Macron, le pape François, Proche-Orient et Arabie Saoudite : tout savoir sur le premier voyage à l'étranger du président Trump

Macron, le pape François, Proche-Orient et Arabie Saoudite : tout savoir sur le premier voyage à l'étranger du président Trump

Le président américain Donald Trump rencontrera son homologue français Emmanuel Macron durant sa première tournée internationale, qui passera notamment par Bruxelles (photo-montage).

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Orange avec AFP, publié le vendredi 19 mai 2017 à 11h38

DÉCRYPTAGE. Donald Trump entame vendredi sa première tournée internationale en tant que président des États-Unis. En Israël et dans les Territoires palestiniens, il pourrait chapeauter une rencontre entre le Premier ministre de l'État hébreu, Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas, qui ne se sont pas parlé depuis 2010. Cap ensuite sur l'Europe, où il rencontrera le souverain pontife à Rome, avant d'assister aux sommets de l'Otan à Bruxelles et du G7 en Sicile.

Le président républicain des États-Unis débute son premier voyage à l'étranger vendredi 19 mi. L'occasion pour lui d'oublier, pour un temps, la tempête politique qu'il affronte à Washington et de rencontrer plusieurs dirigeants - dont le président français élu, Emmanuel Macron (aux sommets de l'Otan, à Bruxelles le 25 mai, et du G7 en Sicile, les 26 et 27). 

La plupart des présidents américains choisissent pour leur premier déplacement à l'étranger un aller-retour dans un pays voisin comme le Canada ou le Mexique. Mais pas Donald  Trump, qui a préféré un très dense, voire rude, voyage qui va le mener dans cinq pays en huit jours. Le président, âgé de 70 ans, se lance dans un "énorme" périple qui testera la résistance d'une administration déjà mise à l'épreuve par les turbulences intérieures de l'affaire russe.

En Arabie Saoudite pour "combattre le terrorisme"...

Le président américain se rendra d'abord en Arabie Saoudite, au Proche-Orient puis au Vatican, où il sera reçu par le pape François le 24 mai. Ces trois étapes s'ajoutent à sa présence déjà annoncée à ses premiers sommets de l'Otan, à Bruxelles le 25 mai, et du G7, en Sicile, les 26 et 27. L'Amérique, alliée historique de la pétromonarchie sunnite, a déjà amorcé sous la présidence Trump le réchauffement de liens distendus sous l'ère de Barack Obama.

Donald Trump "commencera par une réunion vraiment historique en Arabie Saoudite avec des dirigeants de tout le monde musulman", a-t-il expliqué début mai. Il y rencontrera samedi le roi Salmane. "L'Arabie Saoudite est le pays gardien des deux sites les plus sacrés de l'islam. C'est là que nous commencerons à bâtir les nouvelles fondations de la coopération et du soutien de nos alliés musulmans pour combattre l'extrémisme, le terrorisme et la violence, et à préparer un avenir plus juste et plus optimiste pour les jeunes musulmans de ces pays", a-t-il expliqué. 

... Et tenter de régler le conflit israélo-palestinien

En outre, même s'ils n'ont pas de relations diplomatiques, Israël et l'Arabie Saoudite entretiennent des liens officieux, comme lorsqu'un général saoudien à la retraite, Anwar Eshki, et le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, Dore Gold, s'étaient vus en juillet 2016 à Jérusalem-Ouest et à Washington un an plus tôt. Ils avaient alors évoqué le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis l'échec, en avril 2014, de la médiation du secrétaire d'État de l'époque John Kerry. Ils avaient plaidé pour revigorer l'initiative de paix arabe : un plan saoudien de 2002, proposant une normalisation entre Israël et les pays arabes, en échange d'un État palestinien dans les frontières de 1967. 

En février, Donald Trump et Benjamin Netanyahu avaient vanté la recherche d'une solution "régionale" au conflit israélo-palestinien, les États-Unis encourageant la formation d'un front uni entre Israël et les pays arabes sunnites contre l'Iran chiite, leur bête noire commune. "L'Arabie saoudite est le pays gardien des deux sites les plus sacrés de l'islam", souligne Donald Trump. "C'est là que nous commencerons à bâtir les nouvelles fondations de la coopération et du soutien de nos alliés musulmans pour combattre l'extrémisme, le terrorisme et la violence".

Première rencontre Netanyahu-Abbas depuis 2010 ?

Au Proche-Orient, il devait initialement faire étape seulement en Israël, pour rencontrer son "ami" Benjamin Netanyahu. Mais, après avoir reçu pour la première fois le président palestinien Mahmoud Abbas à la Maison Blanche la semaine dernière, Donald Trump a accepté l'invitation de celui-ci à se rendre dans les Territoires palestiniens. "Nous attendons maintenant sa visite bientôt à Bethléem", ville au sud de Jerusalem, s'est félicité Mahmoud Abbas mardi. "Nous lui avons dit que nous étions prêts à collaborer avec lui et à rencontrer le Premier ministre israélien sous son parrainage pour construire la paix". 

Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu n'ont pas eu d'entretien direct substantiel depuis 2010. Donald Trump, qui se targue de son passé d'homme d'affaires, a dit à plusieurs reprises sa volonté de présider à un accord de paix sur lequel ses prédécesseurs à la Maison Blanche se sont cassé les dents.

Se réconcilier avec le pape François

Puis cap sur l'Italie. Le pape François recevra le président américain le 24 mai, alors que les deux hommes ont exposé leurs profondes divergences pendant la campagne électorale américaine l'année dernière. Interrogé sur Donald Trump en février 2016, quand ce dernier était candidat à la primaire républicaine, le pape avait assuré : "Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n'est pas chrétienne". Cette déclaration avait alors provoqué une réaction courroucée du magnat de l'immobilier, qui avait jugé "honteux" qu'un responsable religieux "mette en doute la foi d'une personne". "Le pape n'a entendu qu'une version de l'histoire, il n'a pas vu la criminalité, le trafic de drogues et l'impact économique négatif que les politiques actuelles ont sur les États-Unis", avait insisté Donald Trump. Lors de la prestation de serment de Donald Trump, le 20 janvier, le pape avait prié pour que ses décisions soient "guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques" du peuple américain, avec une "préoccupation pour les pauvres et les exclus". 

Donald Trump se dit impatient de rencontrer le pape, tandis que ce dernier indique recevoir tous les chefs d'État qui en font la demande.

"Travailler étroitement" avec Macron

Enfin, le président américain va rencontrer pour la première fois son homologue français Emmanuel Macron en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles le 25 mai. "Le président Trump a fait part de son souhait de travailler étroitement avec le président élu Macron pour faire face à des défis communs et il a souligné la longue et solide tradition de coopération entre les Etats-Unis et son plus vieil allié, la France", indique la Maison Blanche. 

Dès dimanche, Donald Trump a félicité Emmanuel Macron pour sa "large victoire". Le magnat de l'immobilier n'avait pas directement pris position dans l'élection présidentielle française, mais il avait laissé entendre que la récente attaque terroriste perpétrée à Paris profiterait à la candidate du Front national (FN) Marine Le Pen. Mais nombre de ses partisans l'ont activement soutenue.

 
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