Syrie: l'ONU en conflit sur le mandat des experts en armes chimiques

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 Une photographie prise le 12 juillet 2017 de l'entrée de Khan Cheikhoun en Syrie, cible d'une attaque au gaz sarin le 4 avril 2017

Une photographie prise le 12 juillet 2017 de l'entrée de Khan Cheikhoun en Syrie, cible d'une attaque au gaz sarin le 4 avril 2017

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© AFP, Omar haj kadour
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AFP, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 22h09

Le renouvellement en novembre pour un an du mandat des experts en armes chimiques de l'ONU et de l'OIAC chargés de la Syrie fait l'objet d'un bras de fer au Conseil de sécurité, la Russie voulant le lier à leur prochain rapport contre l'avis de Washington et de ses alliés européens.

Ces experts doivent rendre le 26 octobre leurs conclusions finales sur l'attaque au gaz sarin le 4 avril à Khan Cheikhoun, petite ville syrienne alors contrôlée par des rebelles et des jihadistes. Leur rapport pourrait impliquer Damas dans l'attaque qui a fait 83 morts, selon l'ONU, au moins 87 dont plus de 30 enfants selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Principal soutien de la Syrie, la Russie verra à l'aune de leur rapport s'il est "justifié de prolonger" leur mission, a déclaré vendredi un responsable du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhail Ulianov. Il avait au préalable jugé "scandaleux" un refus des experts de prendre des échantillons lors d'une visite la semaine dernière d'une base aérienne suspectée d'être à l'origine de l'attaque à Khan Cheikhoun.

Pour Nikki Haley, ambassadrice américaine à l'ONU, "ce serait une honte si la Russie appuie un mécanisme d'investigation en fonction de qui est responsable à Khan Cheikhoun". Disposant d'un droit de veto, "les Russes ont dit très clairement que si le rapport impliquait la Syrie, ils n'auraient soudainement plus confiance dans le groupe d'experts dénommé JIM. On ne peut pas travailler comme cela!", a lancé mercredi la diplomate.

Dans la foulée de ces propos, Nikki Haley a fait circuler auprès des 14 autres membres du Conseil de sécurité un projet de résolution sur le renouvellement du mandat. Le texte, obtenu par l'AFP, est très court, seulement quatre paragraphes.

Le projet parle d'une reconduction du mandat des experts "pour une période d'un an, avec une possibilité d'une nouvelle extension décidée par le Conseil de sécurité s'il le juge nécessaire".

Washington estime que le Conseil de sécurité doit voter le renouvellement du mandat avant la publication le 26 octobre du rapport et espère un vote "dès que possible", a précisé devant des médias Nikki Haley, soutenue dans sa démarche par plusieurs capitales européennes.  

- 'Outil très important' -

Plusieurs membres du Conseil approuvent en effet la démarche américaine, craignant une perte d'expertise si les spécialistes, actifs sur 45 attaques commises depuis la mi-2016, ne peuvent plus enquêter ou que le renouvellement de leur mandat subit des retards comme cela s'est déjà produit dans le passé.

Interrogé par des médias, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a apporté son soutien à la poursuite au-delà de novembre du travail d'enquête mené par les spécialistes en armes chimiques. Ce groupe d'experts est "un outil très important", a-t-il dit, en indiquant l'appuyer "pleinement". Il ne s'est toutefois pas prononcé sur la nécessité de procéder au renouvellement de mandat avant ou après la publication attendue fin octobre du rapport des experts sur l'attaque de Khan Cheikhoun.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déjà accusé le régime de Bachar al-Assad d'être responsable de l'attaque du 4 avril. Selon la Russie, qui a reconnu comme la Syrie la présence de sarin à Khan Cheikhoun, la diffusion du gaz est venue d'une bombe ayant explosé au sol et non d'une attaque aérienne menée par les forces syriennes.

La semaine dernière, quatre experts se sont rendus sur la base syrienne d'Al-Chaayrate (centre). Ils ont parlé à des personnels militaires, vérifié des plans de vols "mais ils n'ont pas prélevé d'échantillons", selon Mikhail Ulianov. "Une enquête sérieuse est simplement impossible sans échantillons", avait-il dénoncé en fin de semaine dernière lors d'une réunion à l'ONU.

Depuis sa création, le groupe JIM a conclu à la responsabilité du gouvernement syrien dans des attaques au chlore sur trois villages en 2014 et 2015, et à l'utilisation par l'organisation Etat islamique de gaz moutarde en 2015. L'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) détermine s'il y a eu ou non utilisation d'armes chimiques, la désignation des coupables revenant au groupe JIM.

 
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