La Syrie accusée d'avoir brûlé ses prisonniers dans un "crématorium"

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Les Etats-Unis accusent la Syrie d'avoir brûlé dans un "crématorium" une partie des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années

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© AFP, John SAEKI, Paz PIZARRO
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AFP, publié le mercredi 17 mai 2017 à 15h06

Syrie: les Etats-Unis accusent la Syrie d'avoir utilisé un "crématorium" pour brûler une partie des milliers de prisonniers assassinés

Les Etats-Unis ont accusé lundi la Syrie d'avoir brûlé dans un "crématorium" une partie des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années et ont exhorté la Russie à faire pression sur son allié pour qu'il mette fin à ces "meurtres de masse".

Le département d'Etat a voulu frapper les esprits en dévoilant des photos satellites "déclassifiées" de ce qu'il affirme être le tristement célèbre complexe pénitentiaire de Saydnaya, au nord de Damas.

Sur ces clichés datés d'avril 2017, d'avril 2016, de janvier 2015 et d'août 2013, on voit des bâtiments, dont l'un est légendé "prison principale" et l'autre "probable crématorium".

"Nous pensons que la construction d'un crématorium est une tentative pour dissimuler l'étendue des meurtres de masse perpétrés à Saydnaya", a accusé le secrétaire d'Etat adjoint pour le Moyen-Orient, Stuart Jones.

- 'Neige fondue' -

Sur une photo de janvier 2015, la légende "neige fondue sur une partie du toit" attesterait, selon le diplomate américain, de l'existence d'un "crématorium installé par le régime syrien".

Ces allégations relaient un rapport, photos satellites à l'appui, qu'avait publié en février Amnesty International.

L'organisation des droits de l'homme accusait le régime syrien d'avoir pendu 13.000 personnes entre 2011 et 2015 dans cette prison de Saydnaya et dénonçait une "politique d'extermination" constituant des "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Amnesty n'avait cependant pas évoqué de "crématorium" et Damas avait contesté un rapport "totalement faux".

D'après M. Jones, "le régime syrien avait commencé en 2013 à modifier un bâtiment au sein du complexe de Saydnaya pour (en faire) ce que nous pensons être un crématorium".

Citant Amnesty, il a estimé qu'"entre 5.000 et 11.000 personnes avaient été tuées à Saydnaya entre 2011 et 2015", soit "50 meurtres par jour". Il n'a toutefois pas pu dire si le "crématorium" était toujours en service.

Ces accusations surviennent après la visite le 10 mai à la Maison Blanche et au département d'Etat du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dont le pays est l'allié militaire de la Syrie.

"Le secrétaire d'Etat (Rex) Tillerson a été ferme et clair avec le ministre Lavrov: la Russie a une énorme influence sur (le président) Bachar al-Assad", a martelé la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert. L'Américain a demandé au Russe que Moscou "contienne" Damas.

M. Jones n'est pas allé jusqu'à accuser la Russie d'être complice des "crimes de masse" perpétrés précisément à Saydnaya.

Mais il a rappelé que "les Etats-Unis avaient exprimé maintes fois leur consternation devant les atrocités commises par le régime syrien".

- 'Soutien inconditionnel russe' -

"Ces atrocités ont été perpétrées, semble-t-il, avec le soutien inconditionnel de la Russie et de l'Iran", a condamné le diplomate.

Après avoir vu mercredi le président Donald Trump, M. Lavrov s'était félicité d'une "compréhension mutuelle" et d'une volonté de "coopérer" entre deux puissances aux relations exécrables depuis 2012, notamment en raison du conflit syrien.

La guerre a fait depuis mars 2011 plus de 320.000 morts - même "plus de 400.000", a dit M. Jones en citant l'ONU -, déplacé plus de la moitié de la population et provoqué la fuite de millions de réfugiés.

Depuis six ans, ni Washington, soutien de l'opposition, ni Moscou, allié du régime, n'ont réussi à s'entendre pour faire cesser les massacres.

A la fin de la présidence de Barack Obama (2009-2017), les Etats-Unis s'étaient même mis en retrait du processus diplomatique et avaient laissé la Russie prendre la main.

Ainsi, dans le cadre de cycles de discussions au Kazakhstan, la Russie, la Turquie et l'Iran se sont entendus début mai sur la création de quatre "zones de désescalade" et des "zones de sécurité" censées faire baisser les violences.

Le département d'Etat se dit "sceptique" et préfère "soutenir" le processus de Genève de négociations indirectes entre le régime syrien et l'opposition sous l'égide de l'ONU. Ces pourparlers reprennent mardi mais sans grand espoir.

Le chef de la délégation de l'opposition, Nasr al-Hariri, a d'ailleurs jugé que le "crématorium" n'était qu'"une goutte d'eau dans la mer" et que "ce qui se passe dans les prisons du régime est bien plus atroce".

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme a dit ne "pas (avoir) d'informations prouvant qu'il y a eu crémation". Mais "il y a un grand nombre de détenus qui ont été et qui sont toujours exécutés chaque jour à Saydnaya".

Cela poussera-t-il Donald Trump à réagir comme lorsqu'il a fait bombarder début avril une base militaire syrienne ? 

"Quand il sera prêt à agir, il le communiquera à tout le monde", a éludé son porte-parole Sean Spicer.

 
33 commentaires - La Syrie accusée d'avoir brûlé ses prisonniers dans un "crématorium"
  • comme disais Marion Maréchal Le Pen : pas d'enquête, pas de preuve, et pas de preuve, pas d'accusation !

    tout le monde est d'accord pour une enquête internationale !! sauf ?
    les russes et le régime de Damas, comme ça, c'est plus simple !

    les gazages ? un montage grossier de l'opposition !
    320 000 morts ? des terroristes !
    5 millions de déplacés ?? des rebelles !

    finalement, avec ses exécutions de masse et cette façon de faire disparaître les cadavres, ça nous ramène 75 ans en arrière..

    Pauvres syriens !!!
    et si le crématorium n'existait pas, qu'est-ce que cela changerait sur le fond ??

  • c'est comme les armes de destructions massives inventées par la c i a

  • oui et pendant ce temps Israël fait mourir des prisonniers enfermés a vie souvent sans jugement et dont le monde se fiche de leur grève de la faim, deux poids de mesure selon que vous avez tous les droits et que d'autres n'en ont aucun

  • Même en Syrie, il peut faire froid l'hiver. Et en hiver, il faut se chauffer. Alors, s'il a neigé, la neige fond autour de la cheminée. J'ai une maison individuelle et c'est ce qui se passe sur le toit de ma maison. Alors, ce bâtiment est tout simplement la chaufferie de la prison. Tout simplement. Les caméras et appareils photos des satellites ont actuellement une très fote résolution. Avec toute cette technologie, ont-ils déjà observé des navettes (brancards, véhicules...) entre le bâtiment principal de la prison et ce bâtiment qui fait l'objet de suspicions? Lavrov ferait bien de poser directement la question à Donald, avant de demander à Mickey... Mensonges, vous dis-je!

  • On a l'habitude des "preuves" américaines.

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