Chine: directeur d'école, parfois c'est vraiment galère

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Li Congshu, directeur d'école, le 31 mai 2017 à Dazu dans le sud-ouest de la Chine

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© AFP, Fred DUFOUR
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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 22h27

Après la classe, ces enfants enfilent un gilet de sauvetage par dessous leur cartable avant d'embarquer sagement dans une barque à fond plat. Comme chaque jour, ils passent une heure de plus en compagnie du directeur de leur école du sud-ouest de la Chine: c'est lui qui se charge de les ramener chez eux à la force des bras.

A 60 ans, Li Congshu enfonce sa perche au fond des eaux vertes du lac de barrage qui sépare son école primaire du village où vit une dizaine d'élèves. "Je n'ai pas le choix parce qu'à pied le détour serait beaucoup trop long pour eux. Le chemin le plus court passe à travers le lac", explique l'enseignant-rameur. "C'est pour ça que j'ai acheté un bateau pour les transporter".

Car non content de ramer bénévolement, Li Congshu a tiré aussi sur ses propres économies pour financer l'achat des barques: il en est à la cinquième, la première date d'il y a plus de vingt ans quand il s'est fait rameur de barque scolaire.

"C'est devenu une partie de ma vie, comme l'enseignement", dit-il.

En plus de ses fonctions de transporteur et de directeur, Li Congshu enseigne aussi dans l'une des cinq classes de sa petite école du district de Dazu, dans l'immense municipalité de Chongqing.

"Les gens me disent d'arrêter le bateau parce que j'ai atteint la soixantaine, mais il n'y a pas d'autre solution. Ils ne veulent pas payer quelqu'un pour ramer, je dois donc continuer", explique-t-il.

La traversée dure environ une demi-heure -- cela prendrait deux heures aux enfants pour venir à pied. Mais comme le directeur habite à l'école, il doit d'abord aller chercher ses élèves le matin, puis rentrer seul le soir, soit au total deux heures par jour à pousser sur sa perche.

"Il n'y a jamais eu d'incident. Tout le monde reconnaît que c'est sûr", dit-il.

 
6 commentaires - Chine: directeur d'école, parfois c'est vraiment galère
  • Bravo a cet homme et respect !, mais que fait le gouvernement chinois ?, qu'attend il pour mettre en place un service régulier et embaucher un employé ?

  • Certes ce n'est pas nos enseignants qui se donneraient tant de peine, pour eux leur job c'est avant tout être fonctionnaire, beaucoup de vacances, pas trop mal payés par rapport au privé, on s'absente pour un oui ou un non, on fait toutes les grèves, on se met en maladie dès que l'on a du travail à faire chez soi , on est assuré du travail à vie même si on est le dernier des connards, d'ailleurs ils ont refusé l'évaluation et chez eux mieux vaut être syndiqué, avec le syndicat on obtient facilement un changement d'échelon ou le transfert ailleurs quand les collègues n'arrivent plus à vous supporter. Un beau métier ...

  • C'est beau certes, mais si un enfant tombait à l'eau? Le directeur serait bien sûr responsable, car cela ne fait pas partie de ses missions.
    J'ai même vu pire en France: un instit pensant bien faire a ramené chez lui un enfant que ses parents n'étaient pas venus chercher (à pied, il passait devant pour rentrer chez lui). Le gamin s'est tordu un pied dans un trou du trottoir, l'instit a été poursuivi en justice par les parents, et cela lui a valu une sanction administrative parce qu'il était sorti de son rôle en accompagnant l'enfant! Aucun instit du secteur n'a fait de même depuis.

  • Ce n'est pas en France qu'on pourrait voir cela...Au vu de l'idéologie développée par des syndicats d'enseignants d'extrême gauche...Et bravo à ce Directeur d'école chinoise

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