Séjours italiens de Zaghba: la communauté musulmane craint un retour de bâton

Séjours italiens de Zaghba: la communauté musulmane craint un retour de bâton

Une photo fournie le 6 juin 2017 par la police londonienne montre Youssef Zaghba, un Italo-Marocain de 22 ans co-auteur de l'attentat qui a fait 7 morts à Londres

A lire aussi

AFP, publié le mercredi 07 juin 2017 à 20h23

"Tout ça n'a rien à voir avec l'islam, c'est l'œuvre de fous". Les musulmans de la région de Bazzano, près de Bologne, craignent que les courts séjours italiens de Youssef Zaghba, coauteur de l'attentat de Londres, ne nuisent à l'image de leur communauté.

"Cela ne va pas arranger les choses, alors que depuis longtemps déjà les gens font l'amalgame entre musulmans et terrorisme", explique à l'AFP l'imam de Bazzano, Mohamed Ben Salem.

"Si ce jeune homme avait été résident en Italie, s'il était venu fréquenter notre mosquée, il n'aurait jamais eu de telles idées, jamais !" lance ce Tunisien de 37 ans.

A Bazzano, localité proche de Fagnano, où le jeune Youssef Zaghba a séjourné l'an passé chez sa mère, quelques centaines de pratiquants viennent régulièrement prier dans une salle aménagée dans un bâtiment industriel.

En plein ramadan, ils sont une poignée à arriver en début d'après-midi, et ceux qui acceptent de répondre aux questions se disent tous inquiets des conséquences négatives que pourrait avoir cette affaire sur leur communauté.

"Oui, cela peut nous causer du tort, alors qu'on a mis des années à construire une relation de confiance avec la population", se lamente Bahi Cherkaouin.

"Des gens on fait des sacrifices pour créer cet endroit, certains donnent chaque mois 50, 100 ou 200 euros pour le faire vivre, pour payer l'imam, parce que les autorités locales ne nous donnent rien", explique ce Marocain de 59 ans.

"Ce Youssef Zaghba, on ne le connaît pas, car il n'est jamais venu ici. Il vivait avec son père à Fès car ses parents sont séparés. Et c'est du Maroc qu'il a contacté des gens qui ne savent vraiment rien de l'islam", ajoute-t-il.

Les pratiquants déplorent aussi l'image négative donnée par le parcours de la mère du jeune homme, une Italienne convertie à l'islam il y a plus de vingt ans, battue et répudiée au Maroc par son mari, comme l'a raconté sa tante à la presse.

- "Vides à l'intérieur" -

Devant l'entrée de la salle de prière, l'imam Mohamed Ben Salem assure qu'il faut continuer à expliquer ce que sont "les vraies valeurs de l'islam, que trop de gens ignorent encore". 

"Nous, nous appelons inlassablement les gens à venir nous voir, à participer à nos portes ouvertes, parce que c'est l'ignorance qui conduit à ces actes de terrorisme qui sont l'œuvre de fous", explique-t-il.

"Ces jeunes qui se font exploser, qui tuent aveuglément des innocents, sont vides à l'intérieur et ne comprennent rien à ce qu'est notre religion", ajoute l'imam. 

Il dit aussi encourager les pratiquants à signaler aux autorités tout signe qui pourrait laisser penser que l'un d'eux est entré dans une phase de radicalisation, "comme la consultation de vidéos et de sites islamistes".

Inaugurée en 2004, la salle de prière de Bazzano avait été accueillie par quelques polémiques au sein de la population locale, avant de se faire oublier.

Dans un bar voisin, un riverain qui habite là depuis l'enfance raconte qu'il n'a jamais entendu parler d'un quelconque problème avec la communauté musulmane : "je les vois souvent passer le soir par groupes (...) pour se rendre à la prière, mais je n'ai entendu parler d'aucun problème". 

Le propriétaire de l'établissement s'agace quant à lui du bruit que certains font la nuit en période de ramadan lorsqu'ils finissent la soirée en jouant au football avec des bouteilles vides..."Rien de bien méchant", concède-t-il toutefois aussitôt.

L'Italie compte environ 1,4 million d'habitants de confession musulmane, selon les experts. Toutefois la deuxième religion du pays, après le catholicisme, n'est pas reconnue comme une religion officielle.

Au cours des cinq premiers mois de l'année 2017, l'Italie a expulsé préventivement 49 étrangers soupçonnés de liens avec l'islamisme radical, et un total de 181 depuis 2015. Youssef Zaghba, qui a grandi au Maroc, n'entrait pas dans ce cas de figure puisqu'il avait la nationalité italienne de sa mère.

 
6 commentaires - Séjours italiens de Zaghba: la communauté musulmane craint un retour de bâton
  • J'aime bien, dans le document ci-dessus le marocain dit "il n'est jamais venu ici"

    Menteur !!! les services de renseignements ont trouvé le contraire.

    Voilà comment se comportent ces braves musulmans...

  • Quand on examine le regard de chacun , on perçoit la profondeur d l'intelligence. Vous retrouverez souvent ce même regard mort chez leurs semblables.
    Pensez y la prochaine fois que vous croiserez un porteur de ces yeux.

    il y en a plein à Soyaux : attaque non isolée à Soyaux jouxtant Angoulême dans le quartier sensible du Champ de Manoeuvre... titrait la Charente Libre mercredi dernier : la cause? la police qui contrôlait les deux roues motorisées, les conducteurs sans casques! Caillassage des forces de l'ordre chargées de protéger les contrevenants contre eux mêmes!!! mais dérangement des trafics de drogues très actifs la nuit!... Le préfet appelle à l'apaisement, sic! les habitants sont excédés car ça dure depuis des décennies, et à chaque fois on appelle à l'apaisement... comme si la loi n'existait plus en France et qu'il n'y avait plus personne pour la faire appliquer!

    on dit bien que " les yeux sont le reflet de l'âme .....

    Zahba ne possédait pas le même regard perdu comme les autres !!! Il avait 22 ans !!!

  • Nous avons quand mêle un tres gros problème dans nos services de sécurités en Europe...
    Ce jeune qui dit à un policier ou magistrat : " je veux devenir terroriste" et qui reste en liberté... y a un gris soucis... c'est valable pour l'Angleterre, l'Allemagne et partout en Europe.
    Y a des mesures immédiates à prendre pour mettre hors d'état de nuire avant. Et pas dire " on peut rien faire tant qu'il a rien fait".

    laccentdumidi  (privé) -

    et ceux qui sont fichés et qui peuvent passer a l acte demain on les gardent en attendant ? bonne journée !

    C'est le même schéma que pour les femmes battues. Quand elles se présentent à la police, on leur dit qu'on ne peut rien faire pour elles non plus !!! tant qu'elles ne sont pas mortes, vous comprenez !!!!

  • Comme quoi ils faut les laisser partir et qu'ils ne reviennent plus....

  • Toujours les mêmes qui font le bordel dans le monde entier !!!

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]