Les Kurdes d'Irak votent pour un référendum historique d'indépendance

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 Carte des champs pétroliers et des oléducs en Irak avec un zoom sur la production dans la région autonome du Kurdistan irakien

Carte des champs pétroliers et des oléducs en Irak avec un zoom sur la production dans la région autonome du Kurdistan irakien

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AFP, publié le lundi 25 septembre 2017 à 06h24

Les Kurdes d'Irak se prononcent lundi sur leur indépendance lors d'un référendum historique, avec la volonté d'obtenir un État pour lequel ils luttent depuis près d'un siècle.

La consultation initiée par le dirigeant kurde Massoud Barzani constitue toutefois un pari risqué car le Premier ministre irakien a clairement fait savoir qu'il prendrait "les mesures nécessaires" pour préserver l'unité du pays.

Des pays voisins comme la Turquie et l'Iran, inquiets de voir leurs minorités kurdes suivre cet exemple, ont aussi menacé de représailles.

Les bureaux de vote seront ouverts de 08H00 locales (05H00 GMT) à 18H00 (15H00 GMT) pour permettre aux 5.375.000 inscrits de se prononcer.

Au total, 12.072 bureaux de vote sont installés non seulement dans la région autonome du Kurdistan (nord de l'Irak), qui comprend les provinces d'Erbil, Souleimaniyeh et Dohouk, mais aussi dans des zones que se disputent les Kurdes et le gouvernement central irakien.

Ainsi, dans la riche province pétrolière de Kirkouk et dans celle de Ninive dans le nord du pays, comme dans celles de Dyala et de Salaheddine, au nord de Bagdad, plus de deux millions d'électeurs sont appelés à se rendre dans les 4.869 bureaux de vote, selon la commission électorale.

Les résultats initiaux seront annoncés 24 heures après le scrutin, mais ils ne font aucun doute, la majorité des Kurdes étant acquise à l'indépendance.

Les Kurdes, partagés entre l'Irak, la Syrie, l'Iran et la Turquie, n'ont jamais accepté le traité de Lausanne de 1923 qui les privait d'un État indépendant sur les dépouilles de l'empire ottoman.

- Prêt à négocier -

Lors d'une conférence de presse dimanche dans sa capitale d'Erbil, Massoud Barzani s'est montré inflexible.

"Le partenariat a échoué avec Bagdad et nous ne le reprendrons pas. Nous sommes arrivés à la conviction que l'indépendance permettra de ne pas répéter les tragédies du passé", a-t-il martelé d'une voix calme mais ferme.

"Nous nous attendons à des réactions d'un côté ou de l'autre, mais nous en sommes venus à une conviction: quel que soit le risque et le prix, c'est mieux que d'attendre un sombre destin", a-t-il clamé.

Il a toutefois souligné qu'une victoire du "oui" ne serait que le début "d'un long processus" vers l'indépendance et qu'il était prêt à négocier avec Bagdad les frontières de son Etat.

Intervenant au même moment depuis Bagdad dans un discours solennel, le Premier ministre Haider al-Abadi a refusé le divorce.

"Prendre une décision unilatérale affectant l'unité de l'Irak et sa sécurité ainsi que la sécurité de la région avec un référendum de séparation est contre la Constitution et la paix civile", a-t-il insisté.

- Pétrole en jeu -

Un peu plus tôt dans la journée, parmi les pays voisins, l'Iran avait pris une première mesure de rétorsion en interdisant jusqu'à nouvel ordre tous les vols avec le Kurdistan irakien, à la demande du gouvernement de Bagdad.

La Turquie, elle, a déjà averti que les représailles auraient des volets "sécuritaire" et "économique", pendant que son armée a intensifié ses manœuvres à la frontière.

Le gouvernement irakien a demandé dimanche à tous les pays de ne traiter qu'avec lui pour toutes les transactions pétrolières.

Le Kurdistan produit en moyenne 600.000 barils par jour dont 550.000 b/j sont exportés via Ceyhan en Turquie.

Ces menaces, qui pourraient asphyxier économiquement le Kurdistan, inquiètent les électeurs même si l'entrain est de mise. A Erbil, les drapeaux kurdes flottent partout dans les rues, sur les voitures et les maisons.

 
1 commentaire - Les Kurdes d'Irak votent pour un référendum historique d'indépendance
  • L'organisation territoriale des peuples du Moyen Orient voulue par les Alliés à la fin de la seconde guerre mondiale n'a-t-elle prouvée son injustice à travers les guerres et les violences jusqu'à nos jours. Vouloir ériger un modèle "politico-démocratique"selon nos principes a été une erreur. Que dire de la volonté de ce peuple, des Kurdes qui se sont engagés contre le fascisme islamiste, qui ont envoyé leurs femmes et leurs hommes à se battre contre la négation de l'humain. N'auraient -ils donc pas de droits?L'Onu a organisé la sécession du Kosovo et applaudi l'indépendance des pays baltes?!!!Pourquoi comme en Algérie avec nos frères Kabyles, en Catalogne,en Ecosse partout où les peuples expriment le désir de vivre véritablement leur culture et donner un sens à leur histoire humaine, il existe autant de barrières de la part de ceux qui ont conduit ,les état-nations comme en Europe, les peuples à se massacrer?

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