Crise dans le Golfe: Washington, Paris et Koweït multiplient les efforts

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Anwar Gargash, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, lors d'une interview avec l'AFP, le 7 juin 2017 à Dubaï

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© AFP, GIUSEPPE CACACE
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AFP, publié le jeudi 08 juin 2017 à 08h25

Des efforts diplomatiques impliquant Washington, Paris et Koweït se sont intensifiés pour contenir la crise sans précédent dans le Golfe, qui oppose le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, à l'Arabie saoudite et ses alliés.

Cette crise a donné lieu à une série d'appels téléphoniques des présidents Donald Trump et Emmanuel Macron, et à une tentative de médiation de l'émir du Koweït qui s'est rendu successivement en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar. 

Pour l'Arabie et ses alliés, la balle est désormais dans le camp de Doha qui doit "changer de politique" et épouser le consensus régional sur les sujets sensibles des mouvements islamistes radicaux et des liens avec l'Iran chiite, grand rival du royaume saoudien sunnite.

"Nous espérons que nos frères au Qatar prendront maintenant les bonnes mesures pour mettre un terme à cette crise", a souligné le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir.

Les Emirats arabes unis, qui sont à la pointe des critiques contre Doha, maintiennent une pression extrême en qualifiant le Qatar de "champion de l'extrémisme et du terrorisme dans la région".

Leur ministre d'Etat aux Affaires étrangères Anwar Gargash a posé une série de conditions, notamment l'arrêt des programmes "extrémistes" de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et des mesures contre des représentants de la confrérie des Frères musulmans ayant trouvé refuge à Doha.

Sans parler de "changement de régime" au Qatar, M. Gargash a exigé un "engagement politique" incluant le respect de promesses faites lors d'une première crise en 2014, ainsi qu'une "feuille de route" avec des "mécanismes clairs" de mise en oeuvre.

- Rôle de l'ancien émir ? -

Un haut responsable du Golfe a expliqué à l'AFP que cette crise était la conséquence selon lui de "l'influence" persistante du précédent émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani (65 ans), sur son fils, Cheikh Tamim (37 ans), en faveur duquel il a abdiqué en 2013. 

Cheikh Hamad avait réussi à placer le petit émirat gazier sur l'échiquier régional et international en lui faisant jouer un rôle de médiateur dans plusieurs crises et en l'imposant comme un pivot des soulèvements ayant agité le monde arabe après 2011. 

Après avoir soutenu l'isolement du Qatar, le président américain Donald Trump a offert son aide pour désamorcer la crise qui a vu l'Arabie saoudite, les Emirats, l'Egypte, Bahreïn, la Mauritanie et les Maldives rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar et prendre, pour certains d'entre eux, des mesures économiques et aériennes.

Lors d'un entretien téléphonique avec cheikh Tamim, M. Trump a "proposé d'aider les différentes parties à régler leurs différends, y compris à travers une rencontre à la Maison Blanche si nécessaire".

Le président français Emmanuel Macron, lors d'entretiens séparés avec l'émir du Qatar, le président iranien Hassan Rohani et le roi Salmane d'Arabie Saoudite, a "invité toutes les parties" à poursuivre "le dialogue".

Il a rappelé son "attachement à préserver la stabilité dans la région et à lutter sans ambiguïté contre le terrorisme".

Créé en 1981, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe des monarchies pétrolières sunnites contrôlant le tiers des réserves mondiales de brut, comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, les Emirats, le Koweït et Oman. Ces deux derniers pays n'ont pas rompu avec le Qatar.

- Rapport sur un piratage -

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, s'est rendu mercredi soir au Qatar juste après des entretiens aux Emirats et une rencontre la veille avec le souverain saoudien.

Tout en le qualifiant "d'homme sage" et de "figure paternelle" du Golfe, le ministre émirati Anwar Gargash a déclaré à l'AFP que les conditions n'étaient pas encore réunies pour une véritable médiation. "Les conditions doivent débuter avec une déclaration, une volonté, du Qatar".

Le Qatar a rejeté en bloc toutes les accusations portées contre lui, affirmant que la crise avait éclaté à la suite du "piratage" du site web de son agence de presse attribuant à son émir de "fausses" déclarations apaisantes sur l'Iran et les Frères musulmans.

Mercredi soir, le ministère de l'Intérieur à Doha a publié un rapport préliminaire d'enquête sur ce "piratage" qui, selon lui, a commencé en avril, utilisant des "méthodes techniques innovantes" et aboutissant le 24 mai à la publication "d'informations fabriquées". Il n'en a pas identifié les auteurs.     

 
21 commentaires - Crise dans le Golfe: Washington, Paris et Koweït multiplient les efforts
  • il ne partirons pas avec les biens qu'ils ont acheté chez nous et ils font travailler du monde alors ne lâchons pas nos investisseurs c'est une guerre de religion cela ne nous regarde pas, envoyons plutôt un avion avec de la nourriture pour les dépanner
    si nous comportons mal aucune investisseur ne viendra en France que la France ne se comporte pas comme comme un garce

  • le Qatar se retrouve dans la même situation que la Suisse dans les années 30 : faire des concessions pour acheter sa tranquilité
    Pourquoi Hitler n'a t il pas envahi la Suisse : parce que le pays servait de banque au IIIeme Reich
    le Qatar , état nain mais richissime doit payer pour pouvoir continuer à vivre
    on présente cet état comme un financier du terrorisme alors qu'il est plus ouvert sur l'occident que ses voisins

  • Stratégie de Trump : mettre le feu puis jouer au pompier
    pour faire plaisir à son ami Saoudien qui perd le leadership dans la zone
    et pendant ce temps , les salafistes ( saoudiens donc ) , ceux qui prônent l'application stricte de la charia ,s'installent tranquillement chez nous
    question toute simple : Donald a t il des intérêts économiques au Qatar..........? certainement pas

  • Quand nous utiliserons l'électricité et ses dérivés en lieu et place du pétrole et du gaz beaucoup de choses changerons. Ce que je retiens c'est que c'est toujours les peuples qui paient le prix des dérapages de leurs ainés

    L'électricité, sa consommation va augmenter et les éoliennes et autres panneaux solaires n'y suffiront pas! Bonjour le nucléaire, les centrales à mazout et au charbon (cfr l'Allemagne)!

  • Pompier pyromane. De plus en plus inquiétant ce type

    C'est tout à fait ça! Trump est un incompétent dangereux pour le monde entier

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