Prise d'otages de Beslan: la Russie condamnée pour défaillances

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Des proches des victimes du massacre à l'école de Beslan, en Russie, ici le 3 mars 2005

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AFP, publié le jeudi 13 avril 2017 à 22h05

Justice: Moscou condamné pour "graves défaillances" dans la gestion de la prise d'otages de Beslan en 2004 par la CEDH

La Russie aurait pu empêcher la prise d'otages de Beslan en 2004 et a fait preuve de graves défaillances dans sa gestion, a jugé jeudi la Cour européenne des droits de l'Homme, une décision qualifiée d'"inadmissible" par Moscou.

Le drame de Beslan est la prise d'otages la plus meurtrière de l'Histoire avec plus de 330 morts.

Selon l'instance du Conseil de l'Europe basée à Strasbourg, les autorités russes disposaient, "au moins quelques jours avant les faits", de suffisamment "d'informations précises sur un projet d'attaque terroriste dans la région, lié à la rentrée scolaire".

D'où des mesures de prévention "insuffisantes", selon les juges qui notent que ni l'administration de l'école ni le public présent en ce jour de rentrée scolaire n'avaient été prévenus.

La Cour a condamné Moscou à verser au total 3 millions d'euros aux 409 requérants.

Le 1er septembre 2004, un commando islamiste, composé de Tchétchènes et d'Ingouches, avait fait irruption dans cette école d'Ossétie du nord et y avait pris en otages 1.200 personnes, en exécutant plusieurs. 

Cinquante-deux heures durant, parents et enfants avaient vécu un calvaire, privés d'eau, les tentatives de négociations entre les autorités et les preneurs d'otages ne donnant que de maigres résultats. Le 3 septembre, une double explosion à l'intérieur du gymnase avait semé la panique, les enfants tentant de fuir sous les tirs des preneurs d'otages. Ces explosions, dont l'origine n'est pas entièrement déterminée, avaient poussé les forces spéciales à donner l'assaut dans un chaos total.

A la fin de l'opération, plus de 330 civils avaient été tuées, dont 186 enfants, plus de 700 blessées, et 12 membres des forces spéciales avaient perdu la vie.

Selon la CEDH, les autorités n'ont pas planifié cette opération en en minimisant les risques. La Cour pointe notamment les défaillances de la structure de commandement et le manque de coordination.

Quant à l'assaut lui-même, si l'utilisation d'une force létale était "justifiée", "un usage aussi massif d'explosifs et d'armes frappant sans discernement ne peut être considéré comme absolument nécessaire", a estimé la Cour.

"Pour un pays qui a été soumis à de nombreuses reprises à des attaques terroristes, (...) pour un pays qui a été attaqué, ces formulations sont absolument inadmissibles", a protesté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

- 'Incompréhension flagrante' -

Les requérants - 409 citoyens russes, certains ayant été pris en otages et blessés, d'autres faisant partie de familles de victimes - s'étaient en partie appuyés dans leur plainte sur des témoignages soutenant que les soldats avaient usé aveuglément de la force sur le bâtiment dans lequel rebelles et otages étaient mêlés.

Pour Susanna Doudieva, qui a perdu son fils Zaour lors de la prise d'otages, la décision de la CEDH est "positive". "Cela fait 12 ans que nous cherchons la vérité, que nous essayons de nous faire entendre", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'avocat Sergueï Kniazkine, qui représente des proches de victimes, a pour sa part salué la reconnaissance de l'emploi disproportionné de la force et de la négligence des autorités locales, tout en regrettant le faible montant des compensations.

"Le principal est d'arriver à ce que les responsables soient traduits devant la justice. Nous allons tenter de saisir la Cour suprême pour que leur négligence soit reconnue" par la justice russe, a-t-il affirmé.

La justice russe avait établi qu'il n'y avait aucun lien entre les actions des forces de l'ordre et les "issues négatives" de l'assaut. Les policiers furent amnistiés ou acquittés des accusations de négligences.

"Les conclusions de la Cour (...) montrent une incompréhension flagrante de la part des juges européens de toute la gravité de la situation" à l'époque, a accusé jeudi le ministère russe, qui compte contester cet arrêt.

Moscou a trois mois pour demander un renvoi devant la Grande chambre de la CEDH, demande qui serait alors examinée par un panel de juges qui décideront de l'accepter ou non.

En 2011, la CEDH avait déjà condamné la Russie à payer 1,254 million d'euros à 64 ex-otages ou proches de victimes de la Doubrovka, théâtre moscovite dans lequel 912 otages avaient été retenus pendant trois jours par des rebelles réclamant le retrait des troupes russes de Tchétchénie.

La prise d'otages s'était achevée par un assaut des forces spéciales, qui avaient utilisé un gaz neutralisant à la composition inconnue.

 
32 commentaires - Prise d'otages de Beslan: la Russie condamnée pour défaillances
  • c est quoi cette cour europeennne pourquoi cette cour ne condamne pas les crimes commis par les americains les juifs les francais les anglais et j en passe parce que c est une cour de recreation parce qu elle obeit au coup de sifflet americain et sioniste

  • Facile de juger les autres,et si nous parlions de nos carences à nous ,faisons un examen de nos lacunes !

  • A quant une condamnation des USA pour les morts de N Y ? tout cela est totalement ridicule.

  • La Russie n'adhère pas à la cour européenne de justice pas plus qu'au TPI et ne tiendra jamais compte de ces sanctions qui sont plus symboliques qu'effectives. La Russie comme les USA ou la Chine, sont des pays qui veulent bien juger les autres pour crimes de guerre ou crimes contre l'humanité mais ne jamais risquer d'être jugés eux mêmes.

  • La Russie n'adhère pas à la cour européenne de justice pas plus qu'au TPI et ne tiendra aucun compte de ces sanctions qui sont plus symboliques qu'effectives. Tout comme les USA ou la Chine, c'est un de ces pays qui veulent bien juger les autres pour crimes de guerre ou crimes contre l'humanité mais ne jamais risquer d'être jugés eux mêmes.

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