En Autriche, l'étoile du chancelier star a pâli

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 Composition des 183 sièges du Parlement en Autriche avant les législatives de dimanche

Composition des 183 sièges du Parlement en Autriche avant les législatives de dimanche

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AFP, publié le vendredi 13 octobre 2017 à 13h56

Le chancelier Christian Kern avait commencé sa campagne par de candides parties de foot et en livrant des pizzas. Il la termine englué dans un scandale mêlant "fake news" et consultant douteux qui plombe les chances des sociaux-démocrates autrichiens pour les législatives de dimanche.

En 17 mois à la tête du gouvernement, le chef du SPÖ aura connu les extrêmes: un état de grâce lorsqu'il a été propulsé, presque à l'improviste, à la tête du parti, puis les foudres de l'opinion après des révélations en cascade, dans la dernière ligne droite du scrutin.

L'ambiance est morose chez les "rouges" qui craignent de réaliser dimanche leur plus mauvais score aux élections parlementaires et de poser un nouveau jalon dans la crise des sociales-démocraties européennes éprouvées par plusieurs revers, comme en France et en Allemagne. 

"Il avait l'ambition de réformer le pays et le SPÖ. Il tremble désormais pour une seconde place", résume le magazine Falter avant le scrutin pour lequel le candidat conservateur Sebastian Kurz
, 31 ans, est favori et l'extrême droite FPÖ donnée au coude à coude, voire devant la gauche.

Venu du monde de l'entreprise, applaudi pour avoir assaini et modernisé le rail autrichien qu'il a dirigé durant six ans, Christian Kern, 51 ans, avait été accueilli comme la promesse d'un renouveau pour le SPÖ. 

Ce parti, et son grand rival conservateur de l'ÖVP, dominent le paysage politique autrichien depuis 1945, notamment en s'unissant dans de grandes coalitions aujourd'hui mal-aimées des électeurs. Le SPÖ qui n'obtenait jamais moins de 40% des suffrages avant 1990, avait péniblement atteint 23,6% aux législatives de 2013.

Pire: son candidat a été éliminé au premier tour de l'élection présidentielle de 2016, tout comme celui de l'ÖVP, du jamais vu en Autriche
.

C'est à ce moment-là que le SPÖ décide d'aller chercher le patron des chemins de fer ÖBB, manager à succès après une jeunesse de militant social-démocrate à Vienne, place forte de la gauche autrichienne. Christian Kern a pris la tête du parti en mai 2016 remplaçant du même coup le chancelier SPÖ Werner Faymann à la tête de la coalition au pouvoir.

- Mises en scène -

"Enfin quelqu'un d'audible dans les milieux de la gauche libérale", se souvient Falter avec nostalgie, "(...) capable d'humour et d'autodérision, un social-démocrate qui va montrer au reste de l'Europe comment on lutte contre le populisme". Et qui affiche l'ambition de séduire les milieux économiques sans trahir l'ADN de la gauche.

Télégénique, habile communicant, il n'hésite pas à mettre en scène ses origines modestes ou son expérience de père célibataire, en allant jouer au foot dans son ancien quartier ou en livrant des pizzas pour être au contact des électeurs.

Cabotinage, lui reprochent ses détracteurs, dont les critiques portent aussi sur le fond: un manque de clairvoyance dans le choix de ses collaborateurs, d'autorité sur les différents clans du parti, une ligne politique parfois flou.

"Trop de consultants aux recommandations différentes, trop d'hésitation sur la stratégie", juge la politologue Alexandra Siegl. Pour un défi sans doute trop ardu: réconcilier les tendances du SPÖ, libéral et attaché à la lutte des classes, ferme sur l'immigration et pro-réfugiés, pour ou contre un dialogue avec l'extrême droite

Lorsque Sebastian Kurz a déboulé dans la course à la chancellerie, le vent du renouveau est passé du côté des conservateurs.

La campagne sociale-démocrate a frôlé la sortie de route, début octobre, avec la révélation du rôle joué par un ancien "spin doctor" du SPÖ dans une opération de dénigrement de Sebastian Kurz sur internet, à base de fausses informations et de commentaires racistes.

Christian Kern a juré que l'opération avait été montée à l'insu de la direction du SPÖ, mais les commentateurs ont tranché: "Quand on ne tient même pas son parti, comment peut-on prétendre diriger le pays?".

 
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