Venezuela: sanctions économiques des Etats-Unis

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 Manifestation, le 18 mai 2017 à Caracas contre le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro

Manifestation, le 18 mai 2017 à Caracas contre le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro

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© AFP, Juan BARRETO
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AFP, publié le vendredi 19 mai 2017 à 07h43

Les Etats-Unis ont porté un rude coup au camp du président Nicolas Maduro en plaçant sur leur liste noire financière huit membres de la Cour suprême vénézuélienne, accusés d'avoir aggravé la crise politique du pays en affaiblissant l'autorité du Parlement.

Ces juges ont "exacerbé la situation en interférant constamment avec la branche du pouvoir législatif", a déclaré jeudi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cité dans un communiqué.

Aux termes des sanctions, les huit juges, dont le président de la Cour suprême du Venezuela, voient leurs éventuels actifs aux Etats-Unis gelés et ils ne peuvent entrer en relation d'affaires avec des Américains.

Le président américain Donald Trump a par ailleurs qualifié jeudi de "honte pour l'humanité" la crise politique au Venezuela, affirmant que le pays n'avait pas connu pareille situation depuis plusieurs "décennies".

"Les gens ne mangent pas à leur faim. Les gens n'ont pas de nourriture. Il y a une grande violence. Et nous ferons tout ce qui est nécessaire et travaillerons ensemble pour faire tout ce qui est nécessaire pour aider à régler cela (...). Ce qui se passe est vraiment une honte pour l'humanité", a déploré M. Trump.

La France de son côté a appelé à "l'arrêt des violences" et à une "médiation régionale ou internationale crédible".

Pour sa part, Nicolas Maduro a reçu jeudi le soutien du président russe Vladimir Poutine.

Au cours d'un entretien téléphonique, M. Poutine "a souligné le droit du peuple vénézuélien à choisir son destin sans intervention extérieure, face aux forces radicales qui peuvent compter avec le soutien de l'extérieur", selon un communiqué de la diplomatie vénézuélienne.   

Par ailleurs, le chef de l'opposition vénézuélienne Henrique Capriles a accusé jeudi les autorités de l'empêcher de quitter le pays, où se poursuit la vague de manifestations émaillées de violences contre le gouvernement.

Cet ancien candidat à la présidentielle, qu'il avait perdue de peu contre le chef de l'Etat actuel, devait se rendre à New York (nord-est des Etats-Unis) pour y rencontrer vendredi le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

"On m'a informé que mon passeport a été annulé", a-t-il annoncé via les réseaux sociaux. "Mon passeport est valable jusqu'en 2020. Ce qu'ils veulent, c'est que je n'aille pas aux Nations unies", affirme-t-il, assurant être "retenu" par les autorités.

- 44e mort -

"J'espère que la confiscation du passeport d'Henrique Capriles n'est pas une mesure de représailles parce qu'il allait me rencontrer demain à l'ONU", a réagi sur Twitter le Haut commissaire. 

Après cet épisode à l'aéroport, M. Capriles est retourné à Caracas pour participer à une manifestation vers le ministère de l'Intérieur, au centre de la capitale. Elle a été bloquée par les forces de l'ordre à coup de gaz lacrymogènes, auxquelles des manifestants ont répondu par des jets de pierre et de cocktails molotov.

La coalition de l'opposition, qui ne relâche pas la pression sur M. Maduro, a annoncé la tenue d'assemblées citoyennes vendredi et une nouvelle journée de mobilisation nationale samedi.

Le Venezuela est secoué depuis le 1er avril par une vague de manifestations et de violences dont le bilan s'établit désormais à 44 morts, dépassant celui de la précédente grande série de protestations anti-Maduro entre février et mai 2014, selon le parquet.

La dernière victime est un commerçant de 48 ans, décédé mercredi dans l'Etat de Tachira (ouest), a annoncé jeudi le ministère public.

L'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, est déterminée à obtenir le départ du président via des élections générales anticipées.

La colère populaire est alimentée par la profonde crise économique et sociale frappant ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut et frappé par des pénuries d'aliments et de médicaments. L'inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

Depuis le début du mouvement de protestation, les dirigeants de l'opposition dénoncent une "répression brutale" des autorités, tandis que le gouvernement accuse ses adversaires de promouvoir des "actes terroristes" en vue d'un "coup d'Etat".

"Assassin Capriles!" a lancé M. Maduro dans la nuit de mercredi, l'accusant de diriger, avec le président de l'Assemblée nationale Julio Borges, "des bandes de terroristes".

Dans ce climat d'extrême tension, le président a ordonné mercredi le déploiement de 2.600 militaires dans l'Etat de Tachira, près de la frontière colombienne, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l'armée.

La veille, il avait une nouvelle fois prolongé l'état d'urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016, qui lui permet de restreindre les "garanties" constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d'"ordre social, économique, politique et juridique".

 
12 commentaires - Venezuela: sanctions économiques des Etats-Unis
  • Il est surprenant de constater qu'il n'y ai que les USA qui dénoncent l'état de misère et de déchéance dans lequel se trouve le Venezuela après 18 ans de dictature communiste chavez-maduro....

    il est possible qu'il en ont une part de responsabilité

  • Le Venezuela depuis Chavez est sur la liste des états à abattre et on peut compter sur les USA pour le déstabiliser , ils ont en effet une grande habitude de ces procédés

  • Quelles que soit l’idéologie politique si elle est entre les mains d'un seul homme ou d'un parti peuvent devenir ou se transformer en désastre ou en dictature. La démocratie c'est fragile.
    L’autre volet l’opposition locale avec des intérêts politiques et financier idéologiquement différents appuyez par une l’ingérence étrangère, cherchez qui va profiter de la situation pour le dépeçage ce pays : Quel que soit les politiciens en place, une attaque ou une déstabilisation économique et politique par quelques des états étranger et financiers appuyez par l’opposition interne peuvent mettre à terre un pays, une nation. Attaqué un pays qui ne partage pas votre visions du monde est monnaie courante. C’est la guerre, froide, depuis la nuit des temps utilisation des divisions interne, manipulations politique, sociale, économique, propagandes, assassinats, corruptions sont les armes de ses guerres à travers le monde. Bon courage a ses citoyens, qui vous en baver sur au moins deux générations.

  • Quand je pense que Mélenchon citait Maduro en exemple, ça fait froid dans le dos.

    Normal, les USA sont les bons et Melenchon le méchant! Si vous préferez, les USA sont le bien et Mélenchon et FI le mal! LoL!

    Trump me fait bien plus froid dans le dos, il fera sauter la planète, cet ami de MLP.

  • Ces pauvres manifestants ne se rendent pas compte qu'ils sont manipulés par des politiques complices des USA qui ne demande qu'une chose qu'il y est le plus de mort possible pour tout mettre sur le dos du gouvernement qui n'est pas a la solde des étasuniens
    C'est ce qu'il sait passé en Ukraine et c'est ce qu'il ce serait passé en France au bout de six mois si Mélenchon ou Marine avaient reporté les élections..

    Ah, quand même, je me sentais un peu seul! Merci de vous exprimer aussi pour dénoncer cette mascarade médiatico-politique.

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