Etats-Unis: face aux scandales, Trump dénonce un traitement injuste

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AFP, publié le mercredi 17 mai 2017 à 21h35

Etats-Unis: le président Donald Trump est soupçonné d'avoir tenté de mettre fin à une enquête du FBI

L'étau se resserrait mercredi autour de Donald Trump, accusé de tentative d'entrave à la justice et d'avoir livré des secrets à la Russie en trahissant l'allié israélien. Ses alliés républicains le soutiennent encore, mais prennent les affaires très au sérieux.

"Aucun homme politique dans l'histoire, et je dis cela avec beaucoup d'assurance, n'a été traité plus injustement", s'est plaint le 45e président des Etats-Unis lors d'un discours devant l'Ecole des gardes-côtes. Aux élèves, il a prodigué ce conseil, inspiré par sa propre aventure politique: "Ne laissez jamais, jamais tomber".

Ces phrases étaient la seule allusion du chef d'Etat, mercredi, à l'atmosphère de crise
qui s'est répandue sur la capitale fédérale américaine depuis une semaine.

Le milliardaire a d'abord limogé James Comey de la direction du FBI, prétextant sa gestion de l'affaire des emails d'Hillary Clinton avant d'admettre qu'il avait depuis longtemps décidé de s'en débarrasser. 

Le locataire de la Maison Blanche est exaspéré par la persistance de l'enquête sur une éventuelle collusion entre des membres de son équipe de campagne et la Russie.

Puis on a découvert, dans le New York Times, qu'il aurait demandé, en février, à M. Comey de classer l'enquête sur Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes. M. Comey aurait consigné cette tentative d'étouffer une enquête dans des notes, qui ont commencé à fuiter dans la presse.

Le Congrès n'a pas attendu et demandé mercredi au grand policier de venir témoigner lors d'une audition publique, réclamant aussi la production de ces notes, devenues en quelques heures les documents les plus recherchés des Etats-Unis.

- Poutine ironise -

A cela s'ajoute une affaire distincte, qui reflète selon les détracteurs du président son incapacité à exercer la fonction suprême.

Il a donné au chef de la diplomatie russe et à l'ambassadeur de Moscou, dans le Bureau ovale le 11 mai, des informations secrètes sur un projet d'opération du groupe Etat islamique. La Maison Blanche ne conteste pas le fond de ces révélations mais insiste sur le fait que le partage d'informations est une prérogative absolue du président.

Problème: une source de l'administration a confirmé à l'AFP que ces renseignements très secrets avaient été fournis par Israël, dont les méthodes et sources sur le territoire de l'organisation jihadiste risquent ainsi d'être mises à jour.

Depuis la Russie, Vladimir Poutine a ironisé sur les batailles qui déchirent Washington et... proposé au Congrès de fournir la retranscription russe du rendez-vous du Bureau ovale pour prouver que rien de secret n'avait été divulgué par le président américain.

En Israël, où M. Trump arrivera lundi lors d'une tournée internationale, le gouvernement se gardait de tout commentaire.

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a assuré qu'il n'y avait eu "aucune perturbation" dans les relations avec les alliés des Etats-Unis, mais beaucoup d'experts s'interrogeaient sur l'avenir de la coopération entre alliés en matière de renseignement.

"Les événements des deux dernières semaines ont ébranlé ma confiance dans la compétence et la crédibilité de cette administration", a déclaré Chuck Schumer, chef de l'opposition démocrate du Sénat. 

"Ce n'est que révélation après révélation, allégation après allégation de faute grave. Ces deux derniers jours, on a atteint un nouveau sommet".

- James Comey, témoin clé -

Au Congrès américain, le sentiment oscillait entre lassitude, exaspération et stupéfaction.

Le puissant Mitch McConnell, gardien de la feuille de route républicaine au Sénat, a regretté les "psychodrames" à répétitions, une rare admonestation.

Pour l'instant, les républicains refusent de se joindre aux appels de l'opposition démocrate à la nomination d'un procureur spécial pour reprendre l'enquête sur la Russie.

Mais la plupart des élus savent que le témoignage de James Comey sera déterminant pour l'avenir de la présidence Trump.

"Nous avons besoin des faits", a déclaré le président de la Chambre, Paul Ryan, appelant à garder la tête froide. Fait-il toujours confiance au président? "Oui", a-t-il dit.

Des fissures commençaient à apparaître dans la digue républicaine.


Une poignée de républicains sont désormais favorables, avec des démocrates, à la création d'une commission d'enquête indépendante sur tous les aspects de l'affaire russe.

L'un d'eux est le sénateur John McCain, qui a comparé la situation, par son ampleur, au scandale du Watergate qui fit tomber Richard Nixon en 1974.

 
56 commentaires - Etats-Unis: face aux scandales, Trump dénonce un traitement injuste
  • Steppenwolf  (privé) -

    quand on voit la violence des médias contre trump déjà avant l'élection (ex : les fakes news ordurières comme l'histoire de l'hôtel palace moscovite avec douche dorée et prostitués) puis après l'élection, l'hystérie, avec la fiction de l'ingérence russe dans l'élection (les us serait ils aussi faibles qu'une simple république bananière pour être manipulé par la Russie ?) et l'histoire violente de la politique américaine (ex : assassinat de kennedy) on est en droit d'affirmer que trump malgré tous ses défauts (il en a comme tout un chacun) est un homme extrêmement courageux. car ses adversaires déclenchent tellement de haine contre lui que l'on est en droit de craindre le pire. n'est ce pas ? et il continu son combat. je n'ai qu'un mot : admirable.

    Quand on est une personnalité en pleine lumière on devient forcément une cible privilégiée; Contrairement à ce qu'on pourrait penser ce ne sont les journaux et la presse à scandale qui sont les plus virulents.Voyez ce qui s'est passé en France lors de la dernière élection et toutes ces rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux pour abattre l'adversaire!.;Celui qui au final s'en sort le mieux est le plus apte, de par sa force de caractère, à exercer les plus hautes responsabilités.

    Steppenwolf  (privé) -

    gero
    j'en conclu à votre commentaire que : la morale l'éthique la justice et la vérité en politique sont le cadet de vos soucis. à contrario, le mensonge la calomnie la diffamation la manipulation perverse et bien d'autres turpitudes sont de "bonne guerre" en politique selon vous. et que le meilleur dans ces ignominies est digne de gouverner !? .........bravo belle mentalité..........

  • Mai Mr l'agent orange on récolte ce que l'on sème !

  • Un délit grave est avéré car si l'Europe et les Etats-Unis sanctionnent la politique de la Russie, Trump livre des secrets de guerre à l'adversaire russe. Il s'agit là d'un double jeu qui met en danger les alliés des Etats-Unis et les forces mises en place au Moyen Orient.. Il est grand temps, pour la stabilité de la planète que soit prononcé légalement, l'empêchement de ce président inconséquent.

    vous n'avez rien compris.....

    Trump n'a pas livré des secrets de guerre comme vous dites mais des indications sur les nouvelles intentions mortifères de l'EI. On appelle ça de la coopération ni plus ni moins et les médias comme d'habitude déforment pour faire tomber dans le panneau....on a l'habitude....

  • ça c'est bien vrai .... trop injuste ... lui qui n'est que bonté et tolérance

  • ilboue  (privé) -

    les échanges d'informations sur le terrorisme international doivent-elles se faire entre "amis" seulement ? Je serai curieux de voir la réaction de personnes qui perdraient un proche dans un attentat dont on apprendrait que la préparation était connue des russes et qui n'auraient pas transmis l'information au nom du secret d'état.

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