En Allemagne, Merkel et son rival terminent la campagne dans leur fief

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 Le social-démocrate Martin Schulz lors d'un rassemblement du SPD, le 22 septembre 2017 à Berlin

Le social-démocrate Martin Schulz lors d'un rassemblement du SPD, le 22 septembre 2017 à Berlin

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© AFP, John MACDOUGALL
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AFP, publié le samedi 23 septembre 2017 à 09h47

La chancelière allemande Angela Merkel, favorite des élections, et son rival social-démocrate bouclent samedi dans leur fief respectif une campagne laborieuse, marquée sur la fin par une montée de la droite nationaliste.

A la veille du scrutin législatif, la chancelière de 63 ans doit se rendre dans sa circonscription de la région du Mecklembourg-Poméranie, dans l'ex-RDA.

Mais elle n'a pas choisi les endroits les plus faciles en décidant notamment d'aller à Greifswald, où le mouvement anti-islam "Alternative pour l'Allemagne" (AfD) a battu son parti lors des élections
régionales l'année passée. 

Les dernières semaines, la cheffe des conservateurs, au pouvoir depuis douze ans, s'est fait copieusement conspuer lors de ses rassemblements de campagne par des petits groupes de sympathisants de cette droite populiste, qui exigent haut et fort son départ.

Lors de son dernier grand meeting à Munich vendredi soir, c'est un concert de sifflets qui l'a accompagné tout au long de son discours.

Son adversaire social-démocrate Martin Schulz, largement distancé dans les sondages, fera lui son dernier raout électoral à Aix-la-Chapelle (ouest), près de sa ville natale.

Avec un tiers d'indécis et l'érosion du score des conservateurs dans les derniers sondages, l'ancien président du Parlement européen de 61 ans veut encore croire à sa chance. "Qui ne vote pas pour le SPD vote pour Merkel!", a-t-il récemment lancé. 

Pourtant, à moins que tous les sondages aient tort, les jeux semblent faits. Les deux derniers pointages des instituts Forsa et Insa diffusés vendredi placent l'Union chrétienne-démocrate et son allié bavarois en tête avec 34 à 36% des intentions de vote. 

Mais le SPD a lui aussi continué à baisser, oscillant désormais entre 21 et 22%.

-L'AfD en troisième position-

Dans la course à la troisième place, la droite populiste de AfD a de nouveau marqué des points. Son score est estimé entre 11 et 13%. 

Le mouvement créé en 2013 semble ainsi se détacher de son poursuivant le plus sérieux, la gauche radicale (die Linke), entre 9,5 et 11%.

Pour le Süddeutsche Zeitung, l'arrivée de l'AfD à la chambre basse du Parlement, qui s'apprête à être le premier parti de ce type à entrer en force dans cette enceinte depuis 1945, va "faire date dans l'histoire allemande". 

"Des racistes (...) vont venir au Parlement. Le sérieux de la situation n'a été compris que très tard", souligne le journal, pour qui, face à un tel événement, il est difficile de qualifier la campagne d'ennuyeuse.

"Cette alternative pour l'Allemagne, ce n'est pas une alternative, c'est une honte pour notre nation", a lâché Martin Schulz vendredi soir, lors de son meeting à Berlin. 

Le succès potentiel de ce parti est aussi à l'origine d'une ultime polémique avant le scrutin.

Le bras droit d'Angela Merkel à la chancellerie, Peter Altmaier, s'est attiré de nombreuses critiques, y compris de son propre camp, en déclarant qu'il valait mieux s'abstenir plutôt que de voter AfD.

-Peu de choix -

Au défi d'une potentielle percée de la droite nationaliste s'ajoutera pour Angela Merkel celui de former un gouvernement. 

Elle a exclu de gouverner avec les deux partis aux extrêmes. L'option la plus simple sur le papier, et synonyme de continuité politique, serait de reconduire une grande coalition avec les sociaux-démocrates.

Mais le SPD, en pleine crise existentielle, pourrait cette fois choisir de se ressourcer dans une cure d'opposition.

Autre possibilité pour la chancelière: une alliance avec le parti libéral FDP, en bonne voie de revenir au Bundestag après en avoir été éjecté en 2013, et les Verts. Une coalition à deux avec l'un de ces petits partis semble impossible au vu des sondages. 

Les divergences entre écologistes et libéraux sur l'avenir du diesel ou l'immigration promettent toutefois d'être très compliquées à gérer.

Et le photogénique leader du FDP de 38 ans, Christian Lindner, --farouchement opposé, entre autres, aux propositions françaises de réformes de la zone euro-- s'annonce comme un partenaire difficile pour Angela Merkel. 

 
5 commentaires - En Allemagne, Merkel et son rival terminent la campagne dans leur fief
  • Si Merkel est repasse alors cela finira par une révolution en Allemagne .
    60 % des pays de l'UE ne veulent plus de Merkel depuis qu'elle a envahi UE par des milliers de faux réfugiés qui sont venus par EI. .....OK

  • C'est comme chez nous finalement. Le racisme est une honte pour les uns, une fierté pour les autres!

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    Andre34500  (privé) -

    Mme Merkel n'a rien a envier à M. Poutine, 16 ans au pouvoir !!

    Les Allemands sont satisfaits de sa gestion. Ceci explique cela...

  • Micheline89

    Pour l'Allemagne, mais aussi l'Europe il faut que Merkel soit battue à élection présidentielle. Cette femme n'a de continuité à instaurer le libéralisme violent, que Macron s'empare encore plus lorsqu'ils se rencontrent. Ils installent la pauvreté pour enrichir encore plus les riches, et Merkel a de nombreux amis dans les grandes entreprises....Il faut que Martin Schulz, remporte cette élection, il ne resterait pas sans rien faire en réformes, mais avec cet homme humain, juste, il rétablirait plus d'équité, plus de valeurs sociales. Française, si j'étais Allemande je voterais Martin Schulz,

    Si j'étais Allemande, je voterais Mme Merkel qui a réussi à maintenir la stabilité dans son pays. Les Allemands, qui ne sont pas plus sots que les Français (!), l'ont bien compris...

    .Violente madame Merkel.....vous le pensez vraiment ? Ne dit-on pas que la femme est l'Avenir de l' Homme ! !

    Ramdom....! On voit que vous ne vous faites une idée que par la presse !!!!! Allez dans les campagnes allemandes c'est le désert , la misère , plus que des personnes âgées ! Et en ville beaucoup de miséreux également alors du fond de votre canapé ouvrez les yeux autrement que par la propagande !!!!!!

    A random acess Regardez l'envers du décor en allemagne des millions de travailleurs pauvres et précaires,des infrastructures qui tombent en ruines,des années de rigueur et d'austérité,des mini jobs,ect
    En plus ce n'est pas elle qui a instauré ces réformes .Alors svp ne la mettez pas sur un piédestal elle est criticable a bien des égards.

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    Dame-Hermeline  (privé) -

    Pour RandomAccess : allez vivre 6 mis en Allemagne et vous reviendrez au galop. On a visiblement oublié de vous dire qu'en matière d'économie, maintenir son pays à flots signifie avant tout saigner le peuple à blanc. Allez demander aux Allemands du bas de l'échelle ce qu'ils pensent des salaires à 1€/h... On a aussi oublié de vous dire que c'est le pays d'Europe où le fossé riches/pauvres est le plus profond. Mais bon, si ça vous tente...

    En réponse aux intervenants : Pourquoi est-elle élue et réélue si sa gestion est tellement catastrophique ? Il n'y a pas que des nantis en Allemagne ! Le salaire minimum charges déduites est plus élevé en Allemagne qu'en France. Alors il est temps de ne pas se souvenir que des réactions des détracteurs... Nous avons les mêmes en France. L'Allemagne est la plus grosse puissance en Europe. L'économie y est forte, le chômage moins élevé. Et c'est peut-être aussi parce qu'il y a moins d'assistanat...ce que semble regretter mes intervenants si bien habitués aux aides sociales les plus élevées au monde (excepté le Danemark, pays où tout le monde paie des impôts).

    Les Allemands réfléchissent un peu et ne veulent pas mettre un socialiste à la tête du pays, ils ont trop d'exemples
    en Europe.

  • Ces élections ont bien occupé les allemands cet été semble-t-il
    ils ont été absents du paysage médiatique concernant les secours pour les feux de forets au Portugal comme en France, pourtant ils aiment bien nos plages
    absents pour apporter du secours aux victimes des ouragans
    absents pour apporter du secours aux victimes des séismes
    ils sont comme les petits écureuils, ils théorisent leurs noisettes

    Les Allemands besogneux sont les principaux contributeurs financiers pour la Gréce paresseuse en faillite .

    Pourquoi cette incitation gratuite à la germanophobie ?

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