Le futur président sud-coréen voudra brider Trump sur Pyongyang

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Le candidat à l'élection présidentielle sud-coréenne, Moon Jae-In du Parti démocratique, à Séoul le 12 avril 2017

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© AFP, Lee Jin-man, POOL
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AFP, publié le jeudi 20 avril 2017 à 10h58

Corée du Sud: le chef de l'État qui sera élu en mai devra tempérer l'approche agressive de Trump envers les ambitions nucléaires de Pyongyang

Le chef de l'État qui sera élu en mai en Corée du Sud comblera un vide présidentiel et aura aussi pour tâche de tempérer l'approche agressive de Donald Trump envers les ambitions nucléaires de Pyongyang, estiment les analystes.

La destitution de l'ex-présidente Park Geun-Hye, tenante de la ligne dure avec la Corée du Nord, a laissé à la Maison Blanche la voie libre dans la crise sur le programme d'armements nord-coréens. 

Le président américain a conseillé au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de "bien se tenir". Les responsables américains répètent à l'envi que "toutes les options sont sur la table", déclenchant les foudres de Pyongyang.

Le Nord a progressé vers la réalisation de son rêve: mettre au point un missile capable d'acheminer une ogive nucléaire sur le continent américain et les spéculations vont bon train sur l'imminence d'un sixième essai nucléaire.

Mais dans la course à la présidentielle, le favori Moon Jae-In, du Parti démocratique, principale formation de l'opposition, comme son seul challenger sérieux, Ahn Cheol-Soo, appellent Donald Trump à la modération envers le pays reclus doté de l'arme nucléaire.

Tous deux s'opposent à l'idée d'une première frappe américaine. 

"La Corée du Sud n'a pas actuellement de président et sa voix sur le sujet crucial de la sécurité dans la péninsule coréenne n'a tout simplement pas été entendue", souligne Hong Hyun-Ik, chercheur à l'Institut Sejong.

"Mais après l'élection du 9 mai, le futur président devrait appeler Washington à collaborer étroitement avec Séoul sur des sujets comme des frappes préventives contre le Nord", dit-il à l'AFP.

- Politique intérieure -

Pour Kang Won-Taek, professeur à l'Université nationale de Séoul, tout vainqueur aura davantage à coeur que Mme Park d'engager le dialogue avec Pyongyang et "cherchera à calmer la rhétorique dure des États-Unis".

Le Nord a déployé des forces d'artillerie importantes mettant Séoul à portée de frappe. La capitale sud-coréenne risque la catastrophe en cas d'escalade même si aucune arme nucléaire n'est utilisée.

Washington a plus de 28.000 soldats en Corée du Sud pour protéger son allié.

Les États-Unis ont également annoncé l'envoi du porte-avions Carl Vinson et son groupe de combat près de la péninsule coréenne -- M. Trump parlant "d'armada". En fait, le groupe aéronaval est encore à des milliers de kilomètres de là, comme vient de le reconnaître le Pentagone.

Malgré les unes alarmistes de la presse internationale sur les risques de guerre, les Sud-Coréens ont gardé leur calme et leurs médias évoquent des sujets de politique intérieure. 

Les Sud-Coréens vivent depuis des décennies avec les menaces de la Corée du Nord, qui redoublent d'intensité chaque printemps avec les exercices militaires menés par Washington et Séoul, considérés par Pyongyang comme la répétition d'une invasion. 

La campagne électorale est plutôt dominée par le ralentissement de la croissance économique, le chômage des jeunes et la puissance des conglomérats familiaux.

- 'Papiers alarmistes' -

Ces dernières années, les médias sud-coréens "se sont marché dessus pour publier des papiers alarmistes" sur le nucléaire nord-coréen, notait le commentateur Kim Kap-Soo à la télévision mercredi. "Mais cette fois-ci, il semblerait qu'il y ait un accord tacite pour éviter d'alimenter la crise".

La République de Corée, qui fut dévastée par la guerre de 1950-53, a été dirigée par des conservateurs pro-américains pendant 57 ans, sur  68 années d'existence. 

Mais la victoire de l'opposition à la présidentielle semble acquise après le retentissant scandale de corruption qui a emporté Mme Park.

M. Moon, personnalité plutôt à gauche, recueille 44,8% d'opinions favorables, contre 31,3% à M. Ahn, du Parti du peuple (centre), selon un dernier sondage. 

Dans un récent livre, M. Moon écrivait que Séoul devait apprendre à dire "non" à Washington. M. Moon fut le directeur de cabinet de l'ex-président progressiste Roh Moo-Hyun, qui recherchait des relations "plus justes et plus équilibrées" avec les États-Unis.

Le candidat de gauche martèle que Washington ne doit pas mener d'opération militaire sur la péninsule "sans le consentement préalable" de Séoul et s'est dit prêt à aller à Pyongyang pour désamorcer les tensions.

M. Moon est favorable au maintien des sanctions contre Pyongyang mais s'est montré plus hostile au déploiement en Corée du Sud du bouclier américain antimissiles Thaad qui provoque la colère de la Chine.

M. Ahn explique qu'il dira au président américain qu'il faut à tout prix éviter la guerre. Il est favorable au système Thaad ainsi qu'aux négociations avec le Nord. "Parallèlement aux sanctions, je rechercherais le dialogue pour la réconciliation, l'ouverture et la réunification".

 
4 commentaires - Le futur président sud-coréen voudra brider Trump sur Pyongyang
  • Les Etats Unis ne doivent pas défendre les Coréens du sud malgré eux ! S'ils pensent trouver une autre voie, que les américains se retirent, ils feront une économie considérable, tant pis pour les Coréens du sud.

  • que les US annoncent les retrait de leurs 28000 hommes, les moyens de renseignements et leurs aides militaires à la Corée du sud et le soit disant futur président va se calmer.

  • de toute façon, si il laisse faire son voisin , ce dernier, lui envera des missiles en pleine poire….

  • Une destruction de la Corée du Sud ou du Japon est profitable pour les entreprises américaines en diminuant les importations en provenance de ces pays et augmentant les exportations pour la reconstruction. Elle est aussi profitable pour la Chine qui doit reconstruire la Corée du Nord et verra ses exportations augmenter vers les pays détruits tout en éliminant ses concurrents sur les marchés du sud-est asiatique. Il a été démontré que les guerres au Proche Orient ont été économiquement rentable pour l'occident en particulier les USA. Israël aussi y a gagné en terme géopolitique (élimination des pays les pus armés de la région comme l'Irak et la Syrie); Il est indéniable que les USA dominent le monde et la Russie n'est plus ce qu'elle était pour s'y opposer. Elle est simplement invitée à partage le gâteau (ou le gâchis, question de point de vue !). Quant au drame humain, les journalistes s'en occuperont et en parleront tant qu'on finira par ne plus en redemander !

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