Ryad et ses alliés maintiennent leurs sanctions contre Doha

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 Comparaison de données sur la population, le PIB, les dépenses militaires, la production de pétrole et de gaz des puissances du Golfe opposées au Qatar dans une crise diplomatique inédite

Comparaison de données sur la population, le PIB, les dépenses militaires, la production de pétrole et de gaz des puissances du Golfe opposées au Qatar dans une crise diplomatique inédite

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AFP, publié le mercredi 05 juillet 2017 à 23h36

Ryad et ses alliés ont déploré mercredi à l'issue d'une réunion au Caire la "réponse négative" du Qatar à leurs conditions pour mettre fin à la crise dans le Golfe et annoncé le maintien de leurs sanctions contre Doha.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu il y a un mois avec ce petit émirat riche en gaz, qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran, grand rival de Ryad au Moyen-Orient.

Ils ont imposé à Doha des sanctions économiques, l'Arabie saoudite fermant sa frontière terrestre avec le Qatar, la seule de l'émirat.

Pour mettre fin à ce bras de fer, les quatre pays avaient adressé au Qatar une liste de 13 demandes, réclamant entre autres la fermeture d'une base militaire turque et de la télévision Al-Jazeera, qu'ils jugent trop agressive, et de réduire ses relations avec l'Iran.

Le Qatar, qui a rejeté les accusations de terrorisme, avait jugé mardi cette liste "irréaliste et irrecevable". Il avait répondu à ces exigences lundi dans un message au Koweït, qui joue le rôle de médiateur.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, est d'ailleurs au Koweït pour "discuter avec un large éventail d'interlocuteurs de cette crise et d'autres conflits", selon un porte-parole des Nations unies. Ils se rendra cette semaine à Doha.

- "Boycott maintenu" -

Au Caire, les chefs de la diplomatie saoudienne, égyptienne, émiratie et bahreïnie ont exprimé dans un communiqué "leur regret face à la réponse négative du Qatar".

Cela "reflète un manque de compréhension de la gravité de la situation", a martelé le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri en conférence de presse.

Selon lui, les quatre ministres ont convenu de "tenir leur prochaine réunion à Manama", capitale du Bahreïn, à une date non précisée.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a lui affirmé que les sanctions contre le Qatar seraient maintenues et a prévenu que d'autres mesures pourraient suivre.

Le "boycott" de Doha va "se poursuivre" et "nous prendrons des mesures au moment approprié", a-t-il dit.

Sur Twitter, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a prédit que la crise allait "durer et nuire au Qatar".

"Les prochaines étapes vont consolider l'isolement du Qatar", a-t-il ajouté, soulignant que la réunion du Caire marquait "le début d'un processus difficile mais nécessaire afin de sauver le Qatar de ses illusions et de ses erreurs".

Avant la réunion du Caire, le chef de la diplomatie du Qatar, Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, avait déclaré à Londres que son pays était prêt "à s'engager dans un processus de négociations, dans un cadre clair qui garantisse sa souveraineté". 

Mais il avait aussi dénoncé les sanctions contre Doha comme "une agression évidente et une insulte à tous les traités internationaux".

- Appels au dialogue -

Dans un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président américain Donald Trump a appelé à "des négociations constructives entre toutes les parties pour résoudre le différend".

Selon l'agence officielle koweïtienne KUNA, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a par ailleurs appelé mercredi l'émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah pour l'assurer "du soutien des Etats-Unis dans ses efforts" de médiation entre ses voisins du Golfe.

Plusieurs pays ainsi que le Conseil de sécurité de l'ONU ont appelé au dialogue pour résoudre cette crise dans un Moyen-Orient déjà agité par de nombreux conflits.

"Nous sommes heureux de l'engagement du (secrétaire d'Etat américain) et des Koweitiens pour leurs contributions déterminantes. Il s'agit maintenant pour les parties d'entrer dans un processus de négociation", a ainsi indiqué dans un communiqué le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel.

Les sanctions imposées à Doha ont contraint le Qatar à se tourner vers l'Iran et la Turquie pour ses besoins en produits alimentaires, importés par voies aérienne ou maritime.

Soulignant les "risques économiques et financiers découlant du différend" qui a "peu de chances d'être résolu rapidement", l'agence de notation Moody's a confirmé la note de crédit du Qatar mais a abaissé sa perspective de "stable" à négative".

Malgré les sanctions, le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a annoncé son intention d'augmenter du tiers sa production de gaz, de 77 millions de tonnes à 100 millions de tonnes en 2014.

En cas de pression de l'Arabie saoudite et de ses alliés pour empêcher un partenariat avec des compagnies internationales dans ce secteur, le Qatar procédera seul à l'augmentation de la production, a assuré le patron de Qatar Petroleum.

 
7 commentaires - Ryad et ses alliés maintiennent leurs sanctions contre Doha
  • à l'impossible nul n'est tenu, en mettant la barre très haut Riyad savait que Doha ne pourrait jamais accepter ces conditions, la cause était entendue d'avance, mais de fait il jette le Qatar dans les bras de l'Iran, tous ses plan sont foireux, il s'enlise dans sa guerre au Yémen, il a perdu l'Irak, le Liban, bientôt la Syrie, demain ce sera le tour de la Jordanie de tomber,

  • La crise au Qatar ?
    Quelle crise ?
    Ne serait-ce pas plutôt une crise de nerfs de ce pays surpuissant qu'est l'Arabie Saoudite voyant que son leadership est mis en cause notamment avec son mode de vie trop contraignant et sa 'bienveillance' à l'égard de certains groupes terroristes ,
    fermer ?
    Ensuite oser demander - exiger - la fermeture d'une base militaire turque et de la télévision Al Jazeera, jugée trop agressive par Riyadh, cela relève de la plus pure fantaisie diplomatique quand on connaît le nombre de bases américaines en Arabie et la façon dont l'information est diffusée dans ce pays.
    Enfin, il faut surtout comparer le "style de vie" entre ces deux pays qui sont le jour et la nuit.
    Quiconque a travaillé dans ces deux pays peut certifier ces
    choses vues et appréciées de par son observation...
    On pourrait en dire plus mais je vais être encore accusé de forfanterie ou pire de mensonges éhontés comme le faisait un certain Kar là du 74 .....

  • Grosse hypocrisie de l'Arabie Saoudite de s'en prendre au petit Qatar :
    - Sous prétexte de financement du terrorisme ???
    Les saoudiens ont financé Daesh face au nouveau pouvoir chiite en Irak, par peur pour leur hégémonie dans la région du Golfe, avec un Irak chiite et un Iran chiite...
    - Sous prétexte de bonnes relations du Qatar avec l'Iran pour l'exploitation partagée de la plus grande réserve de gaz du Golfe ???
    Ou simple argument pour faire main mise sur cette réserve de gaz...
    Nous avons d'un côté, l'Arabie Saoudite et ses alliés, Bahreïn, Emirats Unis et Egypte... Plus le petit Koweit qui sert d'intermédiaire.
    Le petit Qatar de l'autre côté, aidé pour le moment par le Maroc et la Turquie et surement les iraniens, rien que pour emmerder les saoudiens.
    Le Qatar a répondu négativement aux 12 demandes des 4 pays accusateurs car c'est une atteinte à la souveraineté d'un pays, interdit par les Nations Unies...
    Mais, l'Arabie Saoudite et ses pétrodollars n'en a cure des Nations Unies, même jusqu'à déclencher une nouvelle guerre, sale habitude de cette sanguinaire région...
    Enfin les appels au dialogue paraissent difficiles, alors que les sanctions, les blocus terrestres et aériens sont déjà appliqués et que les relations diplomatiques rompues...
    "La fin de l'Islam viendra des querelles des pays frères de la Ouma islamique" a dit le Prophète... Wait and See !

  • Juste une histoire de gros sous,pour info, ben laden family est la famille la plus puissante d'une ville du nom d'Al Kharj,en Arabie saoudite,et avant que cet homme soit chassé,il en a fait des histoire,et les autres pays du Moyent Orient ne se sont pas ligués contre l'Arabie.Ce qui dérange vraiment ces pays c'est le fait que le Qatar soit le plus gros producteur de gaz de cette région et que depuis environ 10 ans ,ce pays a développé une flotte commerciale aérienne qui commence à faire beaucoup de tort à de nombreux pays et pas que du moyen orient.

  • Ils n'ont pas pu mettre la main sur le pétrole d'Irak au travers de la guerre lancée par Daesh, ils lorgnent sur le Qatar...

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