Israël se dit ferme face aux détenus palestiniens en grève de la faim

Israël se dit ferme face aux détenus palestiniens en grève de la faim

Des manifestants brandissent des portraits de prisonniers palestiniens, le 17 avril 2017 à Ramallah en Cisjordanie

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AFP, publié le mardi 18 avril 2017 à 22h16

Israël: le pays ne "négociera pas" avec le millier de prisonniers palestiniens en grève de la faim, selon le ministre israélien de la Sécurité intérieure

Israël a affirmé mardi qu'il refuserait de négocier avec le millier de prisonniers palestiniens ayant entamé la veille une grève de la faim pour réclamer des conditions "dignes" de détention.

"Il s'agit de terroristes et d'assassins qui reçoivent ce qu'ils méritent et nous n'avons pas de raisons de négocier avec eux", a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à la radio militaire.

1.300 détenus, selon l'Autorité palestinienne, refusent depuis lundi de s'alimenter dans différentes prisons israéliennes. Ce mouvement inédit depuis 2013 a été initié Marwan Barghouthi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié "d'archi-terroriste" dans un communiqué.

M. Barghouthi purge cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers durant la deuxième Intifada (2000-2005).

Les grévistes de la faim sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, du Fatah du président Mahmoud Abbas et de son grand rival Marwan Barghouthi, aux partis de la gauche en passant par le Hamas islamiste. 

"Têtes couronnées et estomacs vides", a titré mardi le quotidien palestinien al-Hayat al-Jadida, en soulignant le "soutien du peuple" après des manifestations de solidarité à travers les Territoires occupés.

Dès lundi, l'administration pénitentiaire israélienne avait procédé à des transferts pour tenter de briser ce mouvement. M. Barghouthi, régulièrement en tête dans les sondages pour une hypothétique présidentielle palestinienne, et d'autres prisonniers, ont été envoyés vers d'autres prisons et placés en isolement.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu dans un communiqué qu'il était favorable "à l'approche de Margaret Thatcher". Il faisait allusion au refus du Premier ministre britannique en 1981 de céder aux exigences de détenus irlandais de l'IRA grévistes de la faim. Dix d'entre eux étaient décédés à la suite de ce mouvement de protestation.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a affirmé à la télévision que les autorités "n'hésiteront pas à utiliser la loi autorisant à nourrir de force des détenus en grève de la faim". Cette loi a été votée en 2015 et concerne les grévistes de la faim dont la vie est jugée en danger.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'administration pénitentiaire a assuré qu'aucun incident n'avait été signalé mardi et que le nombre de grévistes est resté stable à 1.100.

- 'Pas seuls' -

La question des prisonniers est cruciale pour les Palestiniens, alors que 850.000 d'entre eux ont été incarcérés depuis 1967 et l'occupation des Territoires palestiniens, selon leurs dirigeants. Chaque famille, répètent régulièrement responsables et anonymes, a au moins un membre en détention ou passé par la prison. Chaque année depuis 1974, le 17 avril marque une journée nationale de mobilisation en faveur des prisonniers.

Des milliers de Palestiniens ont défilé lundi "pour dire aux prisonniers qu'ils ne sont pas seuls", a expliqué à l'AFP Fadwa Barghouthi, épouse de Marwan Barghouthi.

M. Abbas a appelé "la communauté internationale à intervenir immédiatement pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim".

L'ONU a affirmé mardi suivre attentivement cette grève de la faim et lancé un appel au calme après des affrontements en Cisjordanie occupée entre manifestants et forces de l'ordre israéliennes.

Les prisonniers demandent des téléphones publics, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à davantage de chaînes télévisées.

Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont menés au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.

Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers.

La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.

Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.

 
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