Nouvelle-Zélande: les chefs de partis en mission pour séduire un arbitre populiste

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 Le Premiier ministre néo-zélandais Bill English et sa femme Mary, le 23 septembre 2017 à Auckland

Le Premiier ministre néo-zélandais Bill English et sa femme Mary, le 23 septembre 2017 à Auckland

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© AFP, MICHAEL BRADLEY
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AFP, publié le dimanche 24 septembre 2017 à 09h14

Les deux principaux partis politiques de Nouvelle-Zélande se préparaient dimanche à lancer des négociations pour former un gouvernement de coalition avec un franc-tireur populiste placé en position de faiseur de roi grâce à des législatives indécises.

Le Premier ministre sortant Bill English, 55 ans, et son Parti national (PN, centre-droit) aimeraient trouver un accord le plus vite possible. Sa rivale de l'opposition travailliste Jacinda Ardern voudrait au contraire que tous les votes postaux et votes de l'étranger soient comptabilisés d'ici deux semaines avant tout accord définitif.

M. English semblait être en meilleure position que Mme Ardern pour former un cabinet de coalition. Pour y parvenir, les travaillistes devront réussir le tour de force de rassembler des partis minoritaires que tout sépare.

Le PN a réalisé un bon score samedi en obtenant 46% des suffrages, soit 58 sièges, trois de moins que la majorité absolue de 61 sièges.

Le Parti travailliste a obtenu 35,8% des voix (45 sièges), un résultat décevant compte-tenu des espoirs suscités par la nomination à sa tête de la charismatique Mme Ardern, 37 ans. Si les Verts acceptaient de rejoindre les travaillistes, le nombre de sièges serait porté à 52.

Ce qui signifie que M. English comme Mme Ardern ont besoin des neuf sièges recueillis par le parti populiste et anti-immigration "Nouvelle Zélande d'abord" (NZF) du député Winston Peters pour réunir la majorité nécessaire à la formation d'un gouvernement.

Tandis que Bill English et Jacinda Ardern s'apprêtaient à plaider leur cause auprès de M. Peters, celui-ci est allé à la pêche dimanche non sans avoir prévenu: les chefs des grands partis peuvent prendre des décisions "mais ils n'ont pas en main les cartes qui comptent".

M. Peters, 72 ans, d'origine maorie et écossaise, a multiplié les exigences durant la campagne. Il a fait savoir qu'il allait consulter son parti et "alors nous vous dirons ce que nous sommes prêts à faire".

M. Peters est connu pour ses prises de position contre l'immigration asiatique et son protectionnisme. Mais c'est un pragmatique qui a montré par le passé qu'il savait se ranger du côté le mieux disant.

- 'Dernier mot' -

Il avait en 1996 aidé les conservateurs à prendre le pouvoir contre un poste de vice-Premier ministre. En 2005, il avait rejoint une coalition travailliste en échange des Affaires étrangères.

M. English a expliqué que des mesures avaient été prises pour organiser un rendez-vous avec le député populiste mais s'est refusé à dire ce qu'il y avait sur la table.

"Nous voulons nous mettre au travail et former un gouvernement mais nous allons travailler avec NZF à leur rythme", a-t-il déclaré. "Notre position est que près d'un Néo-Zélandais sur deux soutient le PN et que les électeurs nous ont chargés de former un gouvernement avec NZF".

Les votes postaux et de l'étranger représentent environ 15% du total et Mme Ardern veut croire qu'elle y trouvera de la réserve. 

"C'est difficile d'avancer sans savoir ce qu'il en est avec ces 15%", a-t-elle déclaré. "Les partis demandent un peu plus de temps pour étudier leurs positions et connaître le contenu des votes spéciaux. On veut que tous les bulletins soient comptabilisés avant de commencer à former un gouvernement".

Le directeur de campagne travailliste Phil Twyford a assuré que le NZF avait plus de choses en commun avec le centre gauche qu'avec les conservateurs.

Mais difficulté supplémentaire pour le camp travailliste: il doit réussir à faire se côtoyer des ennemis jurés, NZF et les Verts.

Les Verts ont suscité l'ire de M. Peters en qualifiant de "racistes" ses prises de positions sur l'immigration. Le député les avait prévenus qu'il y aurait des "conséquences".

Le dirigeant des Verts James Shaw ne semblait pas très optimiste quant aux possibilités que le septuagénaire irascible tourne la page des discordes passées pour rejoindre une coalition avec les travaillistes et les Verts.

"Bon, c'est peu probable, hein. Mais si on regarde le fait que trois partis d'opposition disposent ensemble de 61 sièges, c'est possible. Nous pourrions former un gouvernement", a déclaré M. Shaw. "C'est Winston Peters qui aura le dernier mot".

 
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