Espagne: Rajoy et Puigdemont, les deux protagonistes de la crise catalane

Espagne: Rajoy et Puigdemont, les deux protagonistes de la crise catalane

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et le président régional catalan Carles Puigdemont le 21 août 2017 à Barcelone

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AFP, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 14h23

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et le président régional catalan Carles Puigdemont sont les principaux protagonistes du bras de fer opposant Madrid aux indépendantistes catalans.

- Mariano Rajoy -

Président du Parti populaire (PP, conservateur) depuis 13 ans, Mariano Rajoy est le chef du gouvernement espagnol depuis 2011. 

Souvent surnommé le survivant de la politique, ce Galicien de 62 ans a l'habitude de temporiser, dans une sorte de guerre d'usure de ses adversaires. 

Il est ainsi parvenu à entamer un second mandat, en novembre 2016, après avoir laissé la gauche se déchirer, alors que l'Espagne était restée dix mois sans gouvernement.

M. Rajoy avait remporté les législatives avec 33% des voix, en se targuant d'avoir sorti l'Espagne de la crise économique, au prix de mesures d'austérité impopulaires, et en faisant campagne sur l'unité de l'Espagne menacée.

Dépourvu de majorité parlementaire, il gouverne avec le soutien de la formation libérale Ciudadanos (Citoyens), née en 2005 à Barcelone pour lutter contre le séparatisme.

Son parti n'est que la cinquième force politique en Catalogne (8,5% aux régionales de 2015, 13% aux législatives de 2016) et ne détient qu'une seule mairie.

On y reproche en particulier à M. Rajoy d'avoir mené bataille contre le nouveau Statut d'autonomie de la Catalogne, approuvé en 2006 par le Parlement espagnol. Ce statut accordait des compétences élargies aux autorités régionales et, dans son préambule, définissait la Catalogne comme "nation" à l'intérieur de l'Etat espagnol. 

Saisie par le PP, la Cour constitutionnelle avait partiellement annulé ce statut en 2010, un épisode vécu comme une humiliation par de nombreux Catalans.

Ses détracteurs accusent M. Rajoy d'avoir laissé pourrir la question catalane et alimenté l'indépendantisme, en faisant la sourde oreille aux revendications et manifestations pacifiques. 

Il est farouchement opposé à tout référendum d'autodétermination de la région, faisant valoir qu'il serait contraire à la Constitution et que tous les Espagnols doivent être consultés quand l'unité du pays est en jeu.

- Carles Puigdemont -

Ancien journaliste de 54 ans, Carles Puigdemont milite pour l'indépendance de la Catalogne depuis sa jeunesse. 

Il a été propulsé en janvier 2016 à la présidence de sa région, en remplacement d'Artur Mas dont le profil de récent converti au séparatisme, la corruption de son parti et les politiques d'austérité avaient braqué les indépendantistes d'extrême gauche.

Membre du même parti conservateur que M. Mas, M. Puigdemont a été maire de la ville catalane de Girone et président de l'Association des municipalités pour l'indépendance. Il siège depuis 2006 au parlement régional. 

Réputé têtu, M. Puigdemont a toujours plaidé que la Catalogne était "une nation ayant le droit à décider de son avenir" et réclamé un référendum d'autodétermination légal.

Une partie des Catalans lui sait gré d'avoir tenu sa promesse d'organiser un référendum, interdit, le 1er octobre, émaillé de violences policières. Résultat proclamé et invérifiable: "90,18%" de "oui" à une République catalane, avec 43% de participation.

Mais toute une autre partie des Catalans crie à "l'escroquerie démocratique" destinée à légitimer une déclaration unilatérale d'indépendance envers et contre tous. Beaucoup lui reprochent d'avoir créé sa propre réalité et tourné le dos à la Catalogne non indépendantiste.

Il fait l'objet d'une enquête pour "désobéissance", "prévarication" et "malversation de deniers publics" pour l'organisation du référendum interdit.

Sa détermination ne semble pas entamée par la pression des milieux économiques et du gouvernement espagnol, au risque d'être un jour arrêté par la police. 

Le 10 octobre, il avait proposé de suspendre la déclaration unilatérale d'indépendance en assurant vouloir ainsi permettre la négociation avec Madrid et une éventuelle médiation internationale. Jeudi, il a informé le gouvernement espagnol que la Catalogne n'avait pas déclaré l'indépendance mais pourrait le faire si Madrid poursuivait la "répression", notamment en suspendant l'autonomie. 

 
5 commentaires - Espagne: Rajoy et Puigdemont, les deux protagonistes de la crise catalane
  • L'Espagne est grande et survivra a cette mini révolution car les contestataires sont peut nombreux.

  • « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

  • Quelle tristesse de prendre des references des année 30, l'avenir est plus important,voyager dans le monde et vous verrez que l'avenir est sombre. battons nous pour les générations futures mais arrétons de revenir en arriere(vous n'etiez peut etre meme pas né!

  • Il faut arrêter ce Puigdemeont et 100 de ses complices on verra comment le mouvement trotskyste local fera sans tête

  • J'espère que Rajoy relira ses livres d'histoire espagnole,période 1930-1945, et que cela l'incitera à des négociations .
    Toutes les solutions sont meilleures plutôt qu' un nouveau conflit armé.

    il faudrait surtout que les catalans se débarrassent de cet indésirable extrémiste qui va les mener au chaos, et qu'ils choisissent quelqu'un ouvert à une discussion constructive... la catalogne risque de devenir la province plus pauvre si tout le monde se taille...est-ce le but???

    Ça ne nous regarde pas. Une chose est sûre. L’Europe ne veut s’emmêler.
    Si la Catalogne devenait indépendante elle sortirait de facto de l’union europérenne. Rétablissement des frontières avec la France, le Portugal. Étant très endettée elle devra rembourser l’espagne des prêts de la BCE.
    Et deja 40% de l’economie à quitté cette régiondont les grandes banques espagnoles et internationales. Ça mérite réflexions....

    surtout pas de négociations
    c'est exactement ce que le "dirigeanr" catalan souhaite
    obtenir une reconnaissance officielle
    mais inciter les entreprises à se délocaliser ailleurs en Espagne
    et ne pas payer les fonctionnaires fin octobre

    Certains ne semblent pas comprendre que personnellement Catalogne indépendante ou pas, ce n'est pas mon problème . Je ne suis ni catalan, ni basque, ni andalou, ni madrilène.
    Mais né avant la deuxième guerre mondiale et ayant beaucoup vécu, j'ai de mauvais souvenirs.

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