Abandon des poursuites en Suède contre Assange qui crie victoire

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Une voiture de police garée face à l'ambassade d'Equateur à Londres, le 19 mai 2017

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© AFP, Justin TALLIS
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AFP, publié le samedi 20 mai 2017 à 04h10

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a salué vendredi depuis le balcon de l'ambassade d'Equateur à Londres "une victoire importante" après l'abandon en Suède des poursuites pour viol à son encontre, sans indiquer s'il allait sortir de son refuge.

"Ce jour est une victoire importante pour moi et pour le système des droits de l'Homme de l'ONU", a lancé, poing serré, Assange
, réfugié depuis 5 ans à l'ambassade d'Equateur au Royaume-Uni pour échapper à une possible extradition.

Il a déclaré que ses avocats avaient contacté les autorités britanniques et qu'il espérait "un dialogue sur la meilleure façon d'avancer", ajoutant souhaiter "un dialogue avec le département de la Justice" américain avant de regagner la pièce de l'ambassade équatorienne où il vit depuis 2012.

Si le mandat d'arrêt européen est levé, la police britannique a en effet prévenu qu'elle serait "obligée" d'arrêter Julian Assange s'il sortait de l'ambassade, au motif qu'il avait enfreint en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni.

Pour ce qui concerne le volet suédois, "l'affaire Assange" se conclut sur un fiasco judiciaire et valide la stratégie de l'obstruction systématique mise en oeuvre par ses nombreux avocats pour lui éviter de comparaître devant un tribunal.

"Toutes les possibilités de faire avancer l'enquête ont été épuisées (...) et il n'apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange ni le mandat d'arrêt européen", a fait valoir la procureure suédoise Marianne Ny.

A trois ans de la prescription, l'abandon des poursuites "ne résulte pas d'un examen complet des éléments de preuve" et la justice suédoise "ne se prononce pas sur la question de la culpabilité", a remarqué la procureure.

Génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres, Julian Assange a toujours récusé les accusations de viol. Sauf coup de théâtre, il restera à jamais présumé innocent.

- 'Victoire totale' -

Malgré son soulagement manifeste, l'Australien de 45 ans a affirmé qu'il ne pouvait pas "oublier ni pardonner" d'avoir passé "sept années sans accusation pendant que mes enfants grandissaient sans moi", dont "deux assigné à résidence et cinq dans cette ambassade sans la lumière du soleil".

"La vraie bataille commence maintenant", a-t-il affirmé, craignant toujours une manoeuvre pour le faire extrader vers les Etats-Unis, où il risque d'être poursuivi pour la publication par WikiLeaks de documents militaires et diplomatiques confidentiels.

L'administration de Donald Trump a affirmé en avril que son arrestation était une "priorité" et selon des médias locaux, les États-Unis sont en train de monter un dossier d'accusation.

Saluant "une victoire totale pour Julian Assange", son avocat suédois Per Samuelsson a indiqué à l'AFP que son client souhaitait recevoir l'asile en Equateur. "C'est le seul endroit où il est en sécurité".

Quito a salué la décision de la justice suédoise et le ministre équatorien des Affaires étrangères, Guillaume Long, a appelé le Royaume-Uni à garantir "un sauf-conduit" à Julian Assange pour qu'il puisse quitter son territoire sans être inquiété, sans toutefois préciser où il pourrait aller.

"Son passeport a été confisqué, le gouvernement australien doit immédiatement lui en fournir un nouveau et demander un laissez-passer pour qu'il puisse accepter l'asile politique en Equateur", a renchéri la mère de Julian Assange, Christina, auprès de la télévision australienne ABC.

- Accusatrice 'choquée' -

A Stockholm, l'accusatrice de l'Australien, "choquée", a dénoncé un "scandale" et maintenu sa version. "Aucune décision pour classer l'affaire ne peut changer le fait qu'Assange a commis sur elle un viol", a déclaré son avocate, Elisabeth Fritz, dans un mail à l'AFP.

Âgée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, elle a porté plainte le 20 août 2010 contre Julian Assange, qu'elle avait rencontré au cours d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm quelques jours auparavant. Elle l'accuse d'avoir engagé un rapport sexuel non protégé pendant qu'elle dormait dans la nuit du 16 au 17 août. Julian Assange a toujours soutenu qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. 

L'instruction suédoise, notamment retardée par le refus d'Assange d'être entendu en Suède, aura pris près de sept ans. La plainte d'une autre jeune Suédoise pour une agression sexuelle à la même époque à Stockholm a été frappée par la prescription en 2015.

 
17 commentaires - Abandon des poursuites en Suède contre Assange qui crie victoire
  • Caton_lancien  (privé) -

    Paroles paroles : Affaire bidon pour faire taire un gêneur qui contrarie les USA en révelant leurs magouilles passées et présentes - à ce propos nos journalistes pourraient nous dire pourquoi Wikileaks est le seul à analyser les documents concernant l'élection de Macron et pourquoi aucun media n'y prête attention.

  • A l'époque cette dame n'avait rien d'une innocente trente ans,elle devait avoir déjas avoir vu le loup.
    Rencontrer un homme passer la nuit avec lui et ensuite porter plainte pour viol ,je trouve que cela est une affaire orchestrer pour de l'argent où autre compensation pour service rendu aux Américains.
    Je me trompe peut-être mais le gouvernement Américain avait tellement de choses a cacher.

  • Première étape des menaces franchie, mais ce n'est pas fini. Les américains n'ont pas digéré ses révélations, ils veulent donc le punir sévèrement, les anglais leurs prêtent main forte pour le faire, la complicité légendaire entre les deux pays étant toujours d'actualité. Si l'ONU qui a plus ou moins absous Assange était un organisme à la hauteur, les américains se plieraient à leurs directives, malheureusement ce n'est pas le cas, donc l'affaire Wikileaks n'est pas près d'être résolue !

  • une affaire bien montée, faut qu'il paie pour wikileaks, il ne sera jamais tranquille, les Etats-unis et la Grande-Bretagne veulent sa peau.

  • Belle manoeuvre. Il va donc pouvoir quitter l'ambassade, à moins qu'il trouve encore que quelqu'un d'autre lui veut du mal, et se faire cueillir en douceur par les américains.

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