USA: avenir incertain pour la réforme de la santé républicaine

USA: avenir incertain pour la réforme de la santé républicaine

Des manifestants opposés à la réforme de l'assurance maladie voulue par Donald Trump, le 4 mai 2017 à Washington

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AFP, publié le mardi 27 juin 2017 à 03h29

L'avenir de la réforme républicaine du système de santé promise par Donald Trump était incertain lundi, plusieurs élus de la majorité étant prêts à faire défection face à une loi qui priverait des millions d'Américains de couverture maladie.

Un nouveau rapport, très attendu, a mis de l'huile sur le feu. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) a estimé que 49 millions de personnes seraient dépourvues d'assurance en 2026 si la proposition de loi républicaine entrait en vigueur, contre 28 millions si Obamacare était préservée --conséquence des coupes draconiennes qui frapperaient le budget fédéral de la santé.

Le texte, élaboré par les chefs de la majorité républicaine du Sénat, sera débattu cette semaine dans l'hémicycle, avec un vote souhaité avant la fin de la semaine.

Toute la minorité démocrate étant contre, son sort est entre les mains d'une poignée d'ultra-conservateurs, d'une part, et de républicains modérés, d'autre part, ces derniers représentant des Etats américains qui ont fortement bénéficié d'Obamacare.

Ceux-ci n'entendent pas priver des millions de leurs habitants de couverture-maladie au prétexte de tenir la promesse électorale d'abroger la loi démocrate, promulguée en 2010 par Barack Obama.

Le Sénat compte 100 membres. Les républicains sont 52, et ne peuvent donc se permettre que deux défections.

Au dernier décompte, au moins cinq républicains avaient pris position contre la législation.

Donald Trump a parlé ce week-end à plusieurs d'entre eux "pour écouter leurs préoccupations", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

- Quadrature du cercle -

Maintenant que l'impact est estimé, le groupe de républicains modérés pourrait sortir du bois et se déclarer clairement en opposition.

Les partisans de la réforme insistaient sur le fait que, en abrogeant certaines réglementations et en donnant de la flexibilité aux Etats localement, les prix de l'assurance baisseraient, à terme, pour certaines personnes, par exemple des gens en relativement bonne santé qui auraient désormais le choix de souscrire des couvertures réduites. Mais, dans un premier temps, les primes d'assurance augmenteraient.

La Maison Blanche, de son côté, a choisi de dénoncer la méthodologie du CBO, citant d'anciennes prédictions qui ont été démenties plus tard par la réalité.

"Le président Trump reste déterminé à abroger et remplacer Obamacare, qui a trahi les Américains depuis trop longtemps", a déclaré l'exécutif dans un communiqué.

Trouver un compromis relève de la quadrature du cercle. Tout amendement qui satisferait les modérés ferait partir les conservateurs, et inversement.

Les quatre frondeurs ultra-conservateurs appellent le plan républicain "Obamacare light", loin de l'abrogation totale dont ils rêvent.

"C'est un mauvais texte", a répété lundi le sénateur du Kentucky Rand Paul. "Mieux vaut ne rien voter que de voter une mauvaise loi".

Et parmi les modérés, on dénonce la réduction progressive des aides fédérales au système de santé, en particulier pour l'assurance publique destinée aux plus pauvres, Medicaid, qui assure un Américain sur cinq et a été dopée par Obamacare.

Ajoutant de l'eau à leur moulin, Donald Trump a reconnu ce week-end, dans une interview à Fox News, qu'il avait bien qualifié la première mouture du texte, adoptée à la Chambre, de "méchante".

Les négociations devraient se poursuivre toute la semaine au sein de la majorité, et un marathon de votes sur des amendements aura lieu avant le vote final, à moins que le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, ne se résolve à retirer le texte, constatant l'impasse.

Vétéran du Sénat, le républicain Lindsey Graham estimait lundi soir que les différends "philosophiques" étaient sans doute irréconciliables, et n'était guère optimiste.

"Pour ceux qui hésitent, le rapport du CBO ne leur est d'aucune aide", dit-il. "Cela va être difficile d'atteindre les 50 voix".

 
1 commentaire - USA: avenir incertain pour la réforme de la santé républicaine
  • A l'Amérique.
    ce règne du Capitalisme qui paye bien ceux qui lui rapporte et laisse crever le reste.
    ce pays ou règne le fric bien avant leur croyance en dieu.
    et ça se dit le pays des droits de l'homme, le pays ou l'on tue les noir pour un oui ou un non.
    que je suis heureux d' être Français.

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