Législatives au Kosovo: fragile avantage pour la vieille garde

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 Le Kosovo

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© AFP, Thorsten EBERDING, Vincent LEFAI
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AFP, publié le lundi 12 juin 2017 à 02h11

ajoute ouverture des bureaux de vote, déclarations

Les législatives de dimanche augurent d'une période d'incertitude au Kosovo, où la vieille garde des "guérilleros" finit en tête mais sans s'assurer une majorité solide face aux partis appelant au "changement". 

La "coalition des guerriers", réunie derrière le Parti démocratique du Kosovo (PDK) du président Hashim Thaçi, emporte un peu moins d'un tiers des voix (33,1%), selon un décompte de la commission électorale après le dépouillement des deux-tiers des suffrages. 

Les deux autres principaux partis, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK, centre droit) et Vetëvendosje (Gauche nationaliste) suivent dans un mouchoir de poche, avec respectivement 24,9% et 24,08%. 

"Nous appelons les partis à ne pas faire la fête trop tôt", a mis en garde Ismet Kryeziu de "Democracy in Action", au moment où des estrades étaient dressées à Pristina par le PDK et Vetëvendosje. 

"Le Kosovo a donné la victoire à notre coalition", s'est pourtant réjoui dans son discours le chef de la "coalition des guerriers", Ramush Haradinaj. 

"C'est une immense victoire. Il y en a d'autres devant nous", a répondu dans la nuit le chef de Vetëvendosje, Albin Kurti, s'adressant à un millier de ses partisans.

La répartition des sièges ne devrait être annoncée que dans la semaine. 

Il est loin d'être acquis que Ramush Haradinaj atteigne les 51 sièges (120) qui, avec l'appui des dix élus des minorités non serbes (roms, bosniaques, turcs,...), lui permettraient de former un gouvernement. Les 100 à 150.000 Serbes désignent aussi dix députés. 

- Inculpations à haut risque -

Ces résultats promettent de délicates tractations qui pourraient accoucher d'une majorité fragile au moment où le Kosovo est confronté à d'importants défis: situation économique catastrophique, relations au plus bas avec la Serbie, qui refuse de reconnaître l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province albanaise. 

Il faudra aussi gérer la possible inculpation de hauts responsables par les nouvelles cours spéciales chargées des crimes de guerre commis par l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Parmi les noms régulièrement cités, figure celui du président Thaçi, aux affaires depuis 2006.

Ces poursuites représentent un "véritable risque d'instabilité", mettait en garde avant le scrutin l'European Centre for minority issues (ECMI).

Ultime guerre ethnique en ex-Yougoslavie, ce conflit entre indépendantistes et forces de Belgrade avait fait 13.000 morts entre 1998 et 1999, dont 10.000 Kosovars albanais. 

Le PDK et ses alliés pourraient se trouver à la merci d'un accord entre la LDK et Vetëvendosje. 

Mais ces deux partis ne semblent guère partager que leur rejet des "guerriers", et ont des positions divergentes sur le dialogue avec la Serbie. 

Candidat de la LDK, Avdullah Hoti, entend le poursuivre, tandis qu'Albin Kurti s'oppose à l'accord de normalisation conclu en 2013 avec Belgrade. 

Sur ce point, il semble plus proche de l'ancien rebelle Ramush Haradinaj, alias "Rambo", considéré comme un criminel de guerre par la Serbie qu'il dépeint comme une "ennemie".

- 'Guerre à la corruption' -

Parti prônant l'action de rue, avec des députés qui jetaient du gaz lacrymogène au Parlement pour s'opposer à une loi qui leur déplaisait, Vetëvendosje (Autodétermination) double son score de 2014. 

Son discours alliant thématiques économiques de gauche, combat contre la corruption et rhétorique nationaliste, semble avoir répondu au ras-le-bol d'une partie de l'électorat de ce pays de 1,8 million d'habitants, qui compte un chômage flirtant officiellement avec les 30%. 

Retraité de 66 ans, Ekrem Haziri espère que ce scrutin "ouvrira un nouveau chapitre": "Il est temps d'arrêter le détournement de l'argent des contribuables."

Thème traditionnel de Vetëvendosje, Avdullah Hoti a également promis "une guerre sans compromis à la corruption", un fléau. 

Si ce problème n'est pas réglé, les Kosovars "attendront en vain l'abolition du régime des visas pour les Etats de l'Union européenne", prédit le centre slovène de réflexion spécialisé dans les Balkans IFIMES. 

Un sujet crucial dans un pays où un habitant sur deux a moins de 30 ans. Beaucoup rêvent d'imiter les 400.000 Kosovars déjà exilés.  

 
11 commentaires - Législatives au Kosovo: fragile avantage pour la vieille garde
  • quand je pense que le monde entier fait la leçon a la Russie pour le retour non forcé de la Crimée a la mère patrie alors que L’OTAN et ses sbires ont dépecé la Serbie du Kosovo . indépendance d'ailleurs non reconnue par de nombreux pays..

  • Le Kosovo est le berceau de la Serbie, je le sais bien pour y avoir passé 2 fois 6 mois.

  • Mais le Kosovo fait partie de la Serbie.

  • le Kosovo est le berceau de la Serbie avec les église les plus anciennes, le Kosovo est plus serbe que l’Auvergne est française

  • Steppenwolf  (privé) -

    Guerre du Kosovo. Bombardements de la Yougoslavie en 1999 : la Serbie poursuivra l’Otan en justice Les meilleurs avocats serbes, ainsi que leurs confrères de l'Union européenne, de la Russie, de la Chine et de l'Inde feront partie de l'équipe spéciale pour attaquer en justice les pays de l'Otan qui ont participé à l'agression contre la Yougoslavie, soit 20 États qui y ont été impliqué directement ou indirectement. Ces États ont violé les principes contenus dans le chapitre 7 de la Charte de l'Onu qui interdit l'agression contre n'importe quel pays. Qui plus est, l'Otan a violé les chapitres 5 et 6 de ses propres statuts.

    pour vous DANNY l'intangibilité des frontières, vous vous en moquez du moment que c'est l’œuvre de vos amis et peu importe que cela soit fait sans vote. Alors cessez d'attaquer la Russie quand la Crimée a décidé par son vote d’être de retour dans sa mère patrie.

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