Migrants : l'Italie hausse le ton face à ses voisins

Chargement en cours
 Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, le 12 juillet 2017 à Trieste

Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, le 12 juillet 2017 à Trieste

1/2
© AFP, TIZIANA FABI
A lire aussi

AFP, publié le samedi 22 juillet 2017 à 15h20

L'Italie hausse le ton face à plusieurs de ses voisins de l'Est qui lui réclament de stopper l'arrivée de migrants sur son sol, Rome faisant de plus en plus pression sur l'Europe pour qu'elle prenne une juste part dans la gestion de la crise migratoire.

La riposte, cinglante, est venue vendredi du chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a dit n'accepter "ni les leçons et encore moins les paroles menaçantes" de certains de ses voisins en matière de politique migratoire. 

"Nous faisons notre devoir et nous attendons que l'ensemble de l'Europe en fasse de même, aux côtés de l'Italie", a ajouté M. Gentiloni, faisant clairement allusion aux demandes insistantes en provenance d'Autriche et de quatre pays voisins (Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie) pour que l'Italie ferme ses portes.

Dernière en date, celle du Premier ministre Hongrois Viktor Orban qui, dans son intervention radiophonique hebdomadaire, s'est fait vendredi le porte-parole de ses homologues polonais (Beata Szydlo), tchèque (Bohuslav Sobotka) et slovaque (Robert Fico) en évoquant une lettre conjointe récemment adressée en ce sens à Paolo Gentiloni.

Offrant leur aide à l'Union européenne, notamment financière, les quatre dirigeants proposent de créer des conditions de vie humaines dans les centres d'accueil situés hors d'Europe et d'exclure les répartitions forcées de migrants sur le continent.

Dans son intervention, Viktor Orban est allé plus loin, estimant que l'Italie se trouvait face à deux options : soit "ils ferment leurs portes", soit ils acceptent l'aide qui leur est offerte.

Parlant toujours au nom du quatuor, M. Orban a dit soutenir la récente proposition des ministres de l'Intérieur allemand et italien "qui ont tous les deux dit que l'immigration devrait être arrêtée en Libye", n'excluant pas une intervention militaire pour y parvenir.

Jeudi, c'est le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz, 30 ans, qui avait appelé l'Italie à ne plus transférer sur le continent les migrants débarquant sur ses îles.

L'Autriche avait aussi brandi début juillet la menace d'un déploiement de militaires à sa frontière avec la péninsule si le flux de migrants ne ralentissait pas, suscitant la colère de Rome. 

- Solidarité -

Même si elle ne cesse de réaffirmer qu'elle continuera à faire "son devoir" en matière d'accueil et de solidarité envers les migrants, l'Italie se fait aussi plus pressante depuis quelques mois envers ses partenaires européens afin qu'ils fassent preuve de plus de solidarité.

Le pays se plaint régulièrement d'être insuffisamment soutenu par l'UE face à un afflux de migrants sans précédent, vis-à-vis duquel il est en première ligne.

Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) 111.514 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le premier janvier, dont 85% en Italie. Quelque 2.360 sont morts en tentant la traversée.

Face à cette pression de plus en plus difficile à soutenir, le gouvernement italien multiplie les initiatives mais aussi les signes de fermeté.

Début juillet, il avait brandi la menace de bloquer l'entrée de ses ports aux bateaux étrangers transportant des migrants secourus en mer, plaidant pour déplacer en Libye le processus de demande d'asile de façon à pouvoir acheminer en toute sécurité en Europe les migrants retenus.

Il vient de proposer à Bruxelles, qui a donné son feu vert, l'adoption d'un code de conduite destiné aux ONG. Un décalogue de mesures prévoyant notamment l'interdiction pour les navires humanitaires d'entrer dans les eaux territoriales libyennes ou encore l'obligation d'accueillir à bord des représentants de la police judiciaire spécialisés dans le trafic d'êtres humains.

L'Italie a également demandé que soient apportées des modifications techniques à la mission européenne Sophia, qu'elle dirige. Décidée en mai 2015, Sophia a pour objectif de lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée et doit être reconduite à partir du 28 juillet.

Avant de se prononcer sur ce prolongement, Rome souhaite notamment obtenir une aide accrue aux gardes-côtes libyens pour que davantage de sauveteurs puissent intervenir dans les eaux libyennes. 

bur-fio/ole

 
28 commentaires - Migrants : l'Italie hausse le ton face à ses voisins
  • Cette tension entre membres de l'UE, après d'autres anomalies (exemple: celle d'avoir vu la Pologne délocaliser Whirlpool de chez nous) ne montre pas seulement combien est chaotique et non solidaire l'UE avec Merkel en fait à sa tête.
    Mais l'on voit aussi que les membres voisins de l'Italie ne sont pas dépourvus de capacités financières. Au lieu d'être prévues pour une chasse générale des migrants n'auraient elles pas dû servir à aider la France dans le combat militaire que nous sommes seuls à mener contre Daesh pour défendre l'Europe ?

  • ça part d'une bonne intention mais ce n'est pas assez ferme. Il faut le faire, c'est tout et dissoudre tous ces voyous humanitaires qui vivent sur la misère!
    ça serait utile!
    Interdire que sorros s'en occupe, il est Américain, ce qui se passe en Europe ne le regarde pas.
    Il faut aussi vider les prisons et renvoyer chez eux ces gens qui ne sont pas adaptable à la France.
    Vivre en France doit devenir un privilège, on doit bien se tenir si on veut vivre en France, être Français, ça veut dire quelque chose, quand on hait la France et les Français, on n'a pas à y vivre.
    Quelqu'un qui a plus de dix condamnations et qui tue, c'est totalement anormal, les différents juges devraient être démis de leurs fonctions.
    Le problème de la France, ce sont tous ces fonctionnaires qui ne font pas leurs travail, ces gens qui freinent le pays.
    Il y a des choses hallucinantes dans les administrations!!!
    Voilà, si on remettait avec fermeté un peu d'ordre dans tout ça, la France et les Français iraient mieux!

    Ne mélangezz pas tout, premièrement on parle de l'Italie et pas de la France et deuxièmement un peu facile de tout mettre sur le dos des fonctionnaires.

  • ils font leur devoir , alors qu'ils assument
    il est facile de refuser l'acces aux bateaux , l'australie l'a fait et cela a résolu rapidement le problème
    plus personne ne tente la traversée

    Et tu continues à comparer ce qui n'est pas comparable, vivarais...

    idem en Grece où l'accord de reconduite avec la Rurquie a tari le flux.

    Vous qui citez régulièrement les évangiles, n'y avez vous rien trouvé pour justifier votre position sur l'accueil des réfugiés ?

    Il est vrai que depuis la Syrie ou la Libye, il faut un bonne dose de courage pour partir sur des bateaux en ruine et vouloir rejoindre l'Australie. Mais, vous avez raison, Vivarais. Ils sont forts, ces Australiens. Avez vous remarqué que peu débarquent aussi sur les côtes portugaises continentales, votre future patrie. Ils doivent forcément avoir la même politique que les australiens. La situation géographique n'entre pas en compte.

    loumi17 ceci explique cela ; voilà pourquoi un pays consacrant la totalité de ses ressources pour ses ressortissants est pasé de 17% à 9% de chomeurs en un peu plus d'un an
    et le chiffre continue de décroitre

    Le taux de chômage en Australie était de 4.24 % en 2008, il est actuellement de 5.64% (avec un pic à 5.9 il y a quelques mois). Lorsque Turnbull est arrivé au pouvoir en 2015, il était de 5.6. Pour info, si l'on remonte à 1980, le taux le plus élevé a été de 10.88. (imaginez vous à quoi correspondent vos 17% ?)

    Il y avait aussi pendant la guerre des affiches comparant le nombre de juifs au nombre de chômeurs, Vivarais. Votre discours simpliste en est très proche.

  • ils vont les chercher au large de la Lybie ....!!afin de les ramener en Italie ...
    alors gardez les ...!!!ou ramenez les au point de départ .....sinon le flux n'arrêtera jamais ...nous n'avons plus rien a leur offrir ...

  • qu'ils cessent d'aller les récupérer !

    bien répondu de plus on les remet dans un autre bateau et onles ramenent chez eux une fois de fois ils vont comprendre ensuite ils ne reviennent plus,mieux il faut les aider chez eux

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]