Un site adepte des théories du complot semble inspirer Trump

Un site adepte des théories du complot semble inspirer Trump

Alex Jones (g) du site infowars.com à Cleveland, aux Etats-Unis, le 20 juillet 2016

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AFP, publié le mercredi 30 novembre 2016 à 18h50

Etats-Unis: des affirmations avancées sans preuves par Trump semblent refléter les allégations d'un site adepte des théories du complot

Des affirmations avancées sans preuves par Donald Trump semblent refléter les allégations d'un site adepte des théories du complot, et donnent des sueurs froides aux experts inquiets de cette publicité.

Le futur président américain a affirmé cette semaine - contre toute évidence - que des "millions" de gens ont voté illégalement à la présidentielle du 8 novembre. Un tweet qui fait écho à des déclarations similaires du site infowars.com, qui s'appuyaient sur une étude largement discréditée par les organisations de vérification des faits (fack-checking) comme Snopes.

Ce n'est pas la première fois que le président élu reprend des informations d'infowars, un site géré par l'animateur de radio Alex Jones, connu pour avoir faussement affirmé que les attaques du 11 septembre 2001 avaient été fomentées par le gouvernement américain.

Donald Trump a accordé pendant sa campagne une interview de 30 minutes à l'animateur en 2015, où il lui a déclaré: "votre notoriété est formidable. Je ne vous laisserai pas tomber".

Alex Jones a pu s'exprimer en marge de la convention du parti républicain à Cleveland (Ohio) en juillet 2016. Puis il s'est targué sur son site d'être repris par Donald Trump: "c'est surréaliste de parler de sujets ici à la radio et d'entendre Trump le répéter mot pour mot deux jours plus tard".

- Extra-terrestres en Floride -

En meeting, le républicain a ainsi répété - comme infowars - que sa rivale Hillary Clinton "portait une oreillette" pendant un débat présidentiel et que les musulmans américains avaient fêté les attentats du 11-Septembre. Là encore des affirmations qui se sont avérées fausses.

Plusieurs dizaines d'exemples de Donald Trump s'inspirant d'allégations d'Alex Jones et d'infowars ont été ainsi recensés par le groupe de gauche spécialisé dans l'analyse des médias Media Matters for America.

Trump n'a cependant pas repris les déclarations les plus fantaisistes d'infowars, selon lesquelles des extra-terrestres auraient atterri en Floride ou que la tuerie de l'école de Sandy Hook aurait été une mise en scène, avec acteurs à l'appui, organisée par les adversaires du port d'armes.

Ses opposants s'inquiètent qu'un président américain puisse compter sur ce genre de site pour s'informer.

"Beaucoup de ce qu'il (Jones) dit sont de pures inepties", affirme Angelo Carusone de Media Matters. 

- Histoire 'fabriquées' -

Par exemple, infowars a diffusé des histoires "entièrement fabriquées" affirmant que les musulmans imposaient la charia (loi islamique) dans les villes américaines, selon M. Carusone.

"Si le président croit à cela et commence à élaborer des politiques basées sur cette croyance selon laquelle nous avons une charia, il y a un problème", affirme M. Carusone.

Infowars est populaire avec quelque 14,3 millions de visiteurs uniques et 75 millions de vues le mois dernier, selon la société de mesure des audiences Quantcast.

Parmi les autres affirmations infondées relayées par le site figure celle d'un réseau pédophile abrité par une pizzeria de Washington et impliquant un proche d'Hillary Clinton. Ou celle de la présence de produits chimiques dans les jus de fruits déclenchant l'homosexualité chez les enfants... 

Outre son entretien du 2 décembre 2015, Alex Jones s'est vanté d'avoir eu plusieurs conversations téléphoniques avec Donald Trump, ce qui pose la question de son influence sur la future politique du 45e président.

"Alex Jones est le théoricien du complot le plus prolifique et le plus déséquilibré de l'Amérique", estime Mark Potok, expert du Southern Poverty Law Center, un groupe de défense des droits civiques qui suit les mouvements prônant la haine sur la base de la race, du sexe ou de la religion.

"Le fait que notre président élu le traite comme s'il était un expert et un commentateur sérieux est effroyable. C'est un homme qui croit notamment que le gouvernement est responsable de l'attentat à Oklahoma City, de celui du marathon de Boston, de la tuerie d'Orlando, en Floride, et de plusieurs autres attaques terroristes", s'inquiète M. Potok.

 
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