Madrid s'échauffe contre les "délires autoritaires" des séparatistes catalans

Chargement en cours
 Localisation de la Catalogne, résultats des dernières élections au Parlement catalan et de la dernière consultation sur l\

Localisation de la Catalogne, résultats des dernières élections au Parlement catalan et de la dernière consultation sur l'indépendance de cette région espagnole

1/3
© AFP
A lire aussi

AFP, publié le mercredi 05 juillet 2017 à 20h35

Mariano Rajoy et d'autres responsables politiques à Madrid ont dénoncé mercredi les "délires autoritaires" des séparatistes en Catalogne, qui menacent de déclarer l'indépendance dès octobre s'ils remportent un référendum d'autodétermination de la région, pourtant interdit par la justice.

"A tous les Catalans et à tous les Espagnols, je veux demander de garder confiance en l'avenir car les délires autoritaires" ne pourront "jamais vaincre la sérénité et l'équilibre de notre Etat démocratique", a déclaré le chef du gouvernement conservateur lors d'un discours devant des entrepreneurs à Madrid.

"L'Espagne est un grand pays car il peut compter sur l'énergie de beaucoup d'Espagnols, et aussi de Catalans sensés, démocrates et modérés, mais de plus en plus oubliés par une tendance de plus en plus radicale et conflictuelle", a ajouté M. Rajoy. 

La coalition séparatiste qui dirige la Catalogne - riche région du nord-est aux 7,5 millions d'habitants - a présenté mardi une proposition de loi régionale qui devrait lui permettre de convoquer un référendum d'autodétermination le 1er octobre, en dépit de son interdiction par la justice espagnole. 

Le texte - qui présente le peuple catalan comme un "sujet politique souverain" - instaurerait un "régime juridique d'exception", censé prévaloir sur toutes les autres normes y compris celles de l'Etat espagnol, même s'il dit respecter le droit international. 

Il mettrait également en place une autorité de supervision électorale pour organiser le référendum, auquel pourront participer tous les habitants de la Catalogne de plus de 18 ans et de nationalité espagnole.

La vice-présidente du gouvernement central, Soraya Saenz de Santamaria, chargée du dossier catalan, a assuré qu'en 24 heures l'Etat serait en mesure de paralyser une telle initiative si elle était votée.

L'Etat dispose d'un arsenal qui peut être dissuasif : faire pression sur les fonctionnaires catalans, peser sur le financement de la région, menacer les dirigeants et entreprises de poursuites s'ils coopèrent avec les séparatistes...

Sans évoquer directement la Catalogne, la ministre espagnole de la Défense, Maria Dolores de Cospedal, a même rappelé mardi que l'armée et la Garde civile étaient là aussi pour défendre "la Constitution" et "l'intégrité territoriale" du pays.

"Le gouvernement ne va quand même pas recourir à la force contre les citoyens qui veulent déposer leur bulletin de vote dans l'urne?", a réagi dans un entretien avec l'AFP le vice-président catalan Oriol Junqueras en assurant que les séparatistes emprunteraient toujours "la voie démocratique".

Le référendum prévu par les séparatistes poserait la question : "Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous forme de république ?". Et les indépendantistes ont assuré mardi qu'en cas de victoire du "oui", ils déclareraient l'indépendance dans les 48 heures, quel que soit le taux de participation.

Dans le cas contraire, le gouvernement catalan de Carles Puigdemont convoquerait de nouvelles élections régionales.

La société catalane est pourtant profondément divisée : 48,5% des Catalans seraient contre la sécession, 44,3% pour, selon un récent sondage d'un institut dépendant du gouvernement catalan. 

Mais plus de 70% des Catalans aimeraient trancher la question par un référendum.

- 'Tension considérable' -

M. Rajoy a reçu mercredi le soutien indirect d'un de ses prédécesseurs, l'ancien chef de gouvernement socialiste Felipe Gonzalez, qui a comparé le président régional Carles Puigdemont au chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro, et a dénoncé sa "pulsion étrangement autoritaire", selon le journal ABC. 

M. Gonzalez a aussi appelé au dialogue avec la Catalogne en vue d'une réforme de la Constitution qui permette d'apaiser l'indépendantisme.

Le porte-parole du parti centriste et anti-indépendantiste Ciudadanos, Fernando de Paramo, a lui parlé "d'un coup à la démocratie" et d'une "situation limite", exigeant des élections en Catalogne. 

"Il est temps que le gouvernement agisse avec toute la force de la loi", avait auparavant lancé le quotidien en ligne El Espanol dans un éditorial, appelant à appliquer un article du code pénal qui permet d'incarcérer les personnes appelant ouvertement à une sédition. 

"Il est évident que nous entrons dans une phase de tension considérable", a déclaré à l'AFP le journaliste catalan Josep Ramoneda, estimant que le gouvernement régional ne pouvait pas faire marche arrière à ce stade.

En Catalogne, "c'est un courant profond", a estimé le professeur de Sciences politiques catalan Ferran Requejo, prévoyant "une mobilisation permanente" dans la rue si Madrid empêchait la tenue du référendum.

 
11 commentaires - Madrid s'échauffe contre les "délires autoritaires" des séparatistes catalans
  • Je passe 8 à 10 semaines dans ce merveilleux pays qu'est la Catalogne. Je voudrais mettre en garde les habitants à propos d'une dérive aventureuse que serait l'indépendance de cette région, et j'insiste sur le mot région. L'heure n'est plus aux séparatismes qui ne font que mettre les peuples en danger. A l'heure du terrorisme, des déstabilisations de notre monde, comment le peuple catalan compte-t-il se défendre en cas de conflit? Comment comptent-ils se séparer d'abord de l'Europe à qui ils doivent beaucoup pour ensuite redemander leur adhésion?
    J'attire aussi leur attention sur la fiscalité en particulier foncière qui est particulièrement favorable dans ce pays alors qu'un alignement sur des systèmes comparables à la France peuvent se faire jour pour financer la marche d'un nouvel état qui ne manquerait pas de coûter cher, plus cher que de rester dans le giron de l'Espagne? D'autres problèmes peuvent se présenter en particulier linguistiques et d'autres que je ne connais pas mais cette dérive me parait très dangereuse pour le peuple catalan que j'aime beaucoup.

  • L'UE veut faire éclater les nations européennes

  • Vive les catalans, Vive la Catalogne !

  • J'ai la chance d'avoir des amis catalans espagnols avec qui je peux discuter calmement du fond du problème . Riches ou moins riches , quelle que soit l'opinion politique raisonnable , la constante est la même : marre , marre de payer pour les autres . Les politiciens autonomistes l'ont bien compris . Ils savent que le temps joue pour eux . Bruxelles , l'UE ils s'en contrefichent . Leurs ports sur la méditerranée leur offrent tant d'ouvertures ! Bien sûr , on peut faire la politique de l'autruche ......

    Dans tous les pays il y a des régions plus riches que d'autres
    Est-ce une raison pour faire éclater une Nation??
    Quant l'attractivité de Barcelone, grand port européen, elle diminuerait bien vite si la Catalogne n'était pus dans l'UE

    Qu'ils ne se fassent pas d'illusions: ils paieront alors pour assurer le fonctionnement du nouvel état, pour leur défense, et je fais confiance aux dirigeants indépendantistes pour lever de nouveaux impôts: de la CSG par exemple que l'on peut augmenter à volonté!

  • la corse,les basques ,les doms,que du plaisir;

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]