Palestiniens et Israéliens sur leurs gardes avant un vote sur Hébron à l'Unesco

Palestiniens et Israéliens sur leurs gardes avant un vote sur Hébron à l'Unesco

Une vue sur le tombeau des Patriarches qui abriterait la dépouille d'Abraham, père des trois religions monothéistes, le 29 juin 2017 à Hébron

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AFP, publié le jeudi 06 juillet 2017 à 20h11

L'Unesco est de nouveau le champ clos d'un affrontement entre Israéliens et Palestiniens avant une décision concernant la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, qui pourrait être déclarée "zone protégée".

Hébron abrite une population de 200.000 Palestiniens et de quelques centaines de colons israéliens, retranchés dans une enclave protégée par des soldats près du lieu saint que les juifs appellent tombeau des Patriarches et les musulmans mosquée d'Ibrahim.

Une commission de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) doit voter vendredi une résolution, présentée par les Palestiniens, déclarant la vieille ville de Hébron, y compris la partie où sont installés les colons, "zone d'une valeur universelle exceptionnelle".

Les Palestiniens estiment que le site est menacé en raison d'une montée "alarmante" du vandalisme contre des propriétés palestiniennes dans la vieille ville, qu'ils attribuent aux colons israéliens.

Mardi, lors d'un autre vote, cette commission de l'Unesco avait adopté une résolution condamnant les actions d'Israël à Jérusalem, qui a suscité la colère de responsables israéliens.

Ces derniers estiment que la résolution sur Hébron, qui qualifie cette ville "d'islamique", nie une présence juive de 4.000 ans.

Le tombeau des Patriarches abriterait la dépouille d'Abraham, père des trois religions monothéistes, de son fils Isaac, de son petit-fils Jacob et de leurs épouses Sarah, Rebecca et Léa.

Le vote du texte palestinien serait considéré comme une victoire pour la diplomatie palestinienne tout en étant dénoncé par Israël comme une nouvelle preuve de la partialité d'un organisme dépendant de l'ONU.

En mai, Israël avait rejeté une résolution de l'Unesco sur le statut de Jérusalem le présentant comme "puissance occupante", avant d'empêcher récemment des chercheurs de cette organisation d'effectuer une visite à Hébron.

- 'Fake news' -

Le vote, qui nécessite une majorité des deux tiers parmi les représentants des 21 pays appelés à se prononcer, risque d'être serré.

La représentante américaine à l'ONU Nikki Haley a ouvertement soutenu la tentative d'Israël de bloquer la résolution sur Hébron.

Alaa Shahin, membre de la municipalité de Hébron, estime qu'un vote favorable de l'Unesco "aiderait à soutenir le tourisme" et "les efforts des Palestiniens à empêcher toute tentative de destruction".

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a assimilé le projet palestinien à une "fake news" (fausse nouvelle).

"Ils tentent de réécrire l'histoire juive et de la région", a-t-il proclamé, en accusant l'Autorité palestinienne de prétendre que le tombeau des Patriarches "fait partie de l'héritage national palestinien".

En un demi-siècle d'occupation israélienne, Hébron est devenu un lieu de conflit permanent. Quelques centaines de colons protégés par des centaines d'autres soldats vivent dans un réduit au centre-ville qui est partiellement interdit d'accès pour les Palestiniens.

A l'époque du mandat britannique sur la Palestine, une communauté juive vivait à Hébron avant d'être contrainte de partir à la suite du meurtre de 67 juifs en 1929.

En 1994, un colon israélo-américain, Baruch Goldstein, a ouvert le feu dans la mosquée d'Ibrahim tuant 29 fidèles musulmans en prière avant d'être lynché.

Actuellement, les échoppes du marché de la vieille ville sont en grande partie vides. Des filets ont été placés au-dessus des magasins pour les protéger des bouteilles et autres détritus lancés par des colons, selon les commerçants.

Deux d'entre eux ne cachent pas un certain scepticisme.

"Ces discours, c'est du vide", affirme à l'AFP Jamal Muragh en prévoyant que le gouvernement israélien ne tiendra pas compte d'une résolution de l'Unesco.

Fayer Abou Afifih estime lui qu'un vote favorable aurait malgré tout une "valeur symbolique importante, car il s'agirait d'un message adressé au monde affirmant que la mosquée d'Ibrahim est uniquement islamique".

 
3 commentaires - Palestiniens et Israéliens sur leurs gardes avant un vote sur Hébron à l'Unesco
  • Si il y a quelqu'un qui a un comportement de voyou dans cette affaire , se n'est pas les palestiniens ,

  • humaminor  (privé) -

    Avec cet argument du droit ancestral du sol, les Amérindiens vont pouvoir se réapproprier leurs terres sur le continent nord-américain. Nous avons bien compris que ce qui est un droit pour les uns n’est pas acceptable pour les autres. Heureusement pour le monde quelques organisations internationales représentatives d’une majorité de citoyens du monde essaient d’apporter équité et justice. Cela nous change de la loi partiale du plus puissant.

  • L'article parle de colons israéliens cela veut dire en bon français que le gouvernement israélien est en train de coloniser un pays qui appartient à d'autres habitants...

    C'est bien cela, et le tout en contradiction avec le droit international mais avec la lâche complicité de la communauté internationale !!!

    Oui, mais là-bas on ne parle pas le Français mais l'Arabe ou l'Hébreu. Ca n'a donc pas le même sens

    votre maniére de voir lhistoire est trop partial ,à quand un vrai article sans placer les israeliens comme des colons.

    c'est tout à fait le cas, vous avez très bien compris d'ailleurs sur le passeport de Golda Meïr avant la création de l'entité Juive, il était écrit Gouvernement de Palestine

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