Chypre: le désaccord sur un retrait militaire turc douche les espoirs de paix

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 Le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, à Genève le 12 janvier 2017.

Le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, à Genève le 12 janvier 2017.

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© AFP, PHILIPPE DESMAZES
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AFP, publié le vendredi 13 janvier 2017 à 16h50

Chypre: la question de la présence militaire turque au nord de Chypre a douché les espoirs de paix suscités par les pourparlers organisés par l'ONU

L'épineuse question de la présence militaire turque au nord de Chypre a douché vendredi les espoirs de paix suscités par les pourparlers organisés cette semaine à Genève par l'ONU pour réunifier l'île méditerranéenne divisée depuis 42 ans.

Le président chypriote Nicos Anastasiades et le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, qui ont participé aux discussions de Genève, ont été catégoriques: pas de solution sans le retrait des quelque 30.000 soldats turcs, Athènes parlant même d'armée d'"occupation".

La réaction du président turc Recep Tayyip Erdogan ne s'est pas fait attendre. "Le retrait total des soldats turcs est hors de question", a-t-il affirmé. 

Chypre, qui compte un million d'habitants, est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'État visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île. Cette invasion a provoquée d'importants déplacements de populations.

La République de Chypre (dont l'autorité ne s'exerce que sur la partie sud de l'île) est membre de l'Union européenne depuis 2004.

Les Chypriotes turcs habitent eux dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui occupe actuellement entre 36 et 37% de l'île et n'est reconnue que par Ankara.

Afin de mettre fin à l'un des plus vieux conflits politiques au monde, le nouveau secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, est venu spécialement de New York pour présider jeudi la première conférence multilatérale consacrée à Chypre, avec les trois "garants" de la sécurité de l'île: Grèce, Turquie et Grande-Bretagne. 

"Nous sommes très proches d'un règlement", a-t-il déclaré. Mais il a appelé à la patience. "Vous ne pouvez pas attendre des miracles (...) Nous ne cherchons pas un bricolage rapide, nous cherchons une solution solide et durable pour Chypre", a tempéré M. Guterres.

- Note d'espoir -

Une note d'espoir relayée vendredi par le président chypriote et le dirigeant chypriote-turc, Mustafa Akinci. 


"Nous avons tracé une voie qui crée des espoirs" en vue d'un accord, a dit à la presse le président Anastasiades. "La solution ne peut pas créer de gagnant ou de perdant."

Le dirigeant de la RTCN a souligné que tout échec des négociations serait "une grave erreur". 

"Je crois que nous avons atteint l'étape la plus importante du processus que nous avons engagé", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. 

Le médiateur de l'ONU, le Norvégien Espen Barth Eide qui suit les négociations depuis mai 2015, a estimé qu'il existait aujourd'hui "la meilleure chance" de régler le problème chypriote.  

"Il ne faut pas perdre de temps. Je pense qu'il y a un élan", a-t-il dit aux journalistes, en parlant de "processus exaltant".

Le deux dirigeants chypriotes ont pendant trois jours discuté âprement des "questions intérieures", telles que le découpage territorial entre les deux communautés, la restitution des propriétés spoliées ou le partage de la gouvernance d'un futur État fédéral. 

Les ministres des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson avaient eux fait le déplacement pour participer à la conférence chargée de garantir la sécurité du futur État chypriote. 

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini étaient également présents en tant qu'observateurs. 

La première session s'est achevée tôt vendredi matin et les délégations vont poursuivre maintenant les travaux à un niveau "technique", après le départ des ministres et des hauts responsables.

M. Eide a précisé qu'un "groupe de travail" se réunirait le 18 janvier pour formuler des "propositions" en vue d'une nouvelle session plénière de la conférence.

Mais la question sécuritaire risque d'être le principal obstacle à une solution pérenne. 

Depuis la crise de 1974, des Casques bleus de l'ONU contrôlent la "ligne verte", une zone tampon démilitarisée séparant les deux communautés.

Le dirigeant chypriote-turc a insisté sur le besoin de sécurité ressenti par sa communauté. 

"Les Chypriotes-turcs pensent qu'il faut maintenir les garanties de la Turquie (...) afin que les deux communautés se sentent en sécurité", a-t-il dit.

La République de Chypre, soutenue par Athènes, pense que l'Union Européenne serait suffisante pour garantir seule la sécurité du futur État fédéral. 

 
19 commentaires - Chypre: le désaccord sur un retrait militaire turc douche les espoirs de paix
  • En 1974, les chypriotes turcs ne formaient que 18% de la population de chypre.

    l'armée turque a annexé près de 40% de l'ile; les chypriotes grecs qui y vivaient
    ont été pillés, violés puis expulsés vers la partie de l'ile non annexée par les turcs.

    le gouvernement turc a deversé, dans la partie annexée, des dizaines de milliers de colons turcs,
    venus de Turquie, afin d'y remplacer les cytoyens chypriotes grecs expulsés.

    Erdogan et les turcs n'ont aucune intention de se retirer de l'ile; ils veulent , au contraire,
    mettre la main sur le reste de l'ile et la coloniser par submersion migratoire des turcs du continent.

    Il faut dire qu'un riche gisement de gaz a été découvert, au large de la partie grecque (encore)
    non annexée par les turcs !

  • Je me suis toujours demandé ce que les Turcs faisaient à Chypre: j'ai trouvé, le pillage

    Après avoir annexé près de 40% de l'ile de chypre , les turcs veulent s'emparer du reste de l'ile..
    ...Un riche gisement de gaz ayant été découvert dans cette partie (encore) non annexée de chypre!

  • Au printemps dernier, j'ai fait le tour de l'ile en 3 semaines et été très bien accueilli tant chez les "grecs" que les "turcs". Au nord l'armée turque est visible mais se contente de patrouiller de manière débonnaire et les soldats renseignent facilement le touriste paumé sur les petites routes. Les habitants du nord sont fiers d'être chypriotes et ne se sentent pas oppressés par ces militaires.
    Comme toujours c'est une poignée d'intolérants de chaque camp qui va faire capoter le processus se réconciliation.

    les habitants du nord de chypre sont pour moitié des chypriotes turcs, et pour l'autre moitié des turcs de Turquie envoyés par leur gouvernement pour coloniser ce territoire, après l' expulsion des chypriotes grecs.
    Ils n'ont, donc, aucune raison de se sentir "oppressés" par la présence de l'armée turque.

    .....Contrairement aux chypriotes grecs qui ont été volés, violés, expulsés et entassés dans la partie sud
    de l'Ile...par l'armée turque !

  • Je plaignais les Turcs qui subissent le terrorisme et bein m... alors !

  • Passionnant ! La Turquie après avoir annexée la moitié de l'ile la plus riche (les mines) avec seulement trente pour cent de sa population chypriote, après cinquante ans de saccages et de dégradations d'appauvrissement du territoire annexé et d'agressions régulières du peuple grec,la Turquie musulmane voudrait réunifier les deux parties de Chypre. Il y a trois ans le peuple chypriote grec à répondu par référendum: NON ! et il veut qu'on le respecte. Par ailleurs la réunification des deux parties suppose l'indemnisation des biens des déportés grecs et turcs , ce qui est au dessus des moyens des deux pays réunifiés. S'il y avait une réunification souhaitable ce serait "l'enosis" c'est à dire rattachement à la Grèce car Chypre est grec comme le Kosovo serbe !

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