Pékin "a tué" Liu Xiaobo, selon le dissident Chen Guangcheng

Pékin

Le dissident chinois réfugié aux Etats-Unis, Chen Guangcheng, après l'annonce de la mort du Nobel de la Paix Liu Xiaobo, le 13 juillet 2017 lors d'une interview avec l'AFP à Bethesda, dans le Maryland

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AFP, publié le vendredi 14 juillet 2017 à 08h58

Le célèbre dissident chinois réfugié aux Etats-Unis Chen Guangcheng a accusé jeudi le parti communiste chinois d'avoir "tué" Liu Xiaobo, et appelé la communauté internationale à accentuer la pression sur Pékin, notamment pour obtenir la libération de sa veuve.

"Il ne faut pas voir cette mort comme une mort naturelle, normale", a déclaré le dissident, alors que Liu Xiaobo est décédé d'un cancer dans un hôpital du nord-est de la Chine. 

"Il a été tué par le Parti communiste chinois, délibérément tué par eux. Il y a quelques jours encore, le Parti communiste faisait circuler la nouvelle que Liu Xiaobo pouvait marcher, s'alimenter, et tout d'un coup, il meurt: cela crée une énorme suspicion", a déclaré à l'AFP Chen Guancheng, dans une interview téléphonique depuis Washington, où il habite depuis qu'il a fui la Chine en 2012.

M. Chen, qui s'exprimait via une interprète, a estimé que Pékin avait refusé de laisser Liu Xiaobo sortir de Chine pour se faire soigner en partie car, "s'il avait été vu par des docteurs hors de Chine, ils auraient fait toute une batterie d'examens (...) qui auraient probablement révélé qu'ils lui avaient nui avec un traitement médicamenteux ou d'autres choses du même genre".

"En tant que lauréat du prix Nobel de la paix s'exprimant franchement, il aurait sans doute dit ouvertement ce qui lui arrivait, et cela aussi le Parti communiste chinois voulait l'éviter", a affirmé M. Chen.

Alors que de nombreux responsables mondiaux ont rendu hommage au prix Nobel de la paix, certains n'hésitant pas à critiquer Pékin pour avoir refusé de le laisser partir à l'étranger, M. Chen a estimé que "la communauté internationale pourrait et devrait en faire beaucoup plus". 

Le récent sommet du G20 à Hambourg, auquel participait le président chinois Xi Jinping, aurait pu être "une formidable occasion de parler ouvertement de la situation de Liu Xiaobo", de "faire pression sur le Parti communiste chinois pour qu'il agisse, puisque ce qu'il redoute le plus, c'est la gêne", a-t-il fait valoir. 

"Mais beaucoup de dirigeants et de pays ont choisi la voie de l'apaisement. Je crois que ce n'est pas de ça dont nous avons besoin, je crois que ce n'est pas efficace, il faut parler ouvertement et fortement".

Pour M. Chen, la communauté internationale doit maintenant "s'exprimer très fermement" pour obtenir la libération de sa veuve, Liu Xia, actuellement en résidence surveillée.

"Si la communauté internationale proteste très fermement, il y a de fortes chances qu'ils la relâcheront et la laisseront partir à l'étranger", a-t-il estimé.

M. Chen avait provoqué des remous diplomatiques lorsqu'il avait fui en 2012 sa résidence surveillée pour se réfugier à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin, une semaine avant la visite en Chine de l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Il s'était ensuite envolé pour les Etats-Unis, la Chine l'ayant autorisé à étudier à l'étranger après d'âpres négociations diplomatiques.

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