Violences post-électorales au Gabon en 2016: enquête en France sur d'éventuels crimes contre l'humanité

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Des partisans du leader de l'opposition gabonaise Jean Ping, habillés en blanc et la paume de la main peinte en blanc en signe de paix, manifestent à Libreville le 10 septembre 2016

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© AFP, FLORIAN PLAUCHEUR
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AFP, publié le samedi 01 juillet 2017 à 13h19

Une juge d'instruction française a décidé d'enquêter sur d'éventuels crimes contre l'humanité perpétrés lors des violences post-électorales au Gabon en 2016 après la victoire d'Ali Bongo à la présidentielle, a-t-on appris samedi de source proche du dossier.

Pillages, manifestations sévèrement réprimées, interpellations par centaines: le Gabon avait été pendant plusieurs jours le théâtre de violences après l'annonce le 31 août 2016 de la victoire du chef de l'Etat sortant Ali Bongo Ondimba, toujours contestée par l'opposant Jean Ping.

En septembre 2016, une plainte avait été déposée en France pour "arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d'assassinat et crime contre l'humanité".

Le plaignant, un Franco-Gabonais d'une trentaine d'années qui souhaite garder l'anonymat, avait été arrêté la nuit du 31 août au 1er septembre au quartier général de Jean Ping. Il avait décrit une nuit d'"horreur et de carnage" au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été blessées ou tuées par des hommes cagoulés dans l'attaque "méthodique" du QG.

Le dépôt de cette plainte avec constitution de partie civile avait automatiquement conduit à l'ouverture, le 20 avril 2017, par le parquet de Paris d'une enquête confiée à une juge d'instruction. 

Le ministère public avait retenu les qualificatifs d'arrestation et détention arbitraire, de torture et actes de barbarie, de tentative d'assassinat, mais pas celui de crime contre l'humanité. 

Le 26 juin, la juge d'instruction a retenu ce dernier chef: "Aucune investigation n'a été réalisée, il ne peut être d'emblée considéré que les faits qualifiés de crime contre l'humanité n'ont pas été commis", estime-t-elle.

"C'est la première instruction ouverte en France pour crime contre l'humanité qui vise Ali Bongo et ses sbires", a relevé l'avocat du plaignant, Me William Bourdon, mettant en avant le caractère "généralisé, systématique, organisé du massacre". 

L'ouverture de cette enquête intervient alors qu'une mission de la Cour pénale internationale (CPI) a procédé la semaine dernière à Libreville à l'examen préliminaire des plaintes déposées par le gouvernement, le camp de Jean Ping, et 15 ONG. Les conclusions de cette mission vont être transmises au parquet de la CPI qui décidera ou non de l'ouverture d'une enquête pour "crime contre l'humanité" ou "crime de guerre".

Une seconde plainte, déposée par un ressortissant franco-gabonais arrêté à Libreville le 28 août 2016 et libéré après deux mois de détention, a donné lieu à l'ouverture en France d'une autre information judiciaire.

 
4 commentaires - Violences post-électorales au Gabon en 2016: enquête en France sur d'éventuels crimes contre l'humanité
  • Le Gabon est une ancienne colonie française depuis les années 1830, indépendant seulement depuis 1960. Il est totalement normal d’enquêter sur les conséquences de nos actes, à la demande d'un FRANCO-Gabonais. C'est le contraire qui serait irresponsable et indécent. C'est nous qui avons porté des dictateurs au pouvoir pour garder des mainmises sur les pays accédant à l' "indépendance", les massacres et coups d’État sanguinaires successifs ne sont qu'une désastreuse conséquence de notre politique coloniale.
    Bon courage à la juge!

    Je pense exactement comme vous, à un détail près : à condition que la France cesse de mettre des hommes de paille au Gouvernement en Afrique et qu'elle cesse immédiatement la gestion neo-coloniale. Comme cela est impossible puisque l'Europe sans l'Afrique mourrait, autant arrêter de faire semblant ét économiser l'argent d'un procès bidon.

  • et encore une fois la france va s'occuper du cul des autres

  • Si on se met à juger des faits présumés commis dans des pays étrangers, il faut tripler le budget de la justice et tripler le nombre de magistrats !

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