Rojda Felat, commandante kurde et visage de la victoire contre l'EI à Raqa

Rojda Felat, commandante kurde et visage de la victoire contre l'EI à Raqa

Photo de la commandante kurde Rojda Felat, qui brandit le drapeau des Forces démocratiques syriennes (FDS) après la reprise de la ville syrienne de Raqa aux jihadistes, le 17 octobre 2017.

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AFP, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 16h51

Sourire aux lèvres et fusil à l'épaule, Rojda Felat pose pour les photographes sur l'emblématique rond-Point al-Naïm de Raqa, où le groupe Etat islamique (EI) menait ses exécutions. La commandante kurde peut savourer sa victoire, après avoir dirigé l'offensive contre les jihadistes.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé mardi avoir repris le contrôle total de Raqa, dans le nord de la Syrie, et c'est sur l'emblématique place al-Naïm que Mme Felat a célébré la victoire, brandissant le drapeau jaune de cette alliance de combattants kurdes et arabes.

En treillis militaire, des mèches lui barrant le visage, elle fixe le drapeau sur la clôture où les jihadistes attachaient autrefois les têtes coupées de leurs victimes. Les photos ont fait le tour du monde.

Sur le front, on peut la croiser les épaules couvertes par un keffieh palestinien ou un foulard traditionnel décoré de fleurs colorées, ses cheveux noirs de jais ramenés en tresse.

La trentenaire à la peau mate peut se targuer d'avoir dirigé la première phase de l'Offensive "Colère de l'Euphrate", avant de faire partie du haut commandement lors des phases suivantes qui ont permis  de chasser les jihadistes de Raqa, après des mois de combats meurtriers.

Originaire de Qamichli, dans le nord-est syrien, elle n'a donc rien à envier à ses modèles, qu'elle nomme dans les entretiens accordés à la presse: la révolutionnaire communiste Rosa Luxembourg, mais aussi Napoléon ou encore Saladin, le guerrier de l'islam, d'origine kurde, qui s'empara de Jérusalem au XIIe siècle.

Pour Nesrine Abdullah, porte-parole des Unités de protection de la Femme (YPJ), force kurde exclusivement féminine, le geste de Rojda sur la place al-Naïm est symbolique.

- Drapeau de la victoire -

"Brandir le drapeau de la victoire dans la capitale de (l'EI), qui menait les pires atrocités contre la femme, transformée en esclave à son service, en machine pour assouvir ses désirs", s'enthousiasme-t-elle.

"C'est une combattante qui représente la femme libre, une combattante qui lutte pour la liberté de la femme", poursuit Mme Abdullah, précisant que Mme Felat a contribué à la création des YPJ.

Aujourd'hui acculés dans leurs derniers bastions en Irak et en Syrie, les jihadistes ont imposé pendant de longues années leur règne de terreur sur les territoires conquis après leur montée en puissance en 2014.

Et les femmes n'échappaient pas aux persécutions, lapidées quand elles sont soupçonnées d'adultère ou vendues comme esclave sexuelle, à l'instar des femmes de la minorité yazidie.

Ces camarades des YPJ ne tarissent pas d'éloge à son égard: "l'esprit de camaraderie, l'esprit de groupe, toujours la conscience de notre responsabilité", confie Jihan Cheikh Ahmed, porte-parole de l'offensive Colère de l'Euphrate.

"Ce sont des caractéristiques que l'on retrouve chez les Unités de protection de la Femme, et toutes les commandantes, en particulier Rojda, incarnent cette personnalité", poursuit-elle.

Mardi, sur la place al-Naïm --paradis, en arabe--, rebaptisé rond-point de l'enfer à l'époque des jihadistes, Rojda Felat a salué un moment "historique".

"C'est difficile d'exprimer notre joie: nous sommes reconnaissant à nos camarades martyrs et tous ceux qui ont oeuvré à la libération de Raqa", a-t-elle confié dans une vidéo postée sur la chaîne Youtube des combattants kurdes.


"C'est un moment historique, on sait qu'il va changer beaucoup de choses", a-t-elle avancé.
 
2 commentaires - Rojda Felat, commandante kurde et visage de la victoire contre l'EI à Raqa
  • Ce sont des femmes très courageuses,vu un reportage d'investigation sur ces combattantes qui gardaient sur elles une grenade pour se faire exploser pour ne pas avoir à subir les pires sévices faites aux femmes par les Islamistes,certaines n'avaient que 17 ans.

  • Cette femme est extraordinaire. Courageuse et décidée, elle est la valeureuse représentante d'un peuple kurde, peuple vaillant et malheureusement opprimé par ses voisins irakiens et turcs. Cette femme mérite le prix Nobel de la Paix.

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