Crise du Golfe: quelques gestes, mais pas de solution en vue

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 Des clients font leurs courses dans un supermarché Al-Meera à Doha au Qatar, le 10 juin 2017

Des clients font leurs courses dans un supermarché Al-Meera à Doha au Qatar, le 10 juin 2017

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© AFP, STRINGER
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AFP, publié le dimanche 11 juin 2017 à 19h28

Les protagonistes de la crise du Golfe ont fait, sous la pression internationale, quelques gestes dimanche pour tenir compte des conséquences humanitaires de l'embargo régional contre le Qatar, mais aucune solution n'apparaît encore à l'horizon.

Accusé de "soutenir le terrorisme", le Qatar fait le dos rond, affirmant que, contrairement à ses adversaires, il ne forcera pas les citoyens des pays ayant rompu avec lui à partir et que ses exportations de gaz se poursuivent normalement.

De son côté, l'Iran a annoncé avoir envoyé des tonnes de fruits et légumes vers le Qatar, soumis à un blocus de fait de la part de plusieurs de ses voisins, dont le chef de file des monarchies arabes du Golfe, l'Arabie saoudite.

Lorsque la crise a éclaté le 5 juin, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn avaient donné 14 jours aux Qataris pour quitter leurs territoires.

Mais le Qatar a déclaré que les détenteurs de passeports de ces pays - ils seraient 11.000 selon des chiffres officiels de Doha - peuvent rester dans le pays.

Doha "ne prendra pas de mesures contre des résidents du Qatar qui possèdent la nationalité des pays ayant rompu les relations ou réduit leurs relations diplomatiques avec l'Etat du Qatar, sur fond de campagnes hostiles et tendancieuses".

De leur côté, les autorités d'Arabie, des Emirats et de Bahreïn ont légèrement assoupli leur position, ordonnant que soient pris en compte des "cas de familles mixtes", susceptibles d'être séparées en raison de la crise.   

Washington et Amnesty International étaient montés séparément au créneau pour mettre en garde contre les conséquences humanitaires de la crise sur des milliers de personnes.

Malgré la pression extrême qui pèse sur lui, le Qatar veut donner l'impression qu'il peut tenir longtemps.

- 'Business as usual' - 

Le géant énergétique Qatar Petroleum (QP) a indiqué avoir "mobilisé toutes les ressources disponibles" pour assurer les livraisons à ses clients en dépit de la crise. "Business as usual", a affirmé QP.

Premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, le Qatar avait annoncé en avril qu'il augmentait la production du plus grand champ gazier du monde, qu'il partage avec l'Iran.

C'est le gaz qui a permis à l'émirat de s'enrichir et d'affirmer des ambitions régionales et internationales depuis une vingtaine d'années.  

Les adversaires de Doha dans le Golfe, mais aussi l'Egypte, ont non seulement rompu leurs relations, mais ils ont aussi fermé leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres, et pris des mesures contre des médias du Qatar, dont la chaîne Al-Jazeera.

Ils reprochent au Qatar de soutenir des "organisations extrémistes" et de se rapprocher de l'Iran, grand rival du royaume saoudien.

- Avions iraniens -

   

Face au blocus imposé au Qatar, qui importe une grande partie de ses produits de consommation, l'Iran a envoyé cinq avions chargés chacun de 90 tonnes de légumes, a déclaré dimanche à l'AFP Shahrokh Noushabadi, porte-parole de la compagnie Iran Air. "Un sixième devait partir aujourd'hui".

Par ailleurs, 350 tonnes de fruits et légumes ont également été chargées sur trois petits bateaux" pour le Qatar, selon Mohammad Mehdi Bonchari, directeur du port de Dayyer (sud de l'Iran).

Le Koweït, pays du Golfe qui n'a pas rompu ses relations avec le Qatar, ne ménage pas ses efforts pour désamorcer la crise.

Dimanche, son ministre des Affaires étrangères a affirmé que le Qatar était prêt à "adhérer aux efforts" pour renforcer la sécurité au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Dimanche également, l'agence officielle saoudienne SPA a rapporté que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait appelé le puissant vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi et ministre de la défense d'Arabie.

Depuis le début de la crise, les Etats-Unis ont soufflé le chaud et le froid mais, dans sa dernière déclaration vendredi, le président Donald Trump a exhorté Doha à arrêter "immédiatement" de financer "le terrorisme".

Le Qatar, qui héberge une immense base militaire américaine cruciale dans la lutte contre le groupe Etat islamique, a rejeté toutes les accusations lancées contre lui.

Dimanche, le Maroc, qui entretient traditionnellement des liens étroits avec les pays du Golfe, est sorti pour la première fois de son silence sur la crise, se disant grandement "préoccupé" et "disposé à offrir ses bons offices" pour aider à un règlement.

Dans une lettre au roi d'Arabie saoudite, le président guinéen Alpha Condé, qui exerce la présidence exécutive de l'Union africaine, a lui aussi affirmé son "entière disponibilité" pour une médiation en vue (...) d'une "solution pacifique et rapide à cette crise inopportune".

Après la décision de Ryad de rompre avec Doha, trois pays africains -le Niger, le Sénégal et le Tchad- ont rappelé leurs ambassadeurs à Doha, et la Mauritanie a rompu ses relations avec le Qatar.

 
6 commentaires - Crise du Golfe: quelques gestes, mais pas de solution en vue
  • Le pétrole est un poison qui enrichie les pays arabes du golfe . il faut arriver à s'en passer et tout miser sur le soleil : c'est gratuit et non polluant.
    Mais EDF et tous les compagnies pétrolières qui en vivent ne sont pas d' accord.

  • Si il n'avait pas de pétrole on ne parlerait de ces pays malsains

  • Il est un geste qu'ils nous font depuis quelques années.....

  • Une journaliste russe a trouvé la bonne formule : quand l'Arabie Saoudite accuse le Qatar de financer le terrorisme, c'est comme si "Mc Donald" accusait "Burger King" de faire grossir les gens en vendant des burgers..
    Les Iraniens disent en plaisantant : "l'Arabie Saoudite va faire la guerre et elle se battra jusqu'au dernier soldat américain".
    L"Arabie Saoudite comme le Qatar sont des féodalités moyenâgeuses qui considèrent les femmes comme des êtres inférieurs. Les démocraties occidentales devraient cesser de les armer et de les aider.

  • que doha se méfie des turcs, ils sont des pions des usa ! et quand à ces derniers et leur faux frère d'arabie saoudite, ils entendent faire de doha le bouc émissaire alors qu'eux sont plus encore investis dans les oeuvres du terrorisme, fruit de Bush et de Ben Ladden un parent de l'arabie saoudite!

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