Venezuela: Luisa Ortega, porte-voix des chavistes critiques de Maduro

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La procureure générale du Venezuela à l'Assemblée nationale à Caracas le 3 juillet 2017

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© AFP, Federico PARRA
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AFP, publié le mardi 04 juillet 2017 à 06h56

Devenue la grande adversaire de Nicolas Maduro, la procureure générale du Venezuela Luisa Ortega, qui comparaît mardi devant la justice, exprime tout haut les critiques de certains chavistes, appelant au dialogue comme issue à la violente crise politique qui secoue le pays.

Elle a élevé la voix la première fois le 31 mars, quand elle a dénoncé une "rupture de l'ordre constitutionnel" après la décision de la Cour suprême (TSJ) de s'arroger les pouvoirs du Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition.

L'action du TSJ, annulée 48 heures plus tard, a été l'étincelle d'une vague de protestations qui a fait 89 morts en trois mois.

Depuis, la procureure n'a cessé de décocher ses flèches, contestant l'impartialité des magistrats du TSJ et critiquant l'armée, autre pilier du président, pour sa violence contre les manifestants.

Elle a aussi critiqué directement le chef de l'Etat pour son projet de réforme de la Constitution.

Qualifiée de "traîtresse" dans son propre camp, cette avocate de 59 ans originaire de l'Etat d'Aragua (nord), sans enfants, a pourtant toujours été de gauche.

Accompagnant Hugo Chavez dans sa campagne présidentielle de 1998, elle a ensuite gravi les échelons jusqu'à être élue puis réélue procureure générale par le Parlement, alors contrôlé par les chavistes.

Mais c'est aussi "une personne avec beaucoup de trempe, courageuse et honnête", qui "affronterait n'importe quel (obstacle) pour défendre ses valeurs", confie à l'AFP son mari depuis 18 ans, German Ferrer, député chaviste.

Ses prises de position montrent que Nicolas Maduro, même s'il contrôle la quasi-totalité des institutions depuis son élection en 2013, ne fait pas l'unanimité dans ses rangs.

Pour le politologue Nicmer Evans, lui aussi chaviste critique, Luisa Ortega "représente le chavisme digne, démocratique, face aux prétentions totalitaires du madurisme".

- 'Pont' avec l'oppposition? -

Son action "a un effet dévastateur", estime un autre politologue, Michael Penfold, car elle "divise de façon toujours plus évidente tout autant le chavisme que le milieu militaire".

Début juin, un général à la retraite de l'armée, Alexis Lopez, a démissionné de son poste de secrétaire du Conseil de défense de la Nation pour exprimer son désaccord avec Nicolas Maduro, se joignant ainsi aux voix critiques du camp présidentiel.

D'autres ex-ministres ou anciens gradés se sont dits opposés à la réforme de la Constitution, perçue par les adversaires de M. Maduro comme une manoeuvre pour s'accrocher au pouvoir.

Malgré le soutien affiché publiquement par l'armée, les experts n'écartent plus de possibles fissures dans l'institution, qui dispose d'un énorme pouvoir politique et économique au Venezuela.

"Les divisions existent. Il y a des factions", rappelle l'experte en questions militaires Rocio San Miguel.

Et "la Constituante est l'excuse parfaite pour un repositionnement entre ceux qui disent défendre l'héritage de Chavez et ceux qui sont désormais plus fidèles à Maduro".

Réputée disciplinée et de caractère ferme, Luisa Ortega a commencé à perdre foi dans le gouvernement socialiste en 2016, raconte son époux. Elle désapprouvait les arrestations de certains opposants.

Lundi, elle a lancé un appel, depuis le Parlement, à "lutter pour la démocratie": "Peu importe qu'ils pensent différemment de nous, nous devons condamner la violence d'où qu'elle vienne", a-t-elle déclaré, incitant à "faire de grands efforts pour reprendre les voies institutionnelles et électorales".

Son franc-parler irrite: le député socialiste Pedro Carreño, à l'origine de la demande de poursuites contre elle, exige son limogeage pour "démence", le gel de ses biens et une interdiction de quitter le pays.

C'est une nouvelle "leader de l'opposition", assure le chef de l'Etat, l'accusant d'"extrémisme" et suggérant que la procureure "a l'intention d'être candidate présidentielle pour la MUD", la coalition de l'opposition.

Pour l'analyste Félix Seijas, Luisa Ortega peut constituer un "pont" entre la frange critique du chavisme et l'opposition. De quoi, peut-être, enfin relancer le dialogue entre les deux camps, gelé depuis fin 2016.

 
2 commentaires - Venezuela: Luisa Ortega, porte-voix des chavistes critiques de Maduro
  • Peut être une façon de rendre la justice un peu moins sévère avec la complice d'un président corrompu qui par sentiment exacerbé d'amour du peuple, qu'il avait apprise avec l'internationale socialisme, n'a pas hésité à aimer l'argent du peuple .....

  • Peut-être aussi que Luisa a enfin cédé à l'offre magistrale en dollars pour trahir le parti chaviste, la CIA sait y faire...Quand les USA veulent vraiment "récupérer" un pays en Amérique latine, ils sont capables de mettre le paquet, alors, une corrompue de plus ou de moins, ils n'en sont pas à ça près...

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