L'autonomie de la Catalogne en sursis, son président invité à Madrid

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 La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell, à Barcelone, le 23 octobre 2017

La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell, à Barcelone, le 23 octobre 2017

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© AFP, Josep LAGO
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AFP, publié le mardi 24 octobre 2017 à 23h13

Des tractations étaient en cours mardi en Espagne pour une éventuelle prise de parole devant le Sénat du président catalan, l'indépendantiste Carles Puigdemont, juste avant une prise de contrôle de la Catalogne par Madrid.

Le gouvernement espagnol s'apprête à suspendre l'autonomie de la région - une mesure sans précédent depuis que l'Espagne a recouvré la démocratie en 1977 - alors que les dirigeants catalans menacent toujours de proclamer l'indépendance.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy compte destituer tout l'exécutif catalan et confier ses compétences aux ministères, prendre le contrôle de la police catalane, mettre sous tutelle le parlement et les médias publics régionaux, et organiser des élections régionales dans les six mois. 

Le Sénat, où le parti de M. Rajoy dispose d'une majorité absolue, doit décider vendredi s'il l'autorise à prendre ces mesures.

Avant cela, la chambre haute a toutefois invité Carles Puigdemont à s'exprimer devant elle, jeudi ou vendredi.

Sa prise de parole pourrait prendre la forme d'un débat avec un membre du gouvernement espagnol, en commission ou en séance plénière, a précisé mardi à la presse le vice-président du Sénat, Pedro Sanz.

Et ce débat pourrait même avoir lieu avec Mariano Rajoy lui-même, a-t-il laissé entendre.

Membre du parti conservateur de M. Rajoy, M. Sanz a présenté cette invitation comme "un geste de générosité" envers M. Puigdemont. Il a aussi souligné qu'en venant, le président catalan se "soumettrait au système en participant au jeu parlementaire".

A Barcelone, le porte-parole de M. Puigdemont, Jordi Turull, a assuré de son côté que le président catalan avait bien "la volonté" d'aller devant le Sénat "pour pouvoir expliquer et contester cette action de l'Etat espagnol". 

"Mais je ne peux pas vous assurer que, matériellement, ce sera possible", a-t-il ajouté.

Il s'agirait pour M. Puigdemont de présenter ses arguments contre le déclenchement de l'article 155 de la Constitution qui permet la prise de contrôle de sa région.

Son application réveillerait des souvenirs douloureux dans cette région de 7,5 millions d'habitants dont l'autonomie avait été abolie pendant la dictature de Francisco Franco (1939-1975).

- Elections anticipées envisagées -

Le parlement régional catalan doit organiser jeudi à partir de 10H00 (12H00 GMT) un "débat général sur l'application de l'article 155 de la constitution espagnole en Catalogne, et ses conséquences possibles, a annoncé cette assemblée mardi soir dans un communiqué.

Le gouvernement catalan menace toujours de déclarer l'indépendance. Il se fonde sur le référendum d'autodétermination qu'il avait organisé le 1er octobre, malgré son interdiction par la justice, où le "oui" à l'indépendance l'a emporté avec 90% des voix et 43% de participation, selon lui.

Mais les plus modérés du camp indépendantiste prônent plutôt des élections régionales anticipées.

Un député régional du parti indépendantiste d'extrême gauche CUP, Carles Riera, a confirmé mardi que "deux scénarios" étaient "sur la table": "l'autodétermination (de la région) ou la convocation d'élections anticipées". 

La CUP presse M. Puigdemont de déclarer unilatéralement l'indépendance sans plus attendre et rejette les élections anticipées, "l'outil le plus destructeur pour mettre fin à notre processus" de sécession, selon M. Riera.

"Il n'y a qu'une réponse possible: décider une république de Catalogne", a aussi insisté une sénatrice du parti de gauche indépendantiste catalan ERC, Mirella Cortes.

"Le mieux que puisse faire M. Puigdemont, c'est appuyer sur le bouton qui arrête les formalités de l'article 155 et convoquer des élections" régionales, a insisté de son côté le sénateur Ander Gil, du Parti socialiste, premier parti d'opposition, qui soutient le gouvernement conservateur, au nom de la défense de l'unité de l'Espagne.

Le gouvernement espagnol avait affirmé qu'il pourrait suspendre l'application de l'article 155 si M. Puigdemont convoquait des élections anticipées. Mais mardi, des ministres et élus conservateurs semblaient moins ouverts.


"La violation par Carles Puigdemont de ses obligations ne se règle pas exclusivement en convoquant des élections", a ainsi prévenu le ministre de la Justice, Rafael Catala, laissant entendre que l'exécutif régional devrait faire d'autres gestes, et notamment dire clairement s'il écarte une déclaration unilatérale d'indépendance.

Les milieux économiques catalans pressent, eux, les indépendantistes de faire marche arrière. 

La chambre de commerce de Barcelone a souligné mardi que l'incertitude politique "aura des conséquences à court et moyen terme sur l'investissement, la consommation et l'emploi" en Catalogne, relevant que le tourisme et le commerce sont déjà touchés.

Depuis le 1er octobre près de 1.400 entreprises ont déplacé leur siège social hors de Catalogne. "Il faut être conscient de l'impact potentiellement élevé qu'entraînerait la perte définitive des centres de décision de grandes entreprises internationales jusqu'à présent ancrées dans notre territoire", prévient la chambre dans un communiqué. 

 
68 commentaires - L'autonomie de la Catalogne en sursis, son président invité à Madrid
  • Puigdemont a visiblement compris que son GROS MENSONGE de faire croire que la Catalogne indépendante resterait "comme ça "dans l'UE est découvert et par ricochet sans Madrid une "Calaogne indépendante" ne pourrait plus emprunter via la BCE pour payer sa dette !

    Donc je penche pour une intervention destinée a en avoir plus dans le cadre actuelle de l'autonomie

    La Catalogne est plus riche que l'Espagne (en moyenne)

  • HUMOUR :
    Pourvu qu'ils n'en profitent pas pour le mettre en prison , comme les deux autres cadres indépendantistes !

  • Le problème n'est pas aussi simpliste . Madrid(le gouvernement de Rajoy) a mis un premier coup de canif dans le contrat en 2010 en ne validant pas les accords passés avec le prédécesseur (Zapatero). De ce fait , la Catalogne est moins avantagée que le Pays Basque pourtant à peu près aussi riche qu'elle....Les catalans veulent une république . Peut-on leur donner tort? Ce n'est pas fantaisiste : l'Espagne a connu 2 républiques , juste avant Franco...Le père du roi actuel , Juan Carlos a été désigné par Franco comme son successeur pour éviter que les espagnols ne se déchirent et règlent des comptes . Il a été exemplaire en 1981 lors d"une tentative de coup d'état mais par la suite ce roi et sa famille ont été mêlés à de sales affaires ( l'avocat de Cristina aurait été payé avec les deniers publics?). Enfin envoyer la guardia sur des gens qui veulent seulement déposer un bulletin dans les urnes tout en disant que les éléctions n'ont pas eu lieu , que la démocratie n'a pas été respectée car les conditions n'étaient pas réunies ?Qui a rendu difficile le vote?Rajoy est lui même corrompu (comptes de son parti).
    En ce qui concerne la Catalogne , elle a certainement beaucoup à perdre en quittant l'Espagne mais il me semble que c'est aux seuls catalans de se prononcer sur leur destin .Et quand je parle des catalans , c'est bien évidemment tous les résidents et pas seulement ceux qui sont nés ou qui ont leurs deux parents nés catalans (c'est ainsi me semble t-il que ce référendum a été imaginé). Rajoy aurait négocier les conditions de ce référendum , et peut-être que la majorité aurait souhaité rester rattachée à l'Espagne? (avec un statut au moins aussi respectueux que celui des Basques par exemple?)

  • Une vraie démocratie ne demande pas à un peuple de se soumettre au pouvoir en place.
    La légitimité vient du peuple, pas d'une constitution.
    S'il fallait qu'une indépendance soit légalement admise pour se réaliser, les Etats unis seraient encore une possession britannique, et on pourrait multiplier les exemples.

    A vous lire nous aurons bientôt une république corse ,une bretonne , une basque , une catalane et sans doute une "saint denisoise " sur notre territoire national !

    Oui Barberouge, je suis partant pour l'indépendance de la Seine-Saint-Denis, encore que, attention, il y a tout de même une forte disparité entre Nord et Sud, ce dernier étant un tant soit peu plus bourgeois, et il y a aussi l'Est plus rural !!!

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