Dans l'est de l'Ukraine, les proches de disparus espèrent encore

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 Anastasia Choub, le 28 mai 2017 à Marioupol, en Ukraine

Anastasia Choub, le 28 mai 2017 à Marioupol, en Ukraine

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© AFP, Aleksey FILIPPOV
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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 13h49

A l'été 2014, Anastasia Choub s'apprêtait à annoncer une heureuse nouvelle à son mari, parti dans l'est de l'Ukraine: elle était enceinte de leur second enfant. Mais sa joie s'est vite transformée en désespoir lorsqu'elle n'a plus réussi à joindre son mari.

Parti rejoindre l'armée ukrainienne pour combattre l'insurrection séparatiste prorusse née quelques mois auparavant dans l'Est du pays, Sergueï n'a pas donné signe de vie pendant plusieurs jours.

"Son téléphone sonnait dans le vide", raconte à l'AFP Anastassia, 33 ans, dans le port de Marioupol, dernière grande ville de l'Est encore sous le contrôle des autorités ukrainiennes.

La jeune femme a contacté une ligne téléphonique spéciale réservée aux proches de militaires et a appris que son mari était porté disparu depuis que son unité est tombée dans une embuscade sur la ligne de front.

Pendant toute l'année suivante, elle a assisté, impuissante, à des recherches aussi douloureuses qu'infructueuses menées par la police et la justice. Désespérée, elle s'est même tournée vers des voyants pour obtenir la moindre information sur son mari.

"J'étais prête à donner de l'argent à des gens très peu dignes de confiance. Quelqu'un m'a dit qu'il était détenu en Russie. Et j'étais prête à le croire", raconte Anastasia en montrant une photo de Sergueï qu'il lui a envoyé du front.

Mais un an après la disparition de Sergueï, ses compagnons d'armes du bataillon de volontaires "Donbass" ont présenté à la jeune femme ce qu'ils pensent être les restes de son mari.

Ces restes ont été retrouvés avec ceux de dizaines d'autres combattants près d'Ilovaïsk, où s'est déroulé l'une des batailles les plus meurtrières de la guerre. A l'été 2014, plus de 450 soldats ukrainiens y ont perdu la vie et près de 180 sont depuis portés disparus.

- 'Entre ciel et terre' -

Bien que plusieurs soldats aient affirmé avoir vu Sergueï mourir au cours d'un bombardement et que ses restes présumés ont été mis en terre, son statut n'a pas changé: il est toujours "porté disparu". Et Anastasia espère toujours que son mari est vivant.

"Le processus d'identification via l'ADN est toujours en cours. En attendant, mon mari est entre ciel et terre", soupire Anastasia.

Plus de 10.000 personnes, civils et militaires des deux camps, ont été tuées et plus de 24.000 autres blessées depuis le début du conflit en avril 2014. Ce bilan déjà lourd ne prend toutefois pas en compte les civils et militaires portés disparus.

"Plus de 600 cas de personnes portées disparues ont été enregistrés par le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC) et restent à ce jour non résolus", explique à l'AFP Raphaël Tenaud, qui dirige le bureau de l'organisation à Marioupol.

Valéri Kraïnikov ne comprend que trop bien ce que signifient ces statistiques. Son fils Oleksandr, 45 ans, a quitté sa ville natale de Gorlivka, centre industriel proche du bastion rebelle de Donetsk, peu après le début de l'insurrection prorusse.

En juin 2014, cet homme d'affaires est retourné chez lui pour rendre visite à sa famille, et n'a plus donné de nouvelles depuis. Des témoins ont affirmé à Valéri que son fils avait été arrêté par les forces prorusses.

"Il a probablement été enlevé car il s'était opposé publiquement aux nouvelles autorités" séparatistes, pense-t-il.

Valéri a interrogé les responsables prorusses, les autorités de Kiev et les organisations internationales, mais personne n'a été en mesure de lui révéler ce qu'il est advenu de son fils.

Le père a même reçu des menaces lui conseillant de cesser ses recherches, mais il a tenu bon, arpentant sans succès les cimetières locaux. Il espère encore revoir un jour Oleksandr en vie.

Les recherches de personnes portées disparues sont très lentes en temps de guerre, souligne Raphaël Tenaud du CICR. "Il faut être prêt à mener de telles recherches pendant des années".

 
2 commentaires - Dans l'est de l'Ukraine, les proches de disparus espèrent encore
  • Le Donbass, comme la Crimée, est majoritairement peuplé de Russes, et ce ne sont pas les putschistes soutenus par la CIA, les néonazis des bataillons spéciaux, ou les urluberlus de l'OTAN qui changeront cette vérité historique.
    Tôt ou tard le Droit des Peuples à Disposer d'Eux mêmes triomphera.Les milliards de Soros, de Goldman Sachs, du FMI, de l' "Europe" et des EU ne suffiront pas à inverser la situation.

  • je le répète de nouveau, si il n'y avait pas eu les émeutes de Maiden suivi d'un coup d'état fort peu démocratique, la Crimée serait sans aucun doute toujours ukrainienne et le Donbasss ne serait pas transformé en champ de ruine sanglant

    S'il n'y avait pas d'intervention militaire russe il n'y aurait pas de guerre en Ukraine: Car ce sont bien, entre autres, des parachutistes russes de la 31ème brigade d'Oulyanovsk déguisés en milices locales qui se sont emparés du parlement de Crimée en 2014.
    Ce sont bien des citoyens russes tels que Guirkine, Borodaï, Pavlov ou Dremov qui ont organisé et dirigé le séparatisme dans le Donbass, et c'est bien l'envoi constant de mercenaires et matériel militaire russes qui l'entretiennent.

    après ce coup d'état Mikegregor, après ce coup d'état, car il faut quand même respecter l'ordre chronologique.....tous ces événements ne sont que la suite (logique) d'un coup d'état qui était tout ce que vous voulez, sauf démocratique.

    Donc d'après Jakou, tout changement politique, suivi d'élections libres je le rappelle, dans un pays donne le droit à ses voisins de l'agresser militairement.

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