devrait donner sans coup férir un nouveau mandat de cinq ans à M. Xi en tant que secrétaire général, voire lui permettre d'envisager un règne encore plus long. La limite d'âge de 68 ans imposée aux membres du bureau politique, l'instance de 25 membres qui dirige la Chine, pourrait en effet disparaître à point nommé pour Xi Jinping, qui aura 69 ans lors du prochain congrès en 2022.

Xi Jinping "cherche à se poutiniser" en restant au pouvoir indéfiniment, observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l'Université baptiste de Hong Kong en référence au président russe Vladimir Poutine, avec qui le numéro un chinois semble partager une certaine nostalgie de l'ère soviétique et une défiance envers l'Occident, servie par l'essor économique phénoménal de son pays.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping, considéré comme le plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime Mao Tsé-toung et le réformateur Deng Xiaoping, a placé des fidèles aux postes-clés, aidé par une campagne anti-corruption qui a sanctionné plus de 1,3 million de cadres.

- 'Tolérance zéro' -

Le Parti continuera à pratiquer "la tolérance zéro" envers les responsables corrompus, a-t-il assuré.

S'il n'a pas mis en cause le passage à "l'économie de marché socialiste", son pouvoir s'est accompagné d'un retour de l'idéologie marxiste et d'une répression tous azimuts contre les avocats, les dissidents, les croyants et sur l'internet.

"Cela ne plaît pas à tout le monde en Chine. Il y a des gens qui sont contre l'idée qu'il reste plus de 10 ans", relève M. Cabestan, qui estime que "le retour à la maoïsation suscite la perplexité dans le pays".

En luttant contre la corruption, frappant jusqu'au sommet de l'armée et au sein du bureau politique, Xi Jinping "s'en est pris à des intérêts acquis", observe le sinologue. "Tout ça lui attire beaucoup d'inimitiés. Il a pris des risques qu'il a réussi à braver jusqu'à présent".

Signe de l'influence de Xi Jinping, son nom pourrait faire son entrée dans la charte du parti, un honneur réservé jusqu'à présent à Mao et à Deng.

M. Xi a évoqué lui-même dans son discours, à côté des "théories" de ses prédécesseurs, une "Pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère", qui pourrait lui valoir une telle distinction.

 
10 commentaires - Xi Jinping défend l'autorité du Parti et promet "une nouvelle ère" pour la Chine
  • la machine de la liberté est en marche en chine, le PCC sera fini dans 10 ans

  • Un article de plus,pour que les anticommunistes puissent s'exprimer !!!

  • le PCC a,en 50 ans, sorti 500 millions de personnes de la misère noire, au contraire de son voisin l'Inde, qui est une "démocratie". Si le PCC avait échoué dans sa conquête du pouvoir en 1949, la population chinoise serait maintenant aussi pauvre et démunie que l'indienne, la thailandaise ou la philipine (entre autres). Aussi la très grande majorité du peuple chinois soutient le régime et le PCC. Alors, les remarques clichés (dictature etc..) des beaufs occidentaux!!

    L'Inde est une démocratie c'est vrai et personne ne reviendras dessus, monsieur. Vous dites que la pauvreté est plus grande en Inde et bien non ! C'est tout le contraire. L'Inde est en plein boum économique contrairement à la Chine en baisse de régime depuis quelque temps. La pauvreté existe aussi dans ce pays et elle est encore plus criante : sortez de Pékin, Shanghai ou de toute zone économique protégée par le gouvernement chinois et vous la retrouverait. Elle n'a donc pas disparu alors qu'en Inde elle est en régression.

    Les chinois des campagnes fuient et se retrouvent dans les grandes métropoles chinoises dans des cages à poule de 10 m² à peine qu'il faut partager avec d'autres et pour un loyer impossible (sans parler de ceux qui sont expulsés de leur logement sans autre forme de procès dans le cadre de projets gigantesques et quelque fois inutiles). Alors ne me dites pas que tout va mieux à Pékin qu'à Delhi, c'est un mensonge et de ma propagande pro-chinoise . La Chine est bien plus inégalitaire que l'Inde malgré les efforts de Xi Jinping et de son gouvernement pour améliorer la situation.

    Je préfère nettement ce qui se passe en Inde et dans tous les pays démocrates que ce qui se passe en Chine ou en Russie.

    J'ai parcouru les deux pays, la situations favorable à la Chine saute aux yeux, si on est un minimum objectif. Sortis des quartiers chics de la toute petite minorité qui profite de la croissance,économique, le reste de Delhi,par exemple, est un amas immonde de bidonvilles, où ces pauvres gens font leurs besoins et meurent dans la rue dans l'indifférence générale. Rien de tel en Chine même en dehors des villes. Le peuple indien n'a jamais fait sa révolution, notamment du fait d'un "embrigadement" religieux. L'opium du peuple de Marx n'a jamais été autant démontré.

  • On croyait bien que l'URSS devait durer toujours!! et vaincre le Monde libre dit "capitaliste" ...on voit ce qui est arrivé...les régimes qui paraissent sûrs d'eux ne sont pas ceux qui durent ...voyez le régime Nazi et ses 1000 ans...réduits à 12!

  • Comme il faut toujours prendre ce genre de discours à contre-pied cela indique qu'en Chine les choses devraient aller désormais de mal en pis,fin de la Croissance et déclin (= Nouvelle ère) et que le "Parti" est de plus en plus rejeté par les Chinois !!(= défendre l'autorité du P.C)!!

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]