Syrie: Idleb, prochaine cible après le coup de force jihadiste?

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La province d'Idleb, situé au nord de la Syrie, le 25 juin 2017

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© AFP, Omar haj kadour
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AFP, publié le lundi 24 juillet 2017 à 18h56

L'emprise des jihadistes sur la province d'Idleb, dans le nord de la Syrie, pourrait faire de cette région une prochaine cible pour différents acteurs internationaux impliqués dans la guerre qui ravage ce pays du Proche-Orient.

- Quelle est l'importance d'Idleb?

La province d'Idleb, située dans le nord-ouest de la Syrie, est frontalière de la Turquie. Elle est également voisine de la province côtière de Lattaquié, fief du régime et berceau de la famille du président Bachar al-Assad.

Elle est l'une des dernières provinces à échapper totalement aux troupes gouvernementales.

En 2015, une alliance baptisée Armée de la conquête chasse l'armée syrienne de la quasi-totalité de la province.

Cette alliance était composée du Front al-Nosra --alors branche d'al-Qaïda en Syrie-- et de groupes rebelles, notamment Ahrar al-Cham, puissant parti rebelle islamiste.

Le Front al-Nosra s'est ensuite distancié d'al-Qaïda, prenant le nom de Fateh al-Cham avant de devenir la principale composante d'une nouvelle coalition baptisée Tahrir al-Cham.

Mais depuis des mois, les tensions se sont accrues entre les rebelles et les jihadistes. Les jihadistes de Tahrir al-Cham, désignés comme "terroriste" par la communauté internationale, craignent l'existence d'un plan pour les chasser de la province. 

- Que s'est-il passé à Idleb?

La coalition jihadiste Tahrir al-Cham s'est emparée dimanche de la ville d'Idleb, chef-lieu de la province du même nom. 

Ce coup de force, mené en quelques heures et sans combats, est intervenu après une semaine d'affrontements contre Ahrar al-Cham, un groupe rebelle islamiste influent soutenu par la Turquie et les pays du Golfe. Ces affrontements s'étaient conclus avec une trêve.

Mieux organisé, mieux armé, Tahrir al-Cham s'est emparé non seulement du chef-lieu mais de "plus de 70%" de la province d'Idleb, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- Quel impact sur les rebelles syriens?

Ahrar al-Cham s'est retiré de dizaines de villes et de villages se repliant vers le sud de la province.

Selon Sam Heller, spécialiste de la Syrie auprès de la Century Foundation, il n'est pas clair si ce "groupe existe encore". "Ce qui est en reste a été lentement phagocyté par Tahrir al-Cham", selon lui.

La rébellion anti-Assad a connu revers après revers notamment depuis fin 2015, avec l'entrée en action de la puissante armée de l'air russe aux côtés du régime. Les rebelles ont perdu de nombreux bastions, notamment Alep, deuxième ville du pays.

"Le coeur géographique et politique de l'opposition était le nord-ouest et le nord-ouest vient d'être pris" par les jihadistes, remarque M. Heller.

Finalement écrasés par les jihadistes dans la province d'Idleb, relativement neutralisés dans le sud et autour de Damas après les cessez-le-feu négociés internationalement, les rebelles ne sont plus que l'ombre d'eux même en comparaison avec 2012.

- Quels scénarios pour Idleb?

Tahrir al-Cham, deuxième groupe jihadiste opérant dans la Syrie en guerre, a plus d'un ennemi. Il est classé comme organisation terroriste par l'ONU, les Etats-Unis, la Russie et la Turquie.

Depuis 2015, la Russie exige de séparer les jihadistes de Tahrir al-Cham de leurs alliés rebelles.

Maintenant que la distinction est plus claire au niveau territorial, la province d'Idleb pourrait devenir la cible d'une offensive, après des mois de rumeurs sur une possible attaque turque ou même russe.

Nawar Oliver, analyste militaire auprès du Omran Centre, basé à Istanbul, ne s'attend pas à une opération militaire majeure mais soit à une "escalade des frappes aériennes de la coalition" internationale antijihadistes conduite par les Etats-Unis, soit à des "raids stratégiques" de la Russie.

Des militants ont également exprimé sur les réseaux sociaux leurs craintes d'un retour des bombardements aériens du régime.

Dans le même temps, une partie de la population appréhende la domination totale des jihadistes. Durant les combats, des manifestations dans des villes d'Idleb dénonçant leur mainmise ont été visées par des tirs de jihadistes qui ont fait un mort.

Au sein de la rébellion, des voix ont appelé les habitants d'Idleb à résister à Tahrir al-Cham pour éviter que la province ne se transforme en un second Mossoul, ex-fief de l'EI en Irak, récemment repris par les forces irakiennes.

mjg-sah-ram/iw

 
1 commentaire - Syrie: Idleb, prochaine cible après le coup de force jihadiste?
  • Les djihadistes de "Ahrar al-Cham" ne se différencient guère des djihadistes de "Tahrir al-Cham" (ex Al QaÏda)
    qui viennent de les évincer de quasiement toute la province d'Idled, y compris leur "capitale" Idled

    les premiers ( "Tahrir al-Cham") réputés , malgrès leurs excactions, "djihadistes modérés" , recevaient
    Directement leurs armes des USA et des pays occidentaux .

    les seconds ("Tahrir al-Cham") se réclamant, il y a encore peu, d' Al QaÏda , recevaient , ces mêmes armes ,
    par des circuits indirectes..Parfois, par l'intermédiaire de leur ex-allié de "Tahrir al-Cham", avec lesquels
    ils partagent la même idéologie salafiste et les mêmes combats.

    Cependant , une clarification opportune est intervenue : la province "rebelle" d'Idled est devenue
    l'apanage hégémonique d'un groupe de djihadites qui se réclamaient , il y a peu d'Al QaÏda:

    Il conviendrait, donc, de "traiter" ces djihadistes de la même manière que ceux de l'Etat Islamique...
    Sans avoir à s'habriter derrière l'excuse hypocrite de l'existance de prétendus "rebelles modérés" .

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