Référendum en Turquie: des étudiants en campagne pour éclairer le débat

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 Des étudiants en droit expliquent aux passants les enjeux du référendum constitutionnel, le 11 avril 2017 à Istanbul

Des étudiants en droit expliquent aux passants les enjeux du référendum constitutionnel, le 11 avril 2017 à Istanbul

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© AFP, OZAN KOSE
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AFP, publié le jeudi 13 avril 2017 à 16h48

Référendum en Turquie: des étudiants en campagne pour éclairer le débat sur la réforme constitutionnelle envisagée par le président Erdogan

Harcelé par deux sonos qui crachent à plein volume des slogans pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan soumis à référendum dimanche, Umut s'efforce d'injecter un peu de raison dans le débat.

Avec une poignée d'amis, cet étudiant en droit interpelle les passants sur une place d'Eminönü, quartier dans le cœur historique d'Istanbul, avec une question simple : comprennent-ils la réforme constitutionnelle sur laquelle ils sont appelés à se prononcer dimanche ?

"Quand on regarde autour de nous, on voit que le texte constitutionnel n'est absolument pas débattu du point de vue du droit", se lamente Umut. "Tout le débat se concentre sur le volet politique, personne n'étudie les changements article par article", dit-il.

Alors, avec quelques camarades d'université, il a décidé d'aller à la rencontre des Turcs pour tenter d'éclairer le débat sur une révision qui, si elle passe, transformerait en profondeur le système politique turc.

Le scrutin s'annonce serré, et la campagne a donné lieu à des échanges particulièrement violents. Le président Erdogan répète à l'envi -ce qu'il a fait jeudi encore- que les partisans du non font le jeu des "terroristes" et des "putschistes".

Dans un pays extrêmement polarisé autour de la figure de M. Erdogan, les observateurs estiment que le vote des électeurs sera guidé par leur adhésion ou leur rejet du président, plutôt que par le contenu de la réforme constitutionnelle, relativement complexe.

- Ni oui, ni non -

"Nous n'agissons ni pour la campagne du oui, ni pour la campagne du non", souligne Nur Ozdemir, une autre étudiante en droit. "Nous sommes du côté du droit, et nous essayons d'expliquer les choses aux gens du point de vue de la législation", dit-elle à l'AFP.

Leur principal message est de souligner que le texte proposé renforcera considérablement les pouvoirs de M. Erdogan, mais également de ceux qui lui succéderont à la présidence.

Aux termes du projet de révision constitutionnelle soumis à la consultation populaire dimanche, le poste de Premier ministre sera supprimé et ses pouvoirs transférés au président, qui deviendra l'unique détenteur du pouvoir exécutif.

L'initiative de ces jeunes étudiants semble rencontrer un intérêt certain : plusieurs passants s'arrêtent, échangent avec eux, posent des questions sur tel ou tel point du texte composé de 18 articles.

"La plupart des questions posées par les électeurs indécis est de savoir si les attentats terroristes prendront fin, ou si les problèmes économiques seront réglés" en cas de victoire du oui, indique l'une des jeunes volontaires, Tutku Sen, âgée de 22 ans.

Tugba Ozbek demande à son mari de l'attendre pendant qu'elle écoute ce que les jeunes étudiants lui expliquent.

"J'ai mes propres opinions, elles ne changeront pas, mais j'avais envie d'écouter ce qu'ils ont à dire", dit à l'AFP cette femme voilée.

"Pour le dire clairement, je trouve qu'il n'y a rien à objecter sur les propositions contenues dans la réforme constitutionnelle", précise-t-elle.

"Nous voulons le système présidentiel, non pas pour Recep Tayyip Erdogan, mais pour que la Turquie aille mieux", ajoute-t-elle.

Les partisans de cette réforme soutiennent qu'elle est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l'Etat, et permettre à l'exécutif de prendre des décisions plus rapides.

Mais ses opposants dénoncent un texte écrit sur-mesure pour M. Erdogan, qu'ils accusent de dérive autoritaire. Si le oui l'emporte dimanche, l'actuel président turc pourrait en théorie rester au pouvoir jusqu'en 2029.

Un autre passant, Osman Tas, s'arrête brièvement pour échanger avec les étudiants. "Ce que ces jeunes font est une bonne chose. Ca ne sert à rien d'accrocher des drapeaux partout et de ruiner le pays", déclare-t-il. "De toute évidence, il faut parler aux gens".

 
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