Les Japonais votent à l'approche d'un typhon, Abe donné largement gagnant

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 Pluie et rafales de vent lors des législatives, le 22 octobre 2017 à Tokyo

Pluie et rafales de vent lors des législatives, le 22 octobre 2017 à Tokyo

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© AFP, Kazuhiro NOGI
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AFP, publié le dimanche 22 octobre 2017 à 12h35

Des millions de Japonais bravaient dimanche des pluies diluviennes à l'approche d'un puissant typhon pour voter aux élections législatives anticipées, déclenchées par le Premier ministre conservateur et nationaliste Shinzo Abe, auquel les sondages ont prédit une large victoire.

 Au pouvoir depuis fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, M. Abe pourrait ainsi rester aux commandes jusqu'en 2021, ce qui lui permettrait d'obtenir le record de longévité d'un Premier ministre japonais.

Après une brève campagne de 12 jours centrée sur la Corée du Nord et les questions économiques, le scrutin se déroulait dimanche sous des trombes d'eau et des vents parfois violents, signes annonciateurs du typhon Lan, qui se dirigeait droit vers l'archipel en provenance du sud-ouest avec des vents allant jusqu'à 216 km/h dans l'océan Pacifique.

Plus de 380 vols ont été annulés dimanche au départ ou à destination du Japon
, et certains trains et ferries supprimés dans l'ouest, où les autorités locales ont émis des recommandations d'évacuation des habitants vivant près des côtes, des rivières et des flancs de colline, devant les risques de tsunami, de crues et de glissements de terrain.

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Si les intempéries ne perturbaient pas la logistique du scrutin, elles pourraient favoriser l'abstention. A 16H00 dimanche (7H00 GMT), le taux de participation était de 26,3%, contre 29,11% lors des précédentes législatives de décembre 2014, où un record d'abstention avait été atteint.

Cependant ce taux ne prend pas en compte les votes par anticipation, qui sont possibles au Japon plusieurs jours avant la date du scrutin. Et quelque 21,4 millions d'électeurs, sur environ 100 millions de Japonais en âge de voter, ont voté avant dimanche, un record, selon le gouvernement.

"Je soutiens la posture de Shinzo Ab
de ne pas céder face à la pression nord-coréenne. Je veux qu'il continue à faire preuve de cette ferme volonté en coopérant avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, c'est pour moi un point important dans cette campagne", a dit à l'AFP Yoshihisa Iemori, le patron d'une entreprise du bâtiment, qui a voté dimanche matin à Tokyo.

- Majorité des deux tiers? -

"Lorsque la Corée du Nord nous menace sciemment et avive les tensions, il ne faut pas hésiter", a déclaré samedi M. Abe, favorable à la position américaine consistant à maintenir "toutes les options" sur la table, sous-entendu y compris militaire, contre Pyongyang qui a déjà envoyé des missiles au-dessus de l'archipel nippon.  

La coalition de son Parti libéral-démocrate (PLD, droite) avec le parti Komeito devrait remporter environ 300 des 465 sièges de l'assemblée, selon les dernières projections.

Le suspense réside dans la composition finale de l'assemblée: la coalition de M. Abe va-t-elle maintenir sa majorité des deux tiers à la chambre basse, comme c'est déjà le cas au Sénat ? Il s'agit là d'une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de réviser la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les Etats-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et dont l'article 9 consacre la renonciation "à jamais" à la guerre.

Enferré dans des scandales de favoritisme qui ont pesé sur sa cote de popularité, M. Abe, 63 ans, a joué fin septembre la carte de la dissolution de la chambre basse, plus d'un an avant le scrutin prévu.

- 'Parti sans espoir' -

"Sur le plan moral, c'est vraiment n'importe quoi. A ce rythme, le pays court à sa perte. On n'avait jamais vu d'hommes politiques comme lui (Shinzo Abe) au Japon", déplore à ce sujet Etsuko Nakajima, une retraitée de 84 ans.

Mais la vraie surprise est venue de Yuriko Koike
, la charismatique gouverneure de Tokyo qui a fondé et pris la tête du Parti de l'espoir. Cette femme de droite de 65 ans, une ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de M. Abe et elle aussi nationaliste, a ainsi précipité la décomposition du principal parti d'opposition, le Parti démocrate, tandis que Yukio Edano, défenseur de son aile gauche, a créé le Parti démocrate constitutionnel.

Mme Koike a vu toutefois sa cote de popularité fondre en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le Premier ministre soit choisi parmi les députés ou les sénateurs. "Il apparaît à présent que le Parti de l'espoir est sans espoir", a ironisé Michael Cucek, professeur à l'Université Temple de Tokyo.


"Notre temps de préparation était court. C'était une bataille très difficile", a déclaré samedi soir Mme Koike à des médias locaux avant de s'envoler pour Paris, où elle devait participer à une conférence internationale de maires engagés contre le réchauffement climatique.

Face au vieillissement de la population japonaise, à la déflation qui mine l'économie depuis deux décennies et à une croissance poussive, M. Abe vante sa politique de relance dite "abenomics", faite de largesses budgétaires et d'une politique monétaire consistant à alimenter le marché en liquidités. Mme Koike lui a reproché de ne pas procéder à des réformes structurelles et a promis de geler un projet de hausse de la TVA. Elle s'est aussi démarquée de M. Abe en plaidant pour une sortie progressive du nucléaire.

 
2 commentaires - Les Japonais votent à l'approche d'un typhon, Abe donné largement gagnant
  • Je ne peux contribuer qu'en leur conseillant de fermer portes et fenêtres lors du dépouillement

  • même au japon c'est un parti nationaliste qui arrive en tète
    une des conséquences de la mondialisation effrénée
    eux n'ont pas de problèmes d'immigration clandestine car elle est à zéro

    le Japon serait-il devenu votre nouveau modèle social ? Après avoir vanté les mérites des modèles économiques maltais, irlandais, et le modèle portugais après son virage libéral de 2012, vous voilà définitivement converti au libéralisme ! Pourquoi dès lors critiquer les réformes dans notre pays : pas assez libérales ?

    Tiens donc, les réformes seraient " libérales " dans notre pays ?!
    Finissez mieux ce mot et allons jusqu'à " libéralités " pour la grande finance mondiale et on sera plus proche de la réalité actuelle en France, portalis .

    à Sido : j'ignorais que des politiques identiques à l'étranger recevait une telle appellation !

    portalis1 je parle de l'évolution politique des électeurs vers le nationalisme même dans des pays où il n'est nul question de migrants

    Sauf que le nationalisme de Shinzo Abe n'a pas pour objectif de lutter contre l'immigration très faible au Japon (environs 2% et plutôt encouragée ces derniers temps). C'est un nationalisme qui vise à réaffirmer la place du Japon en Asie du SE (qui vise en particulier à affirmer une fermeté vis à vis de la Corée du N). Votre obsession de la lutte contre l'immigration semble perturber votre analyse !

    portalis1 n'est ce pas ce que je dis au japon zéro migrant
    donc le vote n'est pas motivé par cela tout comme en tchequie

    Vous avez raison de donner un autre exemple : celui du Japon ne correspond pas à votre démonstration !

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