FBI, Russie: les oublis et démentis du ministre américain de la Justice

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 Le ministre de la Justice des Etats-Unis, Jeff Sessions d) le 9 février 2017 avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington

Le ministre de la Justice des Etats-Unis, Jeff Sessions d) le 9 février 2017 avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington

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© AFP, SAUL LOEB
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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 10h56

Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a dénoncé mardi comme un "mensonge détestable" l'idée qu'il aurait pu être de connivence avec le gouvernement russe, lors d'une audition au Sénat où ses souvenirs ont semblé en décalage avec ceux de l'ex-chef du FBI, James Comey.

Eminence grise et très proche fidèle de Donald Trump, l'attorney general s'est récusé dans l'enquête sur la Russie qui empoisonne la présidence. 

Mais certains le soupçonnent d'avoir continué en coulisse à tirer des ficelles, notamment en recommandant le renvoi en mai de M. Comey. Ce dernier a fortement irrité la Maison Blanche avec son enquête sur l'ingérence de Moscou dans l'élection de 2016.

Lors de cette audition publique d'environ deux heures et demie --la première depuis sa prise de fonction-- Jeff Sessions s'est souvent réfugié derrière la prérogative lui permettant de conserver la confidentialité de ses discussions avec le président. Au risque de crisper les sénateurs de la commission du Renseignement.

"Toute suggestion selon laquelle j'aurais été de connivence ou j'aurais eu connaissance d'une entente avec le gouvernement russe (...) serait un mensonge éhonté et détestable", a déclaré en préambule cet ancien sénateur de l'Alabama, connu pour son conservatisme.

Une des questions se posant devant la commission était de savoir combien de fois M. Sessions a rencontré l'an passé l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak. 

Après l'avoir tu dans un premier temps, le ministre avait ensuite dû admettre deux rencontres avec M. Kisliak.

Ce mardi, M. Sessions s'en est tenu à ce chiffre, mais sans écarter formellement la possibilité d'une troisième rencontre dont il ne se souviendrait pas.

- 'Peut-être croisé' -

"Je l'ai peut-être croisé dans une réception", a-t-il dit au sujet d'une réunion politique organisée en avril 2016 dans un grand hôtel de Washington, où les deux hommes étaient présents.

Un deuxième point sur lequel était attendu Jeff Sessions concernait une réunion le 14 février à la Maison Blanche, à l'issue de laquelle M. Trump aurait demandé à James Comey d'abandonner l'enquête sur l'ancien conseiller Michael Flynn.

Pour les démocrates, la président s'est alors rendu coupable d'une tentative d'entrave à la justice, foulant les principes de séparation des pouvoirs.

Selon la version de l'ex-grand chef policier, Donald Trump avait fait sortir tous ses conseillers du Bureau ovale, y compris le ministre de la Justice, avant de formuler sa requête choquante.

Après cet épisode, M. Comey dit être allé voir Jeff Sessions pour lui demander de s'interposer à l'avenir entre lui et le président, afin d'empêcher toute interférence politique dans les investigations. Jeff Sessions n'a pas répondu, selon son récit.

"Je peux me tromper, mais son langage corporel semblait dire: qu'est-ce que je peux y faire?", a raconté l'ancien patron du FBI.

Interrogé sur cette réunion, Jeff Sessions a livré une version des faits semblant minimiser l'incongruité de la rencontre en tête-à-tête entre l'enquêteur en chef et l'homme dont les proches étaient visés par des investigations.

- Comey était 'préoccupé' -

"Je me souviens avoir été un des derniers à sortir" de la pièce, a relaté le ministre de la Justice. MM. Trump et Comey étaient selon lui occupés à discuter. "Cela ne m'a pas paru être un problème", a dit le ministre.

M. Sessions a affirmé que M. Comey avait exprimé sa "préoccupation" le lendemain et qu'il lui avait répondu, contrairement à la version donnée par l'ex-chef du FBI.

"Je lui ai répondu en me disant d'accord sur le fait que le FBI et le ministère de la Justice devaient être prudents dans les règles de communication avec la Maison blanche", a-t-il précisé.

L'attorney general a été mis en difficulté par le sénateur Angus King, toujours sur le dossier russe. Le ministre a été poussé à admettre qu'il n'avait pas cherché à en savoir davantage sur les cyberattaques venues de Moscou, niant avoir reçu un rapport sur ces faits, y compris avant de s'être récusé. 

M. Sessions s'est enfin dit "confiant" dans Robert Mueller, que son adjoint Rod Rosenstein a nommé procureur spécial chargé d'enquêter sur l'ingérence russe, en soulignant qu'il serait "inapproprié" de sa part de peser dans cette enquête.


Un ami du président, Chris Ruddy, a affirmé lundi que M. Trump envisageait "de peut-être limoger le procureur spécial". Mais le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, a assuré mardi qu'il n'avait aucune intention de procéder à un tel renvoi.

 
9 commentaires - FBI, Russie: les oublis et démentis du ministre américain de la Justice
  • Pour être sur de ne pas dire de bêtises, Jeff Sessions lit un texte. Préparé par qui?
    Quel beau geste de spontanéité.

    Steppenwolf  (privé) -

    préparé par qui ? certainement par lui. Et que vient faire la "spontanéité" dans une audition sénatoriale de cette importance ? on est pas à un comptoir de bar dans une discussion entre clients...........

    Mon cher Steppenwolf, Il est sur qu'avec autant d'oublis sur ses activités passées (le prémisses d’Alzheimer peut-être? ou les gros mensonges?), il était préférable qu'il lise un texte.
    Mais alors devant la même commission, M. Comey qui n'a pas eu besoin de lire un texte, était-il à un ''comptoir de bar''?
    Vous avez vraiment une drôle de façon de voir les choses.

    Steppenwolf  (privé) -

    comment savez vous que comey ne lisait pas ses notes ? vous étiez à l'audience peut être ?

    Mon cher Steppenwolf, point besoin d'être présent à l’audience ou d'être devin pour le savoir, les chaines de télévisions par dizaines ont retransmis en direct la séance. Mais, pour les retardataires, il reste les vidéos disponibles sur le net.
    Ainsi, vous découvrirez comment je sais.

  • il est troublant de voir des responsables américains qui donnent des leçons à tout le monde, qui veulent imposer leur volonté partout, perdent la mémoire, n'ont que de vagues souvenirs, question d'interprétation etc..se discréditent. Trump pour des raisons personnelles à "virer" comme un malpropre le patron du FBI, comme le font les dictateurs.
    peu importe le pays, les patrons de ce type de service, conservent sous le coude toutes les munitions qu'ils ont.

  • Steppenwolf  (privé) -

    faut arrêter l'intox l'afp
    vous écrivez : "Un deuxième point sur lequel était très attendu Jeff Sessions concernait une réunion le 14 février à la Maison Blanche, à l'issue de laquelle M. Trump aurait demandé à James Comey d'abandonner l'enquête sur l'ancien conseiller Michael Flynn."
    alors que comey devant la commission du sénat à déclaré que Trump aurait dit.: "J'espère que vous pourrez trouver une façon d'abandonner cela, de lâcher Flynn. C'est un homme bien"......
    puis : "....... "espérer" n'est pas un crime, a convenu M. Comey"
    "A la question de savoir si le président ou l'administration lui avait demandé explicitement d'"arrêter" l'enquête menée par le FBI sur les ingérences russes, Comey a répondu "non".
    afp vous écrivez encore plus loin :
    "Selon la version de l'ex-grand chef policier, Donald Trump avait fait sortir tous ses conseillers du Bureau ovale, y compris le ministre de la Justice, avant de formuler sa requête choquante." donc je vous pose la question afp : de quelle "requête choquante" s'agit il, afp ?
    puis afp écrit encore plus loin :
    "Après cet épisode, M. Comey dit être allé voir Jeff Sessions pour lui demander de s'interposer à l'avenir entre lui et le président, afin d'empêcher toute interférence politique dans les investigations. Jeff Sessions n'a pas répondu, selon son récit.
    "Je peux me tromper, mais son langage corporel semblait dire: qu'est-ce que je peux y faire ?", a raconté l'ancien patron du FBI."
    décidément ce monsieur Comey semble beaucoup "interpréter" subjectivement et à sa manière des choses qui objectivement ne semble pas être ce qu'il pense. n'est ce pas ?

    Bonjour vous pensez vraiment que Trump ou un autre aurait dire clairement d’arrêter? Dans toutes discussions la façon de dire et les mots choisis disent ce que l'on attend sans le dire réellement.

    Steppenwolf  (privé) -

    pourquoi54
    un des principes fondamentaux (entre autres) de la justice et ce qui la différencie du lynchage ; est que le doute doit toujours bénéficier à l'accusé. donc si il y a ambiguïté et incertitude on ne peut pas condamner sans preuves irréfutables./

  • J'aime bien le peuple Américain mais il faut avouer que leurs dirigeants républicains sont à l'origine de trop nombreux conflits contemporains. Pourquoi ?
    Présence menaçante matériel et militaire en Europe qui ne cesse d'augmenter, le foutoir du proche et moyen orient, flotte navale gigantesque en mer de Chine, Méditerranée , etc etc ...
    De quoi préparer une catastrophe de grande ampleur et financer leurs complexes militaro-industriels

    pourquoi? c'est très simple , l'armement est un gros pourvoyeur d'emplois aux états-unis, le lobby militaro-industriel (l'armée achetant les produits de l'industrie de l'armement) est un des plus puissants, et surtout, est fortement représenté à la maison blanche , au sénat, et à la chambre des représentants...

    Steppenwolf  (privé) -

    budget militaire américain : 700 milliards de dollars annuel. révisable à la hausse en permanence. à eux seuls les us représentent la moité des dépenses militaires mondiales additionnées. à mettre dans la balance américaine : 46,5 millions de pauvres au usa pour une population de 300 millions. vous voyez ce que des responsables politiques honorables pourraient faire pour leurs concitoyens les plus défavorisés avec un budget de 700 milliards de dollars par an qui serait orienté vers le social : éducation logement soins médicaux chômage ...........? ou bien le développement des pays en difficultés ? une "politique" comme celle là inspirerait certainement moins de djihadistes. Non ?

    Vous avez raison.Il faut démolir toutes les possibilités de vente d'armes de ces racailles d'Américains, afin que La FRANCE, dans sa grande dignité et ses choix toujours vertueux, puisse en vendre beaucoup plus et réduire notre chômage

  • toujours aussi abrutis ces américains...

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