Istanbul: le manteau du prophète attire les musulmans pendant le ramadan

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 Des musulmanes se recueillent devant le manteau du prophète Mahomet, le 2 juin 2017 à la Mosquée d\

Des musulmanes se recueillent devant le manteau du prophète Mahomet, le 2 juin 2017 à la Mosquée d'Istanbul

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© AFP, OZAN KOSE
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AFP, publié le jeudi 15 juin 2017 à 12h30

"Je l'ai vu avant de mourir". Des musulmans venus des quatre coins du monde se pressent devant une mosquée d'Istanbul où un manteau qui aurait appartenu au prophète Mahomet est exposé pendant le ramadan.

Le Hirka-i Serif (le "Manteau Noble"), tissé de lin, de coton et de soie, fait chaque année l'objet d'une exposition pendant le mois de jeûne sacré pour les musulmans, attirant des centaines de milliers de croyants.

"Qu'est-ce qui peut être plus précieux que cela dans cette vie ?", interroge un vieil homme coiffé d'une calotte. "Je l'ai vu avant de mourir", se réjouit-il, pendant qu'un responsable de l'exposition prévient les visiteurs que les selfies sont interdits.

"Je viens ici chaque année et à chaque fois, j'éprouve la même émotion", renchérit Neziha Polat. Cette dame âgée de 76 ans dit se sentir comme à La Mecque, ville sainte de l'islam où chaque musulman qui le peut a l'obligation de se rendre en pèlerinage.

Le Hirka-i Serif est conservé à Istanbul depuis le XVIIe siècle, lorsque l'Empire ottoman contrôlait une grande partie du monde musulman. La relique est aujourd'hui gardée dans la mosquée éponyme, dans le district conservateur de Fatih.

Mais avant de parvenir à Istanbul, le vêtement sacré a voyagé pendant plus de 1.000 ans, de l'Arabie saoudite à la Turquie, en passant par le Yémen.

- De génération en génération -

Le saint manteau aurait été donné en cadeau par le prophète à l'un de ses contemporains, Uwais Al-Qarni, au 7e siècle.

Originaire du Yémen, Al-Qarni s'était mis en route vers Médine afin d'y rencontrer Mahomet. Mais apprenant que sa mère était malade, il dut rebrousser chemin, et ne rencontrera jamais le prophète.

Touché par son histoire, le prophète Mahomet aurait confié son manteau à des compagnons pour qu'ils le donnent à Al-Qarni. 

A la mort de ce dernier, qui n'avait pas d'enfant, le vêtement a été conservé par des proches, avant d'être transmis de génération en génération, raconte le mufti d'Istanbul, Hasan Kamil Yilmaz, plus haute autorité religieuse de la ville.

En 1611, le sultan ottoman Ahmet 1er fait venir la relique à Constantinople depuis la ville égéenne de Kusadasi, où les descendants des proches d'Al-Qarni la conservaient. "Depuis lors, le Hirka-i Serif est à Istanbul", indique M. Yilmaz à l'AFP. 

Le sultan Abdülmecid 1er fait construire en 1851 la mosquée Hirka-i Serif qui devient l'écrin où la relique est conservée et exposée.

- 'Proche du prophète' -

Aujourd'hui, la conservation et l'exposition de la relique sont conjointement encadrées par la fondation Hirka-i Serif et les lointains descendants des proches d'Al-Qarni. 

"C'est un devoir qui nous fait honneur. Nous sommes très heureux d'avoir une telle responsabilité et de l'assumer", dit à l'AFP Baris Samir, descendant de la 59e génération.

Mais, ajoute-t-il, "c'est aussi un travail difficile, c'est une responsabilité lourde, moralement et financièrement".

Selon M. Samir, plus d'un million de croyants viennent du monde entier chaque année pour voir le manteau. "Il y a des gens de Sibérie, d'Afrique, d'Amérique, d'Extrême-Orient", dit-il.


"Nous recevons de nombreux visiteurs en particulier pendant la Nuit du Destin, car le manteau peut être vu jusqu'au matin", ajoute-t-il, faisant référence à la commémoration de la nuit pendant laquelle le Coran aurait été révélé à Mahomet.

Loukman Hakim, un homme d'affaires de 49 ans, fait partie d'un groupe d'une vingtaine de visiteurs venus de Malaisie pour contempler le manteau.

"Bien sûr que ça nous rapproche du prophète", dit-il devant la mosquée, après avoir vu la relique. "Cela nous rend heureux, ça nous fait sentir qu'on doit faire quelque chose pour être avec lui, je veux dire répandre son amour, répandre ses enseignements", ajoute M. Hakim.

"J'étais déjà ici l'année dernière", dit Nimet Sahin, 78 ans. "Et si Dieu le veut, je viendrai encore l'année prochaine".

 
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