Présidentielle en Mongolie: un deuxième tour inédit

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 Un bureau de vote dans une yourte en Mongolie, le 26 juin 2017

Un bureau de vote dans une yourte en Mongolie, le 26 juin 2017

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© AFP, Fred DUFOUR
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AFP, publié le mardi 27 juin 2017 à 12h22

La Mongolie organisera un inédit second tour de la présidentielle le 9 juillet, ont indiqué mardi les autorités, dans un climat tendu par la demande de recomptage des voix d'un candidat "anti-establishment" éliminé de peu.

Les trois prétendants au poste suprême -- un éleveur de chevaux, un ex-athlète et un maître de géomancie chinoise --, étaient tous visés par des accusations de corruption dans cet immense pays peu peuplé coincé entre la Russie et la Chine.

Le magnat de l'immobilier et ex-lutteur Khaltmaa Battulga, du Parti démocrate (PD), actuellement dans l'opposition, a recueilli 38% des voix, a indiqué le Comité électoral général. Le candidat appartient à la même formation que le président sortant.

Son score est bien en-deçà des 51% nécessaires à une élection directe dès le premier tour. C'est donc la première fois qu'un second tour d'une élection présidentielle sera organisé en Mongolie depuis l'accession de ce pays à la démocratie.

Mieygombo Enkhbold, dont le Parti du peuple mongol (PPM) est majoritaire au Parlement, a lui engrangé un peu plus de 30% des suffrages. Ex-Premier ministre et maire d'Oulan-Bator, il est considéré comme le candidat de "l'establishment".

Derrière lui, un troisième homme a failli bousculer l'échiquier politique traditionnel mongol: Sainkhuu Ganbaatar, ex-responsable syndical et candidat du Parti révolutionnaire du peuple mongol (PRPM), a terminé à seulement ...0,1 point du deuxième. 

- 'Manipuler les chiffres' -

"Nous devons recompter (les voix). Sinon nous perdrons notre démocratie", a-t-il déclaré mardi à l'AFP. "Ils bafouent le vote du peuple".

Son parti a officiellement demandé un recomptage des voix au Comité électoral général, et prévoit d'engager une démarche similaire auprès des tribunaux.

Plus tôt dans la journée, le report de plusieurs heures de la proclamation des résultats du scrutin avait provoqué la colère de ses partisans, qui considéraient ce retard avec suspicion.

Le chef du Comité électoral général Choizon Sodnomtseren a justifié le délai par la dégradation volontaire d'un câble haut-débit dans une province. Il a dénoncé un acte de "sabotage délibéré" qui a empêché les résultats de nombreux bureaux de vote d'être comptabilisés avant mardi matin.

"Le Comité a délibérément orchestré des retards dans la publication (...) Nous pensons qu'ils sont en train de manipuler les chiffres", avait tonné Erdenebileg Erdenejamiyan, un haut responsable du parti, avant la proclamation des résultats.

Des steppes éloignées jusqu'aux faubourgs de la capitale, les électeurs de Mongolie, vaste pays de trois millions d'habitants -- dont un gros tiers d'éleveurs nomades -- avaient voté lundi, souvent dans des yourtes transformées en bureaux de vote.

La campagne s'est déroulée dans un climat délétère, les trois candidats étant mis en cause dans des scandales de corruption.

- Chevaux et secte -

Enkhbold (arrivé 2e), qui se dépeignait en humble éleveur de chevaux, a ainsi été accusé d'avoir monnayé des emplois publics contre l'équivalent de 20 millions d'euros, tandis que Battulga (1er) était soupçonné de détenir des comptes à l'étranger.

Ganbaatar (3e), ex-maître de feng shui (géomancie chinoise), a tenu un discours volontiers populiste face aux scandales où s'empêtraient ses adversaires. Il n'a cependant pas échappé aux controverses: il lui est reproché d'avoir touché un don illégal de 40.000 euros de la secte sud-coréenne Moon.

Ces affaires ont étouffé tout débat sur la conjoncture économique, à l'heure où la Mongolie reste enfoncée dans la pauvreté malgré la richesse de ses ressources minières.

Victime de la chute des cours du cuivre et de l'essoufflement économique de son grand voisin chinois, le pays a vu sa croissance s'effondrer à 1% l'an dernier, contre 17% en 2011.

Le chômage touche 9% de la population active et Oulan-Bator a accepté début 2017 un prêt de 5,5 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) élaboré par le Fonds monétaire international (FMI).

yan-str-jug/ehl/lb

 
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