Incendie à Londres: "Ils agitaient les bras à la fenêtre"

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Une main tenant un tissu apparaît à la fenêtre d'un appartement d'une tour d'habitation ravagée par un incendie, le 14 juin 2017 à Londres

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© AFP, Daniel LEAL-OLIVAS
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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 12h26

"La dernière fois que je les ai vus, ils agitaient les bras à la fenêtre". Rescapée de l'incendie mortel qui a ravagé une tour à Londres, Hanan Wahabi était toujours sans nouvelles mercredi de son frère et de sa famille.

Habitant au 9e étage de cette tour de logements sociaux, cette habitante de 39 ans a été réveillée vers 01h00 du matin par la fumée. "J'ai vu des cendres entrer par la fenêtre du salon qui était restée ouverte. J'ai regardé dehors et j'ai vu les flammes monter jusqu'à la fenêtre. Je l'ai fermée à toute vitesse et je suis sortie", avec son mari, son fils de 16 ans et sa fille de 8 ans, raconte-t-elle à l'AFP.

Portant le voile et un pyjama, enveloppée dans une couverture, Hanan a réussi à mettre sa famille à l'abri.

Mais elle était terriblement inquiète pour son frère, Abdelaziz El-Wahabi, l'épouse de celui-ci, Faouzia et leurs enfants, qui habitent depuis presque 16 ans au 21e étage de cette tour construite en 1974.

"J'ai appelé mon frère dès que je suis sortie pour savoir s'il allait bien. Le feu n'était pas encore arrivé jusqu'en haut de l'immeuble. Il m'a dit qu'ils allaient descendre. Mais on s'est rappelé et il m'a dit qu'il y avait trop de fumée", explique-t-elle.

"La dernière fois que je les ai vus, ils agitaient les bras à la fenêtre. J'ai ensuite encore eu sa femme au téléphone pendant que lui était au téléphone avec les pompiers. C'était vers 02h00 du matin. Depuis, pas de nouvelles, le téléphone est coupé", se désole-t-elle.

- 'C'était horrible' -

Les pompiers de Londres ont fait état de plusieurs morts dans le brasier, sans être encore en mesure de dire combien. Au moins 50 personnes ont été blessées, selon les services d'ambulance.

Khadejah Miller, qui habite un immeuble voisin, a décrit une scène d'"horreur".


"J'ai entendu crier de partout et vu des gens sauter de leur fenêtre. La tour était complètement en feu. C'était l'horreur", a dit à l'AFP la jeune femme enroulée dans une couverture sur le trottoir. "Nous avons été évacués (...) et ne sommes pas autorisés à retourner chez nous au cas où l'immeuble s'effondre", a-t-elle ajouté.

"Tous les policiers nous criaient de sortir, d'évacuer, c'était dramatique, c'était honnêtement la pire chose que j'ai jamais vécue", a-t-elle encore raconté, s'inquiétant du sort de ses voisins dans un quartier où les gens sont très proches les uns des autres, dit-elle. "Je ne pense pas que notre quartier sera jamais comme avant", a-t-elle ajouté.

D'autres témoins ont raconté à l'agence de presse britannique PA avoir vu des parents jeter leurs enfants par les fenêtres à des gens sur le trottoir pour les sauver du feu.

Adi Estu, 32 ans, en pyjama et manteau, a été évacuée de son logement proche. Elle raconte avoir entendu les habitants de l'immeuble incendié appeler au secours et vu la fumée et les flammes recouvrir le bâtiment. "C'était horrible, horrible. Nous les avons vu mourir, comment oublier ça?", dit-elle à l'AFP. 

Selon Hanan Wahabi, la tour venait d'être rénovée il y a un an, notamment les fenêtres et le système de chauffage. "Je crains que le matériel utilisé n'ait fait qu'empirer les choses", dit-elle avant d'ajouter en pointant vers son larynx: "la fumée fait très mal, j'ai toujours mal".

Salah Chebiouni, 45 ans, qui a réussi à sortir de l'immeuble, a déclaré à l'AFP que cela sentait "le plastique brûlé". Evoquant de récents travaux de rénovation, il a dit: "ça ressemblait à du métal. Je pensais qu'ils avaient fait quelque chose de bien. En fait, c'était du plastique." Lui aussi a vu un enfant sauter d'une fenêtre.

- 'Au feu, au feu' -

Eddie, 55 ans, était lui au 16e étage lorsque l'alarme incendie de ses voisins s'est déclenchée. "Je pensais qu'ils avaient fait un peu de cuisine", dit-il à l'AFP.

Mais il entend alors les gens crier "au feu, au feu", ouvre la porte et voit "plein de fumée entrer" dans son appartement. "Mon voisin du 5e m'appelle et me dit: magne-toi de sortir de là. Je me suis noué une serviette autour de la tête, j'ai descendu les escaliers et j'ai cherché la sortie de secours", raconte-t-il.

"Je ne l'ai pas trouvée mais un pompier m'a tiré vers la sortie. Cinq secondes de plus et j'y passais. On n'y voyait rien du tout".

Eddie est content de s'en être sorti mais il est aussi en colère. Dans le passé, il a écrit sur un blog qu'il faudra "un incendie catastrophique pour que ces gens soient tenus pour responsables", en désignant les bailleurs.

Une surcharge du réseau électrique "a failli nous brûler tous à mort" en 2013, disait-il sur son blog, évoquant "un meurtre de masse" en gestation.

Autre habitant du HLM, Abdul Hamid, 50 ans, raconte à l'AFP qu'il devait s'envoler mercredi pour l'Arabie Saoudite pour effectuer son pèlerinage à la Mecque. "Je vais bien mais je n'ai plus rien, plus de passeport, plus de logement".

 
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