Rosaires et armes automatiques: les combattants chrétiens de Raqa

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Le bras tatoué d'un combattant chrétien engagé dans la bataille contre les jihadistes du groupe Etat islamique, le 27 juin 2017 à Raqa en Syrie

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© AFP, DELIL SOULEIMAN
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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 16h14

Une croix en ivoire accrochée au rétroviseur, musique arabe en fond sonore, le commandant Abboud Seriane circule dans Raqa à bord de son pick-up blanc pour inspecter les positions des combattants chrétiens engagés dans la bataille contre les jihadistes.

Cet "officier" de 23 ans, casquette militaire et revolver à la ceinture, s'enquiert de la situation sur le terrain auprès de ses camarades à al-Roumaniya, un quartier "libéré" dans le sud-ouest de la ville, avant de repartir à travers les décombres.

Le groupe Etat islamique (EI) a été bouté hors de ce secteur par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance kurdo-arabo-chrétienne, appuyée par une coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Des dizaines de jeunes syriaques, une communauté représentant 10% des chrétiens de Syrie --soit une centaine de milliers de personnes-- ont pris part en 2013 aux combats antijihadistes sous le commandement du Conseil militaire syriaque (CMS) avant de rejoindre en 2016 les FDS.

"Nous participons à la libération de Raqa au nom de tous les Syriens (...) Il n'y pas de différence entre les communautés syriaque, kurde ou arabe. Nous sommes tous frères", affirme à l'AFP Abboud Seriane.

Les jihadistes "ont fait exploser les églises de Raqa et forcé des chrétiens à se convertir à l'islam. C'est une raison supplémentaire pour laquelle nous combattons", ajoute-t-il.

A Raqa, où la majorité des habitants sont des arabes sunnites, vivaient des milliers de syriaques orthodoxes ainsi que des Arméniens et des kurdes. Mais beaucoup ont fui la ville en 2014 quand l'EI s'en est emparée.

Le 29 juin 2014, à Mossoul en Irak, le groupe extrémiste avait proclamé le "califat islamique" sur les territoires que ses partisans avaient conquis dans ces deux pays.

Les chrétiens se sont trouvés devant le terrible choix de fuir, se convertir à l'islam ou périr. Mais aujourd'hui, ces combattants arborent fièrement leur religion. Plusieurs ont des rosaires avec une croix tatoués sur leur poignet et le mot "Jesus" sur leur avant-bras.

- Trous béants -

Les FDS ont lancé en novembre 2016 l'offensive pour chasser les jihadistes de Raqa, dans le nord de la Syrie en guerre. Elles sont rentrées dans la ville le 6 juin et se sont emparées de quatre quartiers.

Dans le secteur d'al-Roumaniya, "libéré" de l'EI, les destructions sont énormes avec des bâtiments rasés, des trous béants et des gravats. Et le bruit incessant des tirs.

"Ici, Daech a encerclé nos camarades des FDS et l'aviation de la coalition a mené des raids intenses pour briser le siège. C'est pourquoi il y a beaucoup de destructions", explique le commandant Seriane, en utilisant un acronyme en arabe de l'EI.

Aleksan Chmou, un combattant syriaque, confie qu'il est motivé par les atrocités commises par l'EI contre les minorités en Syrie.

"Je me sacrifie en raison de ce qu'ils ont fait à notre peuple, à nos communautés, en raison des églises qu'ils ont détruites", dit-il.

"Notre Messie Jésus a dit: +Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends lui aussi l'autre. Mais moi si quelqu'un gifle ma joue droite, je lui met une balle dans la tête", ajoute ce jeune de 27 ans.

- "Rien n'empêche" -

La majorité des combattants chrétiens sont jeunes comme Fadi, 23 ans.

"Dans certains quartiers, nous sommes en première ligne", souligne-t-il en plissant les yeux à cause du soleil tandis que la sueur se forme sur ses tempes.

"Nous avons reçu un entraînement militaire pour combattre Daech", dit-il fièrement. "C'est un grand honneur pour nous que de participer à la libération de Raqa."

Sur les positions qu'ils contrôlent, le sigle en arabe du Conseil militaire syriaque est affiché sur le mur. Dans l'un des bâtiments repris à l'EI, des combattants syriaques discutent en sirotant leur thé et en fumant. D'autres nettoient leurs armes.

Le CMS semble avoir aussi attiré des volontaires étrangers. Un tireur embusqué aux yeux bleus pointe son arme à partir d'une fenêtre sur les positions de l'EI alors qu'un autre scrute le secteur avec des jumelles.

Les bras et le cou du sniper sont recouverts de tatouages. Au-dessus de son sourcil droit est écrit en français "Rien n'empêche", le mort d'ordre du 2ème régiment de génie de la légion étrangère.

Puis brusquement, il tire. "Bien, bien", lui lance en anglais un combattant syriaque, tandis que le tireur lève le poing satisfait et sourit.

 
5 commentaires - Rosaires et armes automatiques: les combattants chrétiens de Raqa
  • De braves soldats, des combattants! C'est aussi grace à eux que l'ei perd du terrain.

  • Raqua et Mossoul sont des villes à majorité Sunnite et la prise de ces villes ne réglera rien

  • eux au moins ils se battent, ce n'est pas comme tous ceux qui veulent se réfugier chez nous.

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    humaminor  (privé) -

    Il ne tient qu'à nous d'arrêter l'échange entre nos militaires dans leur pays et les non combattants Syriens dans les nôtres.

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    humaminor  (privé) -

    Donc le régime Syrien n'était pas anti chrétien, et il y a peu de temps, les forces démocratiques islamistes Syriennes étaient alliées à l'EI pour lutter contre le régime Syrien avant de s'allier aux chrétiens pour vaincre l'EI, le jeu des alliances est un vrai cirque. Dans ce pays la coalition se concentre plus sur les droits des rebelles à combattre le régime Syrien que sur les droits de tous les Syriens. La fin sera aussi catastrophique pour le peuple syrien que pour les Irakiens ou les Libyens.

  • c'est ma devise aussi je tends pas l'autre joue et les personnes qui ont volés les mie,ns ou insulter ma vie privé ,je les attends sur le long terme meme si cela prendra une journée ,un mois ou des années je leur refrait gouter le meme suplice

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