UE: un fonds pour bâtir l'Europe de la défense

UE: un fonds pour bâtir l'Europe de la défense

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 30 mai 2017 à Bruxelles

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AFP, publié le mercredi 07 juin 2017 à 07h48

La Commission européenne doit dévoiler mercredi sa proposition détaillée d'un fonds pour financer la défense européenne, dans un contexte plus propice que jamais, marqué par le Brexit et les doutes sur l'engagement de l'allié américain.

Le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, entend doter l'UE d'"une autonomie stratégique" en matière de défense, par le biais notamment d'une politique industrielle commune, basée sur des financements faisant aujourd'hui défaut au secteur.

Le fonds imaginé par Bruxelles, qui devra être approuvé par les Etats membres pour se concrétiser, aurait une partie consacrée à la recherche sur des nouvelles technologies.

Une autre partie, abondée par les pays membres, servirait d'instrument financier pour l'achat groupé, et donc moins coûteux, d'équipements comme des drones ou des hélicoptères.

La proposition doit être présentée mercredi après-midi, en même temps qu'un document de "réflexion" plus large sur l'avenir de la défense européenne à l'horizon 2025.

- 'Puissance douce' -

L'Europe "doit prendre en charge sa propre sécurité" car "être une +puissance douce+ ("soft power" en anglais) ne suffit plus, lorsque la force peut prévaloir sur le droit", prévenait début mars la Commission européenne, dans son "Livre Blanc" sur l'avenir de l'UE à 27.

Le départ programmé du Royaume-Uni, qui a toujours été hostile à toute idée d'intégration en matière de défense au niveau européen, constitue à ce titre une opportunité, soulignent des diplomates européens.

Le flou des engagements de l'allié américain peut également avoir un rôle de catalyseur, comme l'a illustré la chancelière allemande Angela Merkel en appelant les Européens à "prendre leur destin en main".

Donald Trump demande aux Européens de dépenser plus en matière de défense et il s'est gardé fin mai de confirmer qu'il soutenait l'"article 5" du traité fondateur de l'Otan, qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.

"Le message consistant à dire aux Européens qu'ils doivent se prendre en main n'est pas fondamentalement éloigné de ce que la France a toujours essayé de faire depuis des années", a récemment estimé la nouvelle ministre française des Armées, Sylvie Goulard.

Il faut "essayer d'avoir un développement d'une capacité autonome, inscrite dans la coopération de l'Otan mais reposant sur des capacités européennes", a plaidé Mme Goulard.

- 'Tabous levés' -

"C'est un moment exceptionnel, des tabous ont été levés", estime un diplomate d'un Etat membre. Il "était impensable il y a quelques années d'avoir un consensus sur le principe d'autonomie stratégique européenne" ou d'évoquer "la possibilité de financer d'activités militaires à partir du budget européen", poursuit-il.

Mais "la question centrale est surtout pour l'heure celle d'une insuffisance de financements", constate ce diplomate.

Le "volet Recherche" du fonds proposé par la Commission vise à financer des recherches dans des domaines comme l'électronique, les logiciels cryptés ou encore la robotique.

Une ébauche du projet européen, dévoilée fin 2016, envisageait un programme de recherche doté d'un budget annuel d'environ 500 millions d'euros après 2020.

Le second volet du fonds offirait aux pays intéressés la possibilité d'acheter des équipements de manière groupée. Ils pourraient par exemple s'unir "pour investir dans la technologie des drones ou acheter des hélicoptères en grandes quantités afin de réduire les coûts". 

"Ce volet devrait être capable de mobiliser environ 5 milliards d'euros par an", avait évalué fin 2016 l'exécutif européen, indiquant que "le manque de coopération entre Etats membres dans le domaine de la sécurité et de la défense a un coût annuel estimé entre 25 et 100 milliards d'euros".

Outre son projet de fonds, la Commission doit également présenter mercredi plusieurs scénarios possibles d'évolution de la défense européenne à l'horizon 2025. 

Ces scénarios seront plus ou moins ambitieux et nécessiteront une intégration européenne plus ou moins poussée. Il reviendra aux Etats membres de l'UE de clarifier leurs souhaits.

 
24 commentaires - UE: un fonds pour bâtir l'Europe de la défense
  • comment accorder le MOINDRE crédit à cet individu qui dit blanc par devant et fait noir par derrière !

  • un fonds "pour bâtir le porte-monnaie" de ce monsieur Juncker surtout... déjà bien bien plein...

  • Avec l'argent des contribuables de l'europe ,on fait ,on dépense on achètera du matériel américain plus compatible etc etc .Jamais ces "décideurs" n'ont l'intention d’investir dans des crèches ,des écoles des hôpitaux ,des maisons de retraite,non il n'y a pas assez de" retour sur commandes"

    Si les ricains n'étaient pas là nous serions tous en Germanie ! (M.Sardou )

  • Financé par ???? Car la GB sortant ca va faire un manque a gagner contribution 2014 environ11,3Milliards contre récup environ 6,4 milliards € (perte pas encore, car il nous font le baratin de récupérer les engagements de la GB mais au final environ 5 mIlliards)
    Enfin je vous le dits ils vous nous pondre la centralisation de nos institutions au niveau européens ....avec un impots européens bien sur et comme le disait notre nouveau président, un ministre des finances européens, et tout cela bouclé avant la fin du quinquenat, comme le disait Asselineau débat présidentielle 1er tour tout est déjà écrit et que ca arrive la en Juin.
    De toute façon voila, je reste sur mon idée que l'Europe on nous l'a vendu sur le bon coté plus de frontière: libre circulation, pour se ballader, l'euro comme ca plus en a s'embéter tout ca en grande pompe, fêtes et qui faisait plaisir aussi aux financiers car ca faisait une bouffée d'oxygène après l'explosion de la bulle spéculative internet (Etats Unis) en 2000, on a vu ou ca a poussé crise des subprimes 2007.
    Alors qu'au niveau européens rien n'avait été réglé socialement, et ce qui va arriver maintenant après les 1ères réjouissances.
    salaires, acquis sociaux médians en Europe, comme le disait Filon débat 1er tour, je vous rassure (temps de travail) on ira pas jusqu'au 48h hebdo possible en Europe, et je vous rassure aussi perso on ira pas au 420 € salaires moyens roumain, juste un acquis sociaux, salaires médians europe. Et petit a petit ca se fait loi Elkhomry.... et les travailleurs détachés qui crée des distencions de salaires entre pays (alors que sans être économiste, c'était logique) Tous nos politiques ont fait mine de découvrir cela et dits qu'ils allaient tous renégocier après le reportage Cash Investigation d'Elise Lucet,il y'a un peu plus d'un an travailleurs détachés sur l'EPR de Flamanville.
    Rappel statut travailleurs détachés, embauché dans un pays, travaillant dans un autre (payé au smic pour souvent des qualifications autres, et avec des retenues sur salaires pour diverses choses logements,mobil Home a plusieurs,.... voir reportages Cash Investigations, horaires ?????......) et surtout charges payés dans un autre pays plus avantageux, si cela n'est pas faits pour mettre en concurrence (pour moi déloyale) les salariés ???? qu'on m'explique
    Donc maintenant nous allons arrivé dans le dur.
    Avis perso d'antbisounours partagé ou pas Bonne journée

  • Il n'a qu'à récupérer les fonds de fraudes planqués dans son paradis fiscal luxembourgeois!!!!

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