Doutes sur la revendication par l'EI d'une attaque meurtrière à Jérusalem

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 Un policier israélien près de la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juin 2017

Un policier israélien près de la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juin 2017

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© AFP, AHMAD GHARABLI
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AFP, publié le samedi 17 juin 2017 à 19h30

L'organisation jihadiste Etat islamique (EI) et le mouvement palestinien Hamas se disputent sur les origines de l'attaque perpétrée vendredi soir à Jérusalem, laissant les services israéliens dans le doute.

Trois Palestiniens ont attaqué au couteau et à l'arme à feu des policiers israéliens à la porte de Damas, l'une des entrées de la Vieille ville de Jérusalem, poignardant mortellement une policière de 23 ans, Hadas Malka, avant d'être abattus.

Peu après, l'EI a revendiqué --pour la première fois à Jérusalem-- l'attaque et prévenu qu'elle ne serait "pas la dernière".

Aussitôt, le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) --le mouvement islamiste et la gauche historique-- ont répliqué. 

Sans clairement revendiquer la paternité de l'attentat, ils ont indiqué que les auteurs, Bara Ata, 18 ans, Oussama Ata, 19 ans, et Adel Ankouch, 18 ans, étaient issus de leurs rangs. 

Contacté par l'AFP, un proche de l'un des assaillants a qualifié de "mensonge" la revendication de l'EI.

Le fait que l'EI mène ou revendique des attaques dans les Territoires occupés est une question particulièrement sensible pour les Palestiniens, et notamment pour le Hamas, lui-même considéré comme "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne. Régulièrement, ce groupe prend ses distances avec les jihadistes et accuse Israël et ses dirigeants de tenter de les associer à l'EI.

Après l'attaque, le Hamas et le FPLP ont évoqué un acte de "résistance" palestinienne face à 50 années d'occupation militaire israélienne des Territoires palestiniens dont Jérusalem-Est --où se trouve la Vieille ville.

L'EI essaie de "brouiller les cartes", a dit le Hamas.

Les services israéliens estiment pour leur part qu'il est "impossible à ce stade de corroborer" la revendication de l'EI.

- Permis supprimés -

Une porte-parole de l'armée israélienne a laissé entendre que les trois assaillants appartenaient à un petit groupe local et non à des mouvements politiques organisés. 

Le Shin Beth assure pourtant qu'ils ont déjà été impliqués dans des "activités terroristes", qui leur ont valu plusieurs mois de prison.

Les conséquences de l'attaque de vendredi ne se sont pas fait attendre. Israël a annulé 250.000 permis d'entrée à Jérusalem attribués pour le ramadan à des Palestiniens.

Durant les quatre vendredis du mois de jeûne, Israël autorise exceptionnellement toutes les femmes et les hommes de plus de 40 ans de Cisjordanie occupée à se rendre sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam dans la Vieille ville.

Egalement à l'occasion du ramadan, des permis spéciaux supplémentaires --pour des réunions familiales par exemple-- avaient été délivrés par Israël.

Ils ont été supprimés parce que le Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, a "encouragé le terrorisme" en dénonçant la mort des trois jeunes assaillants dans un communiqué, a argué le Cogat, un organe du ministère de la Défense israélien.

Samedi, la police israélienne a renforcé ses contrôles, renvoyant en Cisjordanie quelque 350 Palestiniens présents à Jérusalem sans permis. 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué la possibilité d'interdire au public l'accès à la porte de Damas et a appelé l'Autorité palestinienne, ainsi que le reste du monde, à condamner l'attaque.

L'envoyé de l'ONU au Proche-Orient Nickolay Mladenov a dénoncé un acte "terroriste" qui ne peut être présenté comme "héroïque" comme l'ont fait des mouvements palestiniens.

- Mesures punitives -

Dans la nuit, l'armée israélienne a bouclé le village de Deir Abou Mechaal, d'où venaient les jeunes assaillants. Elle a "informé les familles qu'il était possible que leurs maisons soient détruites bientôt", a affirmé à l'AFP le maire du village Imad Zahran. 

Démolir la maison familiale est une mesure punitive qu'Israël a régulièrement prise depuis le début à l'automne 2015 d'une vague d'attaques qui se sont désormais notablement espacées.


Depuis le 1er octobre 2015, ces attaques et d'autres violences dans les Territoires palestiniens et Israël ont causé la mort de 272 Palestiniens, 42 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l'AFP.

La majorité des Palestiniens tués sont des assaillants ou assaillants présumés, souvent jeunes, agissant seuls et armés de couteaux. Ils sont mus selon les experts par les vexations de l'occupation et l'absence d'horizon politique et économique. 

Le gouvernement israélien impute ces attaques au refus de l'existence d'Israël.

Israël est largement préservé des agissements directs de l'EI, même si le groupe jihadiste a revendiqué le 10 avril un tir de roquette sur le pays depuis le Sinaï égyptien, où des groupes qui lui sont affiliés sont actifs. 

En outre, Israël affirme que des attentats sur son sol ont été inspirés par l'EI, comme celui du 8 juin 2016 à Tel-Aviv (quatre morts), et que des dizaines d'Arabes israéliens combattraient avec l'EI en Irak et en Syrie.

 
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