Ukraine: l'est rebelle face à un risque d'épidémie de VIH

Chargement en cours
 Un patient du service toxicologie d\

Un patient du service toxicologie d'un hôpital à Donetsk, fief séparatiste dans l'est de l'Ukraine, le 11 juillet 2017

1/4
© AFP, Aleksey FILIPPOV
A lire aussi

AFP, publié le samedi 22 juillet 2017 à 11h03

Les bombes continuent de tomber périodiquement dans l'est de l'Ukraine, théâtre depuis plus de trois ans d'un sanglant conflit entre forces de Kiev et séparatistes prorusses, mais Natalia Gourova mène, elle, un tout autre combat.

Cette militante associative est en charge d'un programme de distribution de seringues propres et de préservatifs aux toxicomanes et aux travailleuses du sexe dans sa ville natale de Lougansk, l'un des bastions des rebelles dans l'Est du pays.

Cette mission la place en première ligne dans la lutte contre la transmission des maladies infectieuses et du VIH, alors que plus de trois ans de guerre ont durement frappé le système de santé de la région et la disponibilité des traitements.

"Tout a empiré", résume Natalia Gourova, membre de l'Association pan-ukrainienne de santé publique, une organisation caritative.

Si Natalia parvient encore à faire fonctionner son programme, des traitements de substitution à destination des toxicomanes, comme la méthadone, ont complètement disparu. Cette dernière a été interdite par les autorités rebelles, dont la politique de lutte contre la drogue est très répressive.

Faute de traitement, plus de 900 patients locaux sont ainsi passés à de dangereuses alternatives artisanales qui font grimper en flèche le risque de transmission des maladies, explique la militante.

"Il y a davantage de cas d'infection au VIH parmi les toxicomanes et il est très difficile d'entrer en contact avec eux", regrette Mme Gourova.

- Catastrophe humanitaire évitée -

La militante a en outre observé une augmentation du nombre de travailleuses du sexe dans la "zone grise", le long de la ligne de front. "Il n'y a pas de travail, pas de salaires. Cela reste la seule option" pour ces femmes, affirme-t-elle.

Là aussi, mettre la main sur des préservatifs, du lubrifiant ou encore des serviettes hygiéniques dans les territoires sous contrôle rebelle reste un parcours du combattant, entre points de contrôle des belligérants et frontière russe bien gardée.

Avant le début du conflit en avril 2014, l'Ukraine, et en particulier l'Est industriel, faisait déjà face à l'une des épidémies de VIH les plus graves d'Europe orientale.

Le pays faisait toutefois des progrès, grâce à une politique sanitaire progressiste qui avait permis de réduire le nombre d'infections, notamment parmi les toxicomanes.

Mais dans l'Est, ces progrès ont presque été anéantis par la violence des combats, qui ont endommagé les hôpitaux et provoqué un exode des médecins et une pénurie de médicaments.

En 2015, les organisations internationales sont néanmoins parvenues à éviter une catastrophe humanitaire en négociant avec Kiev et les rebelles la poursuite de la fourniture de médicaments antirétroviraux à des milliers de malades vivant dans les territoires séparatistes.

Des fonds ont été débloqués d'urgence et les Nations unies estiment désormais qu'environ 10.000 enfants et adultes atteints du VIH reçoivent un traitement dans ces zones.

- Risque de contagion -

Mais si les négociations sur les traitements les plus urgents ont abouti, la situation reste tragique en termes de prévention.

Les besoins de la guerre en combattants ont gravement perturbé les tentatives de lutter contre les addictions, explique ainsi le Dr Igor Pirogov, qui travaille dans un hôpital de Donetsk, fief séparatiste.

"La plupart de nos patients ont enfilé un uniforme, pris une arme et sont partis au combat" aux côtés des rebelles, explique-t-il. "Nombre d'entre eux disent ouvertement qu'ils prennent encore plus de drogue en temps de guerre qu'en temps de paix", ajoute-t-il.

Parallèlement, les autorités ukrainiennes ont cessé de fournir les traitements de substitution au-delà de la ligne de front. 

Si la situation sanitaire dans les zones sous contrôle rebelle s'est détériorée, celle dans le reste du pays semble en phase d'amélioration.

"La baisse du nombre de nouvelles infections au VIH est encourageante", estime Pavlo Skala de l'Alliance pour la santé publique à Kiev.

Les experts s'inquiètent toutefois des conséquences pour l'Ukraine de la crise sanitaire dans les territoires rebelles, qui pourrait à terme s'étendre.

"Les soldats qui sont positionnés sur la ligne de démarcation peuvent contrôler la frontière, mais ils ne peuvent pas contrôler la diffusion d'une épidémie", résume M. Skala.

is-dg-osh/pop/tbm/plh

 
5 commentaires - Ukraine: l'est rebelle face à un risque d'épidémie de VIH
  • Je saisis la réaction de Chamil qui tranche par sa pertinence, sur celles que l'on voit sur ce site, pour souligner combien cet internaute a raison.. C'est en effet le Kaiser qui a imposé en 1917 à Lénine la clause de création de l'Ukraine pas moins inféodée à la Russie- une entité politique qui n'avait jamais existé dans l'histoire - pour accepter le traité de Brest Litovsk, actant une paix séparée entre la Russie devenue bolcheviste et l’Allemagne.
    Le Kaiser avait pour être complet, une petite idée derrière la tête à savoir de faire main basse sur "l'Ukraine" une fois la paix revenue!
    Malheureusement pour le dit Kaise,r la paix signée en 1919, n'était pas celle que ses moustaches arrogantes, attendaient!

  • A long terme, le VIH vaut les bombes et mitrailleuses. Suffit d' être un peu patient.

    avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    les armes "bactériologiques" sont toujours à doubles tranchants et reviennent comme des boomerangs.

  • Et en plus les affidés de Kiev, y font du vélo!

  • Suivant les conflits, le mot séparatiste est traité de façons différentes .

  • La guerre que mène Kiev contre les Républiques de Donetsk et de Lougansk ne pouvait conduire à autre chose qu'à une catastrophe sanitaire, économique et morale.
    Ces territoires ont été arrachés à la Russie en 1918 contre leur gré lors de la création de l'Ukraine qui n'existait pas jusque là. Qu'ils retournent à la Russie et le problème sera réglé.
    Les descendants d'immigrés russes qui ont vécu la Révolution de 1917, nés et qui ont versé leur sang au nord de la Mer Noire dans l'armée de Wrangel, notamment dans ces régions et aussi en Crimée sont toujours là pour en témoigner.

    Il faudrait relire vos manuels d'histoire concernant l’existence de l'UKRAINE.

    dites voir chamil la guerre que vous évoquez ce sont bien les séparatistes qui l'ont commencée car personne ne leur avait demandé de se séparer de l'ukraine et encore moins de le faire avec des armes fournies par la russie.

    Macar89, je connais parfaitement l'histoire de l'Ukraine. Je m'y suis consacré avec une grande attention d'autant plus que lorsque ma mère demandait à mon grand-père : "notre nom se termine en -ko. Est-ce que nous sommes ukrainiens?", mon grand-père se mettait en colère et répondait : "non! nous sommes russes!"

    à stopauxc. Vous avez raison sur un point : l'Est de l'Ukraine s'est révolté et a pris les armes lorsque le gouvernement issu du coup d'Etat de Maidan a voulu couper l'Ukraine de ses liens avec la Russie et l'Union Economique Eurasiatique, en faire son ennemi en lui faisant rejoindre l'OTAN et imposer la langue ukrainienne dans la vie courante, les médias, les actes officiels alors que le russe est la langue pratiquée par quasiment tout le monde dans cette région.
    Qu'est-ce que vous feriez si on vous imposait de renoncer à votre langue et de parler exclusivement anglais ou allemand?
    Quant aux armes russes, elles proviennent tout simplement de l'arsenal de l'époque soviétique. Par contre, les conseillers militaires de l'expédition punitive ukrainienne dans le Donbass sont bien américains, polonais et lituaniens et de nombreux jeunes désertent de l'armée ukrainienne pour ne pas y participer depuis que la conscription obligatoire a été rétablie.

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]