Le Canada surpris par un afflux de demandeurs d'asile

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 Des migrants qui ont traversé illégallement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis dans un centre de rétention temporaire à Blackpool au Québec le 5 août 2017

Des migrants qui ont traversé illégallement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis dans un centre de rétention temporaire à Blackpool au Québec le 5 août 2017

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© AFP, Geoff Robins
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AFP, publié le mercredi 23 août 2017 à 09h13

Quelques dizaines de militaires s'activent à assembler des plateformes en bois à la frontière canado-américaine, au sud de Montréal, où un nouveau campement va accueillir une vague de migrants en provenance des Etats-Unis.   

Sur des terrains adjacents, des enfants courent entre les rangées de tentes couleur kaki déjà installées. Leurs parents, des demandeurs d'asile, attendent que les services frontaliers examinent leur dossier avant de pouvoir rejoindre l'un des centres d'hébergement temporaire de Montréal.    

Comme chaque jour, des bus scolaires jaunes déposent des dizaines de personnes et leurs valises devant les bureaux des services frontaliers canadiens, à un jet de pierre de la frontière.

Ces migrants viennent d'être interpellés près d'une petite route sur la frontière, à quelques kilomètres du point d'entrée officiel au Canada de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Les autorités sur place empêchent tout contact des médias avec les nouveaux arrivants.

La plupart sont d'origine haïtienne et fuient les Etats-Unis avant la perte prévue en fin d'année d'un statut de protection temporaire accordé à près de 60.000 Haïtiens après le séisme de 2010.

Leur nombre est en constante augmentation depuis le début de l'été. De 400 en mai, ils sont maintenant 3.800 depuis le début du mois d'août à avoir franchi la frontière à des points de passage non-officiels.

En vertu d'un accord canado-américain, les demandeurs d'asile doivent déposer leur demande dans leur pays d'arrivée. Mais cette règle ne s'applique pas à ceux réussissant à atteindre le Canada en évitant les postes-frontières.

Plus de 800 kilomètres de frontière entre la province francophone du Québec et les Etats-Unis ne sont "pas contrôlés", explique à l'AFP Camille Habel, porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada.

Franchir la frontière en situation irrégulière, souvent dans des zones boisées, assure aux nouveaux arrivants que leur demande d'asile sera examinée. 

Débordés par cette forte augmentation du nombre d'arrivants, les services frontaliers canadiens ont appelé l'armée en renfort la semaine dernière. Celle-ci a depuis érigé un, puis deux et finalement trois camps d'hébergement temporaire afin d'accueillir les centaines de demandeurs d'asile.

- 'Bouche-à-oreille' -

Pour la police fédérale, le bouche-à-oreille pourrait en partie expliquer cet afflux soudain de demandeurs d'asile. "On nous a dit qu'il y a des informations dans les pays d'origine, sur le web, sur les réseaux sociaux, qui disent exactement comment faire... le processus d'immigration illégale est maintenant en ligne un peu partout", explique Camille Habel. 

En visite dans les camps, le ministre des Transports Marc Garneau a mis en garde contre la "désinformation" diffusée sur les réseaux sociaux. Et le Premier ministre Justin Trudeau de renchérir: "Permettez-moi d'être clair, (...) le fait d'entrer au Canada de façon irrégulière ne procure aucun avantage" par rapport au processus de demande d'asile habituel.

L'année dernière, le Canada a rejeté la moitié des demandes d'asile faites par des ressortissants haïtiens.

Alors que les autorités peinent à suivre la cadence et tentent de décourager les nouveaux arrivants, certains groupuscules d'extrême droite utilisent cet afflux pour justifier un contrôle plus ferme des frontières. 

L'un de ces groupes a même récemment déployé une banderole arborant un message anti-immigration sur le stade olympique de Montréal, qui accueille temporairement des centaines de demandeurs d'asile.

Face à une situation en constante évolution, certains habitants de la région frontalière sont ambivalents.

"A leur place, je ferais pareil si j'entendais dire que le Canada est une terre d'accueil", dit Ghislain, restaurateur à Lacolle depuis 11 ans.

Mais "reste à savoir si l'on peut se permettre de tous les accueillir", tempère-t-il.

Dans cette petite ville du Québec, l'incertitude règne, selon le restaurateur, qui a préféré ne pas donner son nom de famille. "Certains sont pour, d'autres sont contre".

Ghislain, lui, est "entre les deux, tant que nous n'avons pas plus d'informations sur le nombre de migrants qui vont rester et combien cela va nous coûter... Pour le moment, nous ne savons pas grand-chose".

 
37 commentaires - Le Canada surpris par un afflux de demandeurs d'asile
  • Moi ce qui me surprend c'est que des politiques puissent être surpris. Normalement gouverner c'est prévoir, même l'imprévisible.

  • Emigration économique puisque guerre il n'y a pas en Haïti, dommage, toutes ces forces vives perdues alors que ce pays en a bien besoin, au fait, ou sont passés les milliards de dollars injectés dans ce pays depuis plus de 50 ans ? à comparer avec Saint Domingue voisine !

    Oui, et en France l'immigration que l'on nous impose est à 80% économique et pourtant elle nous coûte tous les ans 3,4 milliards d'euros (2,3 milliards pour les demandeurs d'asile et environ 1,1 milliard pour l'aide médicale gratuite aux clandestins) et ce n'est qu'un début.....
    La preuve en est que notre gouvernement prévoyant ce ras de marée est en train de créer en grande quantité des centres d'accueils sur tout notre territoire....

  • Restriction d'accueil aux états unis donc les demandeurs d'asile vont plus loin ...rien que de plus normal mais on ne peut pas au nord accueillir sans fin les populations du sud à la démographie galopante. Nourrir, loger, vêtir, intégrer ces arrivants a un coût et autant une arrivée graduée permet d'y faire face (mais il y a une limite ) mais au rythme actuel les politiques sont dépassés ...attention à la radicalisation d'une partie de plus en plus grande des citoyens .

  • Attention,quand le robinet est ouvert,on ne peut plus le refermer.Et quand on y arrive,ça fuit ailleurs.

  • Suite à l"élection de Trump le président Canadien, très imprudent a déclaré que son pays généreux était prêt à accueillir les migrants.
    Et voila qu'après 3000 arrivées de migrants les canadiens appellent au secours !
    Nous rien qu'à Paris nous en sommes à la 35 iéme évacuation (et relogement) de campements illégaux comprenant à chaque fois environ 3000 migrants, et ce n'est qu'un début.....
    Tout ceci n'est rien à côté du tsunami migratoire que provoquera le rapprochement familial et les innombrables naissances à venir.
    Et Macron, cet irresponsable, en veut encore plus puisqu'il crée de nombreux nouveaux centres "d'accueils" sur tout notre territoire !
    Le suicide français est en cours.....

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