Chypre: "réels progrès" sur la sécurité, selon l'ONU

Chypre:

L'émissaire spécial de l'ONU,E spen Barth Eide (g) et le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, le 28 juin 2017 à Crans-Montana, en Suisse

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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 13h38

Les pourparlers sur Chypre qui se poursuivaient jeudi dans la station alpine suisse de Crans-Montana ont enregistré de "réels progrès", estime le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, dans un entretien avec l'AFP.

Ces négociations visent à mettre un terme à l'un des plus vieux conflits au monde et réunifier l'île divisée depuis plus de 40 ans. La sécurité du futur Etat est le sujet qui exacerbe le plus les tensions entre les délégations chypriotes rivales.

"Nous savons que les sujets dont discutent les dirigeants et les puissances garantes sont assez difficiles et la sécurité est une préoccupation pour les deux communautés", chypriote grecque et chypriote turque, a affirmé M. Feltman dans un entretien à l'AFP.

"Il y a beaucoup de choses qui sont discutées à un niveau politique qui n'avaient pas été évoquées avant ces pourparlers", a-t-il dit, sans précision.

Malgré quelques avancées, le précédent round organisé en janvier en Suisse s'était globalement soldé par un échec.

Chypre est divisée depuis 1974, lorsque l'armée turque a envahi la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes grecs qui visait à rattacher le pays à la Grèce et suscitait une vive inquiétude auprès de la minorité chypriote turque.

Depuis, des Casques bleus de l'ONU contrôlent la "ligne verte", une zone tampon démilitarisée séparant les deux communautés.

Les Chypriotes turcs habitent dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara, où la Turquie stationne quelque 35.000 soldats.

Réunis dans un grand hôtel de Crans-Montana, une station située à 1.500 mètres d'altitude, le président chypriote Nicos Anastasiades et le dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci avaient discuté mercredi, en présence des représentants des "garants", de la question de la sécurité de l'île.

M. Feltman a jugé que ces discussions ont montré que les parties étaient "clairement déterminées" à aborder "les préoccupations des deux communautés en matière de sécurité".

"Je suis encouragé par le sérieux" avec lequel ces pourparlers sont menés "et j'attends avec impatience de voir comment les choses vont se développer", a affirmé le haut représentant onusien.

"Il y a clairement encore beaucoup de travail à faire bien que je considère que cette réunion a enregistré de réels progrès", a-t-il encore dit.

- Concessions? -

Actuellement, les trois "garants" de la sécurité de l'île - Turquie, Grèce et Grande-Bretagne, ex-puissance coloniale - conservent le droit d'intervenir militairement.

La Turquie serait prête à réduire de 80% sa présence militaire, a indiqué à l'AFP une source diplomatique, avant l'ouverture des pourparlers.

Bien que largement minoritaires, les Chypriotes turcs contrôlent actuellement 37% de l'île. Selon certains médias chypriotes, la partie grecque serait disposée à leur accorder 28,2% de la superficie du futur Etat, alors que la partie turque en réclamerait 29,2%. 

La Grande-Bretagne possède également des bases militaires dans la partie sud de l'île. Londres a offert de restituer 49% (117 km2) de ce territoire en cas de règlement de la crise.

Outre la sécurité, les délégations chypriotes doivent également discuter des questions "intérieures": le partage de la gouvernance, la restitution des propriétés spoliées, les questions économiques, les relations avec l'Union européenne et le découpage territorial entre les deux communautés.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, devrait rejoindre les participants à Crans-Montana, probablement vendredi.

 
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