Même interdite, la GPA attire les Cambodgiennes pauvres

Chargement en cours
 Puth Sar, village pauvre dans la province de Takeo (sud du Cambodge), le 16 juin 2017

Puth Sar, village pauvre dans la province de Takeo (sud du Cambodge), le 16 juin 2017

1/4
© AFP, TANG CHHIN Sothy
A lire aussi

AFP, publié le dimanche 18 juin 2017 à 12h38

Dans un village pauvre du Cambodge, pas moins de 13 femmes sont devenues mères porteuses ces derniers mois pour quelques milliers de dollars. Certaines ont déjà accouché, d'autres sont toujours enceintes.

La gestation pour autrui en Asie du Sud-Est a longtemps été la spécialité de la Thaïlande, avant que les militaires au pouvoir décident de l'interdire pour les étrangers. 

Rapidement, le Cambodge a pris le relais, mais la récente interdiction de la GPA sème un vent de panique.

"L'an passé, un agent est venu chez nous pour proposer à ma fille 10.000 dollars pour devenir mère porteuse", se souvient Chhum Long, 60 ans, recevant l'AFP dans le village de Puth Sar, dans la province de Takeo (sud du Cambodge).

"Nous sommes très pauvres, donc elle a tout de suite accepté", ajoute-t-elle sans cesser de peler sa mangue verte au milieu de sa modeste cuisine.

Le village, entouré de champs de riz et de palmiers, est à seulement une heure de route de la capitale cambodgienne. Mais ici, les rues sont en terre, les maisons sont faites de bois et de tôle et la plupart des habitants n'ont pas l'électricité. 

"Finalement, notre vie n'a pas tant changé que cela. Nous espérions acheter une nouvelle maison mais nous n'avons toujours pas de vraie maison, et nous sommes toujours pauvres", ajoute-t-elle.

Un constat également fait par Ouk Savouen, chef du village: "Leurs conditions de vie n'ont pas changé. Elles n'ont pas dépensé l'argent petit à petit et de façon intelligente".

D'après lui, il y a actuellement encore quatre femmes enceintes dans le village, recrutées après l'interdiction de la pratique, qui sont régulièrement emmenées pour des contrôles médicaux. Elles se font discrètes et refusent de parler. 

Le business des mères porteuses s'est rapidement développé au Cambodge, car le pays offre pour les futurs parents des prix très bas, par rapport aux États-Unis notamment. Et en l'absence de régulation, les cliniques acceptaient les couples homosexuels comme les célibataires.

Mais avec l'interdiction prononcée en novembre 2016, le gouvernement cambodgien veut éviter que "les femmes et les enfants fassent l'objet de trafic".

Mardi dernier s'est ouvert au Cambodge le procès d'une infirmière australienne, accusée d'avoir dirigé une clinique spécialisée dans la gestation pour autrui (GPA).

Sans la nouvelle régulation, "le Cambodge serait devenu une usine à bébés", affirme Chou Bun Eng, qui est à la tête du comité contre la traite des êtres humains au ministère de l'Intérieur.

"Le Cambodge est pauvre mais nous ne voulons pas d'une réduction de la pauvreté qui passerait par le commerce de la gestation pour autrui", ajoute-t-elle.

  - Vent de panique -

L'interdiction du jour au lendemain de la pratique a créé un vent de panique aussi bien du côté des mères porteuses que des futurs parents. 

"Nous avons des couples très angoissés. Ils ne savent pas ce qui va se passer et sont complètement dans le flou", explique Josh Lam, responsable de New genetics Global, une plateforme mondiale dédiée à la gestation pour autrui.

"Cela va maintenant prendre des mois pour ceux qui doivent faire sortir des bébés du pays puisqu'il est impératif de passer devant un tribunal", confirme l'Australien Sam Everingham, fondateur de Families Through Surrogacy, une association consacrée à la GPA.

Malgré tout, les anciennes mères porteuses cambodgiennes rencontrées par l'AFP sont prêtes à recommencer. 

Romduol, dont le prénom a été modifié, gagne normalement 200 dollars par mois dans une usine de confection de vêtements. Elle a touché 10.000 dollars. Les couples étrangers, eux, versent en moyenne autour de 50.000 dollars de frais.

"Je l'ai fait car j'avais beaucoup de dettes que je n'arrivais pas à payer avec mon salaire d'ouvrière", ajoute cette mère célibataire de trois enfants.

Et n'est pas la seule à continuer de rêver à cet argent: Champei, dont le prénom a également été modifié, explique avoir acheté un terrain grâce à la somme versée pour le premier bébé. 

"Je veux de nouveau être mère porteuse pour maintenant construire une maison sur le terrain", confie la femme qui a porté un bébé pour un couple de Néerlandais.

 
2 commentaires - Même interdite, la GPA attire les Cambodgiennes pauvres
  • BRAVO ! MERCI !! les idéologues pour la marchandisation des bébés humains. évidement, des pauvres de tous les continents vont se ruer vers la manne financière, instituée par des idéologues Occidentaux. Qui se disent "Humanistes". Dans tous les cas, "cherchez l'argent ou la femme" et vous saurez d'où viennent nos problèmes de progressistes pseudo-humanistes. Moi, sans vouloir faire de polémique, je suis un "Vrai Humaniste". Il ne me vient pas à l'idée de déplacer des populations (immigration sauvage), de faire pondre des enfants par des pauvres du tiers-monde pour le bien-être de la Bourgeoisie Occidentale. Maintenant que ces pauvres ont mordu à l'hameçon, certaines femmes vont battre les records de naissances rien que pour le fric. C'est abjecte de se servir de ces gens là !!!

  • le gouvernement a tout a fait raison de parler d'usine de femmes à bebes il aurait pu rajouté forme d'esclavage et encore une fois ce sont les tres pauvres qui deviennent des objets
    Que dire de nos beaux reportages vantant le coté humain

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]