L'Allemagne à bout de patience avec la Turquie

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Le drapeau turc devant l'ambassade de Turquie à Berlin, le 15 mars 2017

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© AFP, John MACDOUGALL
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AFP, publié le mercredi 19 juillet 2017 à 16h19

La tension entre Berlin et Ankara a atteint un nouveau pic mercredi avec la convocation de l'ambassadeur de Turquie à la suite de la détention d'un militant allemand des droits de l'homme, dans un climat qui s'envenime de jour en jour.

"Il est apparu nécessaire que le gouvernement turc comprenne immédiatement et directement l'indignation et l'incompréhension du gouvernement allemand", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schäfer.

Objet du courroux du gouvernement allemand: le maintien en détention en Turquie la veille d'un militant allemand connu des droits de l'homme, Peter Steudtner.

Il avait été arrêté le 5 juillet aux côtés de dix militants turcs des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty International pour la Turquie, Idil Eser, alors qu'il participait comme instructeur à un séminaire.

- "Absurdes" -

Un tribunal turc l'a accusé d'avoir "commis un crime au nom d'une organisation terroriste". Une expression qui désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué du 15 juillet, ou les séparatistes kurdes du PKK.

Berlin a qualifié ces accusations "d'absurdes".

Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, a lui prévenu la Turquie qu'elle ne pouvait espérer aucune avancée dans ses négociations d'adhésion à l'UE, actuellement au point mort. Dans le contexte actuel, des progrès "ne sont pas à l'ordre du jour", a-t-il dit.

Signe de la volonté de Berlin de dramatiser le bras de fer, le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a décidé d'interrompre ses vacances pour tenir jeudi une réunion "d'urgence" sur les "actions à entreprendre" face à la détérioration des libertés publiques en Turquie.

Au total, neuf Allemands, dont quatre turco-allemands, sont détenus en Turquie depuis le putsch raté contre le président turc Recep Tayyip Erdogan selon les autorités allemandes. 

Au premier rang figure Deniz Yücel, un journaliste germano-turc, correspondant dans le pays du quotidien allemand Die Welt, et qui est en détention depuis près de cinq mois à l'isolement sans avoir fait l'objet d'une mise en accusation.

L'Allemagne et la Turquie, pays historiquement proches en raison de la présence en Allemagne de la plus grande diaspora turque au monde - 3 millions de personnes -, sont peu ou prou depuis plus d'un an dans un état de contentieux diplomatique permanent.

Une situation symptomatique, plus largement, de l'état des relations entre Ankara et l'Union européenne.

- Visites interdites -

Ce fut d'abord l'an dernier une émission satirique anti-Erdogan à la télévision allemande qui provoqua l'ire du président turc. Puis vint le vote d'une motion par les députés condamnant le "génocide" arménien et enfin les critiques allemandes contres les purges ayant suivi en Turquie la tentative de coup d'Etat.

Ces dernières ont poussé Berlin à interdire à plusieurs responsables turcs de faire campagne en Allemagne contre la récente réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat. En retour, Recep Tayyip Erdogan a accusé l'Allemagne et l'Europe toute entière de pratiques dignes du "nazisme".

Pour marquer son mécontentement, Ankara a d'abord interdit aux députés allemands de venir visiter la base militaire turque d'Incirlik, où des soldats allemands participent à des missions de surveillance et ravitaillement de la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique.

L'Allemagne, pour qui ces visites sont obligatoires car son armée est étroitement contrôlée par le Parlement, a décidé de transférer ses militaires en Jordanie.

Et la Turquie vient de rajouter de l'huile sur le feu en interdisant une visite similaire cette fois-ci sur une base de l'Otan sur son territoire, où sont stationnés d'autres soldats allemands, faisant prendre à cette crise une dimension encore plus internationale.

Dernier levier pour Ankara: le remise en cause du pacte passé avec l'Europe pour bloquer chez elle - en échange d'argent - les migrants venant du Moyen-Orient et souhaitant se rendre en Europe.

La Turquie a menacé à plusieurs reprises de rouvrir les vannes, mais sans jusqu'ici passer à l'action.

dar-ylf/dsa/roc

 
10 commentaires - L'Allemagne à bout de patience avec la Turquie
  • l'Allemagne est trop faible dans ce dossier, et ce n'est pa sl'éventualité d'entrer quans l'UE qui changera quoique ce soit, car la Turquie sait que cela n'aboutira pas, et d'ailleurs elle ne le souhaite pas car elle ne veut pas qu'on mette son nez dans ses affaires, il faut être plus ferme et bloquer tant pis l'argent promis pour les réfugier syriens et surtout couler son économie car la Turquie est dépendante de l'Europe économiquement, et stopper les investissements la Lire Turque a déjà perdu 25% de sa valeur depuis un an il serait facile de les mettre à plat

  • la Turquie n'aura jamais rien à faire dans l'Europe
    nous n'avons pas les mêmes valeurs, pas la même histoire, pas la même culture, etc ... (comme avec la moitié des pays de l'UE entretenus par seulement quelques uns, mais qui n'ont rien à y faire ...)

    et en plus Erdogan passe son temps à attaquer et critiquer l'Europe dans sa globalité ou certains pays individuellement

    donc la Turquie ne passera pas !

    question : Erdogan chercherait il la guerre en Europe afin de la déstabiliser un maximum? j'en suis de plus en plus convaincu ... surtout qu'Erdogan est un symbole de l'obscurantisme religieux ...

  • mrs les ALLEMAND vous ne pouvez décider seul de l'entré de la TURQUIE dans L'UE ,il est hors de question qu'un dictateur qui a imaginé sont propre poutch face partie de l'UE ,de toute façon en FRANCE ont demanderas un référendum ,et déja sous le Président SARKOZY ont a dit NON

  • D'un côté il faut être plus ferme avec la Turquie du moins en ce qui concerne une possible entrée dans l'Europe. Tout a fait ok aussi pour ne pas les laisser faire de la "retape" politique sur le sol d'un pays autre que la Turquie.

    Et d'un autre y en a marre de se la jouer "bien pensants donneurs de leçons" ! Qu'on laisse les turcs choisir leur politique ! Erdogan est ce qu'il est, le sens de la démocratie n'est pas le même pour tout le monde, s'est un pays étranger.
    Il faudrait quand même que nos "têtes" admettent que l'on ne puisse pas tous s'entendre comme larrons en foire !!! Un "statu quo" serait déjà le "top" à atteindre...

  • Et ce n'est qu'un tout début, camarade! Le laxisme complice des dirigeant de l'UE permettra toute la suite.....

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