"Je ne peux même plus aider mes enfants": pas de répit pour les Grecs

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 Dimitris Voutsinos, ingénieur du son licencié de la station où il travaillait en 2009, à son domicile d\

Dimitris Voutsinos, ingénieur du son licencié de la station où il travaillait en 2009, à son domicile d'Athènes le 1er juin 2017

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© AFP, LOUISA GOULIAMAKI
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AFP, publié le samedi 10 juin 2017 à 17h54

"Nous avons perdu l'espoir, nous vivons dans l'angoisse": pendant les discussions sans fin à Bruxelles sur de nouvelles mesures d'austérité pour son pays, Ermolaos Linardos, enseignant grec retraité, se désespère de ne plus pouvoir aider financièrement ses enfants.

Il a subi ces dernières années plusieurs baisses de sa pension. Jusqu'alors, il aidait son fils, père de cinq enfants, et employé à maigre salaire, qui a dû récemment vendre la voiture familiale pour payer ses impôts.

"Avant la crise je pouvais l'aider, mais ma retraite a baissé de 35% et c'est difficile maintenant. Qu'est-ce qu'un grand-père qui ne peut plus aider ses petits-enfants?", se lamente le septuagénaire.

Secrétaire général de la Fédération des retraités du public, Ermolaos Linardos a participé à de nombreuses manifestations récemment contre de nouvelles coupes dictées par les créanciers du pays, en échange du déboursement au compte-gouttes de sommes servant surtout à payer les dettes précédentes à ces mêmes créanciers, le FMI ou la BCE.

Dimos Koumpouris, président de la Fédération des retraités du privé, assure pour sa part que sa retraite annuelle a dégringolé "de 33.000 à 16.000 euros" avec la crise, après 40 ans dans la sidérurgie.

Le Parlement grec a encore adopté vendredi des mesures comme le gel des retraites jusqu'à 2022 ou la restriction des droits des travailleurs du secteur privé.

Le dernier débat en cours dépasse le pays et paralyse la discussion sur l'allègement de l'énorme dette grecque (179% du PIB). Il porte sur la participation du FMI au plan d'aide européen. Si les discussions n'aboutissent pas, le versement d'un prochain prêt destiné à rembourser sept milliards d'euros en juillet s'en trouverait menacé.

Ce sera l'enjeu d'une réunion de l'Eurogroupe jeudi à Luxembourg.

Dimitris Voutsinos, 40 ans, technicien du son, limogé en 2009 d'une radio, travaille depuis essentiellement dans des centres d'appels. Pour lui aussi et pour sa femme lituanienne Alma, au chômage, la retraite de 750 euros de sa mère octogénaire handicapée est "un moyen de subsistance". Le taux de chômage en Grèce reste le plus élevé de la zone euro, à 22,5% en mars.

-Culpabilité-

"On ne s'en sort pas sans son aide, et elle se prive d'un assistant médical", regrette Dimitris, qui habite à Athènes un appartement face à celui de sa mère pour pouvoir l'aider.

"Nous ne pouvons rien programmer pour avancer un peu, penser par exemple à avoir un enfant", ajoute Dimitris.

Avec la crise, le taux de fécondité en Grèce est actuellement l'un des plus bas en Europe à (1,30), selon l'institut Eurostat.  

"Nous nous limitons aux besoins de base, nous ne partons plus en vacances, nous réfléchissons à deux fois pour acheter des chaussures, il faut qu'elles aillent en toute saison".

Alma, graphiste de profession, voudrait qu'ils aillent en Lituanie où elle espère trouver du travail plus facilement. Mais Dimitris s'inquiète pour sa mère: "Comment la laisser toute seule?"

Environ 427.000 Grecs de 15 à 64 ans ont quitté la Grèce pour travailler à l'étranger depuis 2010, selon une enquête de la Banque de Grèce. C'est selon cette étude "la troisième plus grande vague" d'exode de l'histoire contemporaine du pays, après celles du début du XXe siècle et des années 50-60. 

Mais pour Yannis Gkiastas, psychologue, il y a aussi une tendance accrue à "se renfermer sur la famille car les gens n'ont plus confiance dans la société, faute aussi d'un Etat social capable de prendre soin de ses citoyens". Avec la crise, les prestations sociales et de santé, de tout temps médiocres en Grèce, ont encore empiré.

"Le soutien financier de la famille crée souvent un sentiment de dépendance, qui prive les enfants d'autonomie, les culpabilise en les empêchant de s'éloigner", analyse Yannis Gkiastas. Il cite le cas de jeunes qui auraient la possibilité financière de partir en vacances ou quitter le foyer familial, mais qui "se sentent coupables de laisser leur mère ou leur sœur seules face à leurs propres problèmes".

 
35 commentaires - "Je ne peux même plus aider mes enfants": pas de répit pour les Grecs
  • Faut il envoyer Mr Hamon mettre en place le revenu universel chez les Grecs ...?

  • La Grèce d'aujourd'hui c'est la France de demain. Si on ne veut pas que ça nous arrive il faut vite quitter l'union Européenne.

  • memoire_solide  (privé) -

    Ce ne sont pas les Grecs qui sont responsables mais les politiciens français qui ont accepté que la Grèce soit intégrée dans l'Ue. En toute chose, il faut considérer la fin (Jean de la Fontaine).

  • Cela risque malheureusement de nous arriver gens qui n'ont droit à rien et qui payent tout.

  • memoire_solide  (privé) -

    Rappel:
    Quels politiciens français ont appuyé l'intégration de la Grèce dans l'Ue? PS UDI LR Dont deux ex ministres de Finances Giscard et Dsk qui savaient que la Grèce ne pouvait lever l'impôt, faute de cadastre. Je n'ose évoquer les comptes truqués présentés par Goldman Sachs...
    Qui a prêté 72 Md pour le maintien de la Grèce? La Grèce rembourse avec de nouveaux prêts à elle consentis!
    Qui a soutenu Macron sinon Varoufakis et Tsipras?
    Payer pour les Grecs, c'est payer pour le Roi de Prusse.
    La défaillance grecque provoquera la fin de l'euro. Une fourmi allemande et une cigale grecque ne peuvent avoir monnaie unique.
    J'ai parié à Valls une caisse de Champagne que ce pays ne s'en sortirait jamais.

    C'est un pari facile ! !

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